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Fritz Désulmé est haïtien a 52 ans, il vit à la Martinique où il a fait une demande d'asile. Pour lui la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Sa fille a été kidnappée en Haïti. Dans son propre pays il est persona non grata. En Martinique, il n'est pas mieux loti. Lundi 16 octobre 2006, il est arrêté à Fort-de-France, mis en garde à vue durant 24 heures, puis en détention administrative dans les locaux de la Police Aux Frontières (PAF) à l'aéroport du Lamentin. Le mercredi 18 octobre, vers 16h, il refuse d'embarquer pour Haïti. Il sait ce qui l'attend s'il pose le pied sur le tarmac de son île natale… Cet homme de 1m70 environ va alors s'accrocher à une terre qui prône la Liberté, l'Egalité et la Fraternité. Il va résister à 8 policiers qui vont tout faire pour qu'il monte dans l'avion qui le mène à une mort certaine. La suite est un enfer. Menotté, attaché, matraqué, roué de coups, il va se débattre comme pas possible. On le maltraite, on lui tord le bras. Mé lan mô sé pa lavi. Fritz pwan kou kon sa ka ékri. Avec la P.A.F, les droits de l'homme peuvent se mettre le doigt dans le QI.
Le cas de Samir Corain est là pour le prouver. Fritz Désulmé est amené en toute hâte à l'hôpital du Lamentin pour faire une radio de son poignet droit. 18h25, Maître Georges-Emmanuel Germany, avocat de Fritz, tente de voir son client. Il est accompagné de Maître Eliane Robinot, histoire d'avoir un témoin…Il ne peut voir son client. L'ambiance est étonnante. On se croirait dans un film. L'avocat est un habitué des lieux, il est, pour les étrangers qui sont en Martinique, presque un sauveur. Pour son client, ça se complique. L'heure tardive ne joue pas en sa faveur. Pourtant, il va mettre en branle tout un dispositif, entre fax et téléphone… A 18h30, il reçoit un appel du vice procureur Monsieur Lemonier qui lui indique que la garde à vue est levée, mais qu'il ignore ce qu'il en sera de la décision du Préfet de la Martinique… qui peut encore placer l'haïtien en rétention administrative. Une course contre la montre s'engage… L'avocat croise alors un policier en civil. Ils se connaissent … La discussion ests âpre… L'avocat dit « il faut libérer mon client… la garde à vue est levée ». Le fonctionnaire est agacé… Il a de la paperasse sous les bras… notamment les radios du violenté. Malgré ses efforts, on sent qu'il n'est pas à l'aise. Il finira par lâcher un étonnant « pourtant tu es un bon avocat… ». 18h44…Maître Germany rentre dans les locaux de la PAF, il attend assis sur une chaise rouge… Il est calme… Il ressort. 18h50, le Juge des libertés l'appelle… l'issue souhaitée se précise… Retour à la PAF après une énième errance du côté de l'ancien aéroport…19h… Le calme de l'aéroport peu à peu déserté se brise. L'avocat est de nouveau dans les locaux de la PAF et là le ton monte. Ca gueule un max… les policiers ne veulent pas libérer Fritz Désulmé…qui, si on se réfère à la décision des hommes de loi, est libre… Le conseil et son client se voient…. Ce dernier refuse de signer sa fouille…normal, sa main droite est quasi inutilisable tellement elle est tuméfiée. Les policiers sautent sur l'occasion, pour une fois ils veulent faire les choses dans les règles…(sic). Ca hurle, ça parle fort. Maître Germany est dirigé vers la sortie. Tout le monde a gardé son calme mais c'était limite. Un nouveau bras de fer s'installe. Une véritable guerre des nerfs également. Quelques coups de fils plus tard, il est 20H, l'avocat reprend l'offensive. 20h 15, Fritz Désulmé est libre. Il quitte l'aéroport. Direction un médecin de garde pour avoir un certificat médical pour signifier les violences qu'il a enduré. A suivre.
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