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22-11-2006

"Je ne crois pas à la discrimination positive" 

dixit le premier ministre français Dominique de Villepin  

 

Rassure toi, tu n'es pas le seul.  

Commentaires
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jarry privilèj   | Registered | 22-11-2006 20:13:30
il y a ceux qui sont en bas parce que l'ascenseur ne marche pas......on répare l'ascenseur
si c'est sur des bases ethniques la discrimination positive......NON !
cela équivaudrait à laisser l'ascenseur en panne pour les autres
c'est un piège que tend Sarkozy pour pouvoir ensuite renvoyer les nègres qui échouent dans la jungle africaine ou la jungle des ghettos!
Tu réussis ou tu la fermes...
dans toutes les sociétés il y a des déchets et Sarkozy veut les faire disparaitre par la prison, les hopitaux psychiatriques ou le retour au pays

Aux Etats Unis , le résultat de la discrimination positive.....les quelques nègres qui ont réussit grace à elle servent le discours raciste qui culpabilise tous les autres.
lanoiraude   | Registered | 22-11-2006 20:19:06
Je ne vois pas en quoi ca nous concerne , je veux dire on est dans un contexte colonial dans les DOMS alors ?!


LN
nasyon matnik   | Registered | 22-11-2006 22:33:04
En tout cas la polynésie à une discrimination positive pour l"emploi ( dua à leur staut d'autonomie ), c'est pour cela qu'il y a très peu de tahitiens en france .

Il nous la faut cette discrimination positive , même si le mot ne plait pas à tout le monde !Les gens préfère les définitions mais pas les mots clefs !
Bwabril%E9   | Unregistered | 22-11-2006 23:05:52
nasyon matnik Registered | 2006-11-22 22:334

En tout cas la polynésie à une discrimination positive pour l"emploi ( dua à leur staut d'autonomie ), c'est pour cela qu'il y a très peu de tahitiens en france .

Il nous la faut cette discrimination positive , même si le mot ne plait pas à tout le monde !Les gens préfère les définitions mais pas les mots clefs !

Non, et non !

1 - La Discrimination posiive expliquant la faible présence des Tahitiens en France ?

FAUX : La préférence aux Tahitiens pour les emplois publics a été installée très récemment, pas depuis les années 60 ! Or l ímmigration issue de l'Outre-mer a commencé depuis 40 ans.
S'il y a peu de Tahitiens en France, c'est à cause de la démographie polynésienne, qui n'a pas connu e trantision démgraphique au sortir de la Guerre. Les Tahitiens n'ont pas vécu la situation coloniale de plantation qui maintenait une forte mortalité et encourageait une forte natalité.
L'immigration antillaise et réunionaise est directement liée à l'explosion démographique d'après-guerre.

2 - Préférence locale comme en Corse, si on le veut. Ce serait le terme exact plutôt que discrimination positive. Restera à démontrer que les Antillais souffrent der discrimination pour l'accès à l'emploi public. Les textes sont là, les concours à réussir sont connus. Point final.
nasyon matnik   | Registered | 23-11-2006 00:01:31
BWABRILE

"L'immigration antillaise et réunionaise est directement liée à l'explosion démographique d'après-guerre."

C'est ce qu'il dise mais la vérité c'est que le BUMIDOM ou PLAN NEMO est née à la suite d'une altercation entre jeunes martiniquais et force de l'ordre en dec.59 ( voir le lien suivant : http://madjoumbev2.free.fr/page4%20dec59.html )
.
"S'il y a peu de Tahitiens en France, c'est à cause de la démographie polynésienne"

En otut cas les peu de tahitiens que j'ai eu l'occasion de fréquentés m'ont dis que si ils étaient en France c'est par pure formalité et ils aiment beaucoup leur pays !Ils n'ont pas cette mentalité de tout plaqué leur terres et leur coutume pour aller vers l' " évolution " comme certians le disent si bien (la France ).

"Ce serait le terme exact plutôt que discrimination positive"
Ce n'est pas moi qui l'est inventée , je l'ai appris dan sla constitution francaise !Et quand on parlait de l'article 74 , ils l'ont dénommée comme cela !


