 L'animatrice Ludivine Rétory-Miré devait présenter la première édition des "Césaire de la Musique" le 23 octobre dernier au Casino de Paris. Trente minutes avant de prendre son micro et ses notes, la miss a dit "awa". Elle s'explique.
BMJ : Salut Ludi, je ne savais pas que tu étais aussi près de tes sous....
Ludivine : Sincèrement moi non plus, comme dirait quelqu'un que je connais bien "comme quoi le kumquat !!! lol" ... Non Gilles, ce n'était pas qu'une question d'argent. J'ai voulu mettre fin à une mascarade monumentale, une "malpropreté" qui avait débuté dès notre arrivée à Paris le samedi matin ! Je vais essayer de faire court. C'est en arrachant les vers du nez de Jean-Manuel Massenya, que des artistes locaux (ayant fait le voyage pour l'occasion) et moi-même apprenions que M. Franck Anretar n'avait pu négocier notre hébergement dans un hotel IBIS, comme convenu dans mon contrat. Vu que cet homme très bien organisé et toujours à l'heure (sorry je n'ai pas pu me retenir !!!), n'est-ce-pas, il ne s'y était pris que 2 jours auparavant ! Nou pa té jwa du tou, nou eséyé alé Ibis Pte de Bagnolet, mé pa té rété plas. Moun té ka koumansé vréyé kô-yo monté. Bref, on reste zen, on tente de se mettre en mode "don't dig about it" ! Oups, j'ai oublié de préciser que le mini-bus dépêché par M. Anretar ne comptait pas suffisament de sièges pour nous transporter à l'hôtel ! Ce sont donc nos proches qui ont dû s'y coller ... Arrivés gaiement dans un endroit très ... atypique, dirons-nous, Pte d'Aubervilliers (93) à l'ETAP HOTEL, nos sourires sont devenus de plus en plus jaunes ! Mais Franck qui a le coeur et le porte-feuille grand comme ça, a proposé d'apaiser les esprits dans un coquet petit resto-pizzeria Blv Auch. Malheureusement, je n'y suis pas allé (man té ja ni an program ), mais je pense que Charly d' RCI, B. Bias ou encore Manuel Césaire se feront un plaisir de vous en parler ! Bref, jusqu'au lundi, tout se passe dans le même esprit. Par exemple, alors que mon contrat stipulait qu' un ticket me serait remis pour mes déplacements, et qu'il me prendrait en charge alimentairement parlant (padon yo ba mwen 60 éwo le dimanch), jusque là que nenni . Vint cette date du 23 Octobre, malheureusement ancrée à jamais dans les mémoires de la diaspora noire comme étant l'échantillon le plus probant du savoir-faire antillais. Il est, c'est l'heure de partir en répétition ! Vu que M. Anretar paye les voitures "à la place", il nous en envoie disposant d'encore moins de sièges que le jour de notre arrivée. L'équipe d' RCI étant déja sur place, sé J.M. Massenya ki pri an sa ! 45 mn plus tard, au Casino de Paris, beaucoup de métropolitains s'activent de toute part, ils font leurs jobs, nous demandent "quel est notre rôle ?". Une fois celui-ci défini, ils demandent aux artistes s'ils ont emmener leur CD pour répéter ??! Bref, après beaucoup d'histoires au moins aussi marrantes, lè-a ka pasé, Elie et mwen pa ni tan répété ! C'est aux environs de 18h, que le propriétaire du site zouker.com (le vrai) David Mogade, nous emmène à l'hôtel. 20 mn plus tard, nous voici reparti ! Quand enfin on parvient à accéder au Casino de Paris, un spectacle innomable se joue devant nous en backstage ! Moun ka kouri kon fonmifol, plus de la moitié des artistes est absente, sa ki la pa ni loj, mwen pa ni non pli, mé bon sa pa grav, yo ka rifoulé awtis a lantré ! Lorsque tout à coup, le silence se fait, le spectacle démarre, je suis au maquillage et Massenya est dans tous ses états ! Un coordinateur de la soirée (1 autre) vient me rejoindre, en m'expliquant que vu le retard pris Elie Pennont ferait la 1ère partie seul et que je lancerais le show, mais ma décision était déja prise !
BMJ : Tu aurais pu quand même faire un effort dans un esprit " pa dig" "sé nou menm"..."we are the world...we are the childrens".
Ludivine : We are the once to make a better day ...! Mais c'est justement ce que j'ai fait. En refusant de monter sur scène, j'ai refusé de cautionner ce vidé ! Kannaval-mwen sé fodfwans man ka kouri'y, pa o Casino de Paris ! Qui plus est, j'ai beaucoup trop de respect, d'admiration et de reconnaissance envers M. Aimé Césaire, c'est la 1ère raison de mon abstention !