"Restera à démontrer que les Antillais souffrent der discrimination pour l'accès à l'emploi public"
On aura rien à démontré si on est autonome !Si on veut produire chez nous il nous faut l'autonomie!Ce que je veux dire c'est que si on change un statut pour tel ou tel domaine ou compétence ou problmes c'est pratiquement tout les domaines uqi seront touchés par cette autonomie !
En plus clair , si on veut être autonome pour produire , le domaine de l'emploi sera sous notre aile donc il n'y aura rien à justifier sur les discrimination des martiniquais dans l'embauche !
Sheikh Caraib - Discrimination Positive- Parad   | Registered | 23-11-2006 08:11:45
Cette notion a de mutiple paradoxes.
Le premier avec Lib, Frat & Egal. Pourquoi "discriminer" lorsque l'on a une telle devise nationale. La France malade de sa non acceptance multiethnique.
Second, le marketing politique de Sarko, semble nous presenter cela comme un paquet allechant. Plus j'ecoute cet homme, plus son discour ultra securitaire me laisse perplexe. Il a certes certaine verites mais la forme m'inquiete. Et l'autre en face la Madone des Socialo qui vont encore nous vendre du rose bonbon n'est pas mieux.
Serait-ce une politique des quotas deguisee? On peut se dire que certains auront acces a des richesses, mais qui dit discrimination dit exclusion d'une partie. Et je reviens a la case depart. Lib, Egal., Frat. Que fait-on?
Devrons-nous laisser les aspect eco & soc, politque et ideologique voir demagogues prendre le dessus. La reponse: le bulletin de vote
gnien gnien - D P à SXM   | Registered | 25-11-2006 01:27:17
DISCRIMINATION POSITIVE à st martin, le triomphe de la confusion.

I- Les raisons du débat.

Nos élus locaux le plaident depuis longtemps dans l%u2019élaboration de la future COM. Nicolas Sarkozy vient à nouveau de relancer le débat : la discrimination positive est à l%u2019ordre du jour.
Pour rappel, cette notion, héritée des Etats-Unis, est la prise en compte de l%u2019appartenance ethnique, raciale ou encore sexuelle des individus lors du recrutement à des postes de la fonction publique, du secteur privé ou lors de l%u2019admission aux grandes écoles. L%u2019idée est d%u2019octroyer un traitement préférentiel aux membres d%u2019un groupe dont on juge qu%u2019ils ont pu être ou qu%u2019ils sont susceptibles d%u2019être victimes de discrimination en raison de leur appartenance ethno-raciale. La discrimination positive est donc à la fois le désir de réparer un préjudice subi et de se servir d%u2019un moyen inégalitaire pour atteindre des objectifs d%u2019égalité. Illustration pratique : si un candidat noir postule à un emploi alors qu%u2019il existe au moins un candidat blanc dont le niveau de qualification est supérieur, en dépit de ses meilleures qualifications, c%u2019est le candidat noir que l%u2019on retiendra%u2026 De là cette floraison d%u2019annonces américaines d%u2019offres d%u2019emplois dont le profil requis est ainsi libellé : %u201CLes femmes et les candidats de couleur sont encouragés à postuler%u201D ou %u201Cles minorités sont encouragées à postuler%u201D.
Autant de le dire immédiatement. Je ne suis pas d%u2019accord avec ce concept car la discrimination positive touche au principe même d%u2019égalité républicaine proclamée par l%u2019article 1er de la Constitution de 1958 : la République française « assure l%u2019égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d%u2019origine, de race ou de religion». La République ne reconnaît donc pas de groupes sociaux ni de minorités, ne veut connaître ni les origines ethniques ni les religions. Elle ne connaît que des citoyens, égaux dans leur relation directe avec l%u2019État.
Dès lors, une société qui viole les principes sur lesquels elle repose, même au nom de fins justes, ne peut pas être une société juste.
J%u2019ai bien conscience que le débat que je propose d%u2019ouvrir risque hélas de tourner rapidement à l%u2019excès verbal : à défaut de répondre intellectuellement à mes réflexions, quelques indépendantistes antillais, affichés ou tapis, hurleront au racisme et pointeront le Blanc comme « colonialiste ». D%u2019autres parleront de négropolitains et inviteront brutalement les Métros à faire leurs valises%u2026
C%u2019est beaucoup plus simpliste pour eux, car il y a, sur le sujet des discriminations, une forte base idéologique, héritée du marxisme, consistant à analyser systématiquement les rapports humains ou sociaux en dialectique dominants/dominés ou bourreaux/victimes, et qui tend à interdire au prétendu dominant d%u2019intervenir dans les recherches que seuls les «martyrs» auraient vocation et compétence à mener.
Les mois qui nous séparent de la mise en place de notre « Collectivité d%u2019outre mer », va assurément ouvrir ce débat, dont on ne pourra plus faire l%u2019économie. Encore récemment, au Conseil municipal, certains de nos élus se sont interrogés sur qui étaient Saint-Martinois et qui ne l%u2019étaient pas. Pour les élections du 7 décembre 2003, les mêmes avaient proposé sans rire que seuls les Métropolitains ayant plus de dix ans d%u2019existence sur l%u2019île auraient le droit de s%u2019exprimer%u202
6
Sans voir le paradoxe de leurs propositions %u2013 « la fixation d%u2019un seuil numérique dans le domaine professionnel », par exemple, pour reprendre l%u2019expression du groupe Consensus (octobre 1995) - ils réactivent aujourd%u2019hui le concept idéologique de la discrimination positive comme moyen de juguler la crise économique qui s%u2019enkyste sur l%u2019île.
Ils devraient pourtant peser le poids des mots qu%u2019ils emploient : une discrimination n%u2019est pas positive ou négative ; elle discrimine, c%u2019est tout. Car de deux choses l%u2019une. Ou bien il s%u2019agit tout simplement de donner à certaines personnes les moyens de se situer à égalité avec les autres et il n%u2019y a rien là de très original : l%u2019affectation de bourses aux élèves démunis, la proportionnalité de l%u2019impôt, les services publics développés dans les zones populaires%u2026 sont des politiques très anciennes de promotion du principe d%u2019égalité. Ou bien il s%u2019agit de valoriser une fraction de la population en tant que telle, et la collectivité nationale s%u2019émiette en catégories relevant de traitements différents.
Allons même plus loin. La discrimination positive veut protéger les %u201Ccandidats de couleur%u201D et les %u201Cminorités sous représentées%u201D. Principe louable et généreux, mais aussi notion très ambiguë car qui est sous représenté, et où, et par rapport à quoi ? Aux Etats-Unis, les juifs (2% de la population) ne sont pas considérés comme appartenant à une minorité, contrairement aux femmes (plus de la moitié de la population). Localement, les « Métros » ne constituent-ils pas une %u201Cminorité sous représentée%u201D à Saint-Martin ? Dans le souci d%u2019illustrer la diversité de la population locale, y a-t-il assez de Blancs à la Mairie ou comme chauffeurs de taxis ? A partir d%u2019ailleurs de quel pourcentage d%u2019homogénéité ethnique un métis sera-t-il encore vu comme un candidat de couleur ?
Vue de près, la discrimination positive soulève beaucoup plus de questions qu%u2019elle n%u2019apporte de réponses, et les articles à suivre se proposent de les mettre à plat. Sans préjugés ni tabous, et surtout en essayant de résister aux tentatives d%u2019intimidation et de culpabilisation.