BMJ : Donc tu ne montes pas sur scène...tu réalises que tu n'as rien fait pour arranger les choses...
Ludivine : Tu sais Gilles, un éboueur sait que son emploi consiste à ramasser les ordures et les détritus des autres ..... ok !!! Moi, c'est pas mon métier. Oui j'aurais pu monter sur scène, peut-être que la soirée se serait passée autrement, cependant je n'étais pas là-bas pour ramasser les merdes des gens au Casino de Paris ! Je n'aurais pas supporter que les antillais de Paname se souviennent de moi comme étant la présentatrice de ces "Césaire de la Musique" là ! Certains d'entre nous, sont prêts à tout, pour être sous les feux des projos, pour qu'on parle un petit peu d'eux, mais ce n'est heureusement pas mon cas !
BMJ : Tu as vu les africains n'ont pratiquement rien gagné...
Ludivine : Franchement, Amadou et Mariam, Youssou N'Dour, et j'en passe c'est du délire ... mais eux se sont montrés malins, yo pa menm vini ! C'était soirée Bizness, Magouilles & Mégalomanie ! La plupart des artistes présents savait avec quelles récompenses ils rentreraient à case ! Ni yonn dé ke yo té kouyonen é ki pa té kontan ...
BMJ : Cette soirée... Tu voyais ça comment ?
Ludivine : C'était l'occasion de montrer au monde (puisqu'il devait y avoir 300 journalistes du monde entier), de quoi nous sommes capables ! Qu'avec moins de fric, mais autant de talent, que les blacks pouvaient faire de grandes choses. C'était l'occasion d'honorer quelqu'un qui a été grand quelquesoit la casquette qu'il portait, et de lui dire "Missié Sèzè mèsi, yich-ou jodi-a ka montré'w ke yo tiré lison di travay-ou, di la vi'w ! Mèci di ba nou fos-la, mi a prézan ou pé fiè di nou " !
BMJ : Tu as passé du temps en coulisse... pourquoi ?
Ludivine : Oui, bien sûr toute la soirée ! Pour les connections, prendre contact, rencontrer du monde et montré wob-la Sylviane Gody té fè ba mwen pou sérémoni-a !!!! Et puis, il fallait que je vois jusqu'où ces gens pouvaient aller ... ba moun non-nominé rékonpans kon sa ka ékri .... non, mais, très fort, vraiment !!!
BMJ : Au fait as-tu vu l'accrochage entre Patrick Karam et Harry Roselmack ?
Ludivine : Tout à fait, et j'ai rien compris à l'histoire ! On venait de me présenter Harry Roselmack et son épouse, tous deux tentaient difficilement de s'éclipser, sans trop se faire remarquer, quand j'ai vu ce monsieur passer comme une furie tout près de moi, pour apostropher HR. Très rapidement la situation a été maîtrisée, il a surtout fait (PK) beaucoup de bruit pour rien .... en même temps c'est son job !
BMJ : Tu penses quoi de Patrick Karam ? C'est un mec bien.... Ludivine : Je ne connais pas ce monsieur. Il ne m'a pas été présenté ... Après avoir lu son "compte-rendu" de cette soirée, je pense que je ne le connaîtrai jamais .... Faire passer ce FIASCO pour une totale réussite ...... quel talent !!!! je lui prédis un bel avenir en politique, une super promotion ! Ah, il mérite bien son mentor M.Sarkozy ..... no comment ! BMJ : Depuis as-tu eu des nouvelles de l'organisation..? Avez-vousparlé ? t'a-t-on fait des excuses ?
Ludivine : Aucune... Nada .... Nothing .... Piess .... C'est clair, non !!??
BMJ : Cette expérience t'a-t-elle refroidi..? (je ne parle pas de la température parisienne...lol)
Ludivine : Pas du tout, bien au contraire. La prochaine fois je tiendrai compte des avertissements que l'on me fait, c'est tout !!! J'ai une vraie motivation maintenant, il faut arrêter de couyonner les antillais à Paris, fôk montré moun ke ni nèg ki sa travay isi-a ! Déja, des choses en vue, de nouveaux spectacles sur Paris, avec des gens qui savent travailler, avec qui j'ai déja fait des trucs sympas ! A suivre .... En conclusion, je ne regrette pas une seule seconde de ne pas être montée sur scène, d'autant que les gens me félicitent d'avoir su dire non, ce qui me conforte dans ma position ! Yo sé di ke yo ka palé plis di sa, ke si tout fwa man té monté ridikilizé kô-mwen asou senn-lan ...... Mèsi pou fos-la !
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