II- Un bilan américain très mitigé.
L%u2019Affirmative Action, mise en %u0153uvre à la fin des années 1960 aux Etats-Unis sous l%u2019impulsion du gouvernement républicain de Richard Nixon, visait à favoriser, par des politiques de traitement préférentiel, l%u2019accès à l%u2019emploi, l%u2019attribution de marchés publics ou encore l%u2019admission dans les Universités des membres de certains groupes ayant fait l%u2019objet dans le passé, à des degrés divers, de pratiques discriminatoires juridiquement sanctionnées : les Noirs, les « Hispaniques », les descendants de populations autochtones (Native Americans), parfois les Asiatiques et les femmes.

Aussi hétérogènes que puissent être ces groupes, ils ont tous en commun d%u2019avoir été victimes de discrimination officielle, avalisée et sanctionnée. Bien que cette pratique soit pourtant contraire à deux grands principes - le principe méritocratique et celui de la color-blindness (cécité à la couleur de peau) %u2013 elle se justifiait par le contexte explosif des années 1960 de l%u2019Histoire américaine.
Cette mesure, temporaire à l%u2019origine, a été modifiée en 2003 par la Cour Suprême. Il est dorénavant possible de justifier une discrimination par un intérêt de %u201Cdiversité%u201
D : une discrimination passée n%u2019a ainsi plus à être démontrée.

Etrangement pourtant, une personne originaire d%u2019Inde peut se prévaloir de ses origines alors même que les Indiens n%u2019ont jamais subi de discrimination particulière aux Etats-Unis, mais certaines minorités (souvent asiatiques) continuent d%u2019être exclues des programmes d%u2019affirmative action. En revanche, la Cour Suprême a formellement interdit l%u2019usage de quotas et d%u2019attribution automatique de points en fonction de critères raciaux, ethniques ou religieux : ainsi, l%u2019Université du Michigan a dû mettre un terme à sa politique qui consistait à attribuer 20 points supplémentaires (100 points permettant à un candidat d%u2019être admis) à chaque candidat issu d%u2019une minorité ethnique.
Reste que le bilan de ces actions est très limité. Au niveau des compétences, c%u2019est la non-optimisation des ressources humaines : une étude réalisée en 1993 par des chercheurs américains a, en effet, démontré que l%u2019affirmative action avait coûté 1,5 % du PIB annuel américain, la raison tenant principalement au mode de recrutement des candidats, qui n%u2019a en vérité aucune logique économique. Au niveau juridique, la tentation de certaines entreprises d%u2019employer fictivement, en échange de commissions généreuses, des membres de minorités pour participer aux attributions de marchés publics ont débouché sur de nombreux scandales : le New Jersey, par exemple, a donc finalement reconnu son programme comme portant atteinte à l%u2019égalité des candidats, et comme une violation de la Clause d%u2019égale protection des lois du Quatorzième Amendement de la Constitution des Etats-Unis.

Pire, au niveau même des bénéficiaires, ils ressentent dans leur entourage professionnel le poids et la suspicion de leur traitement préférentiel : un article datant de novembre 2004, et publié par la Stanford Law Review, montre que les afro-américains s%u2019en sortent mieux dans les facultés de droit qui ne pratiquent pas une admission fondée sur des critères raciaux, et qu%u2019il y aurait finalement davantage d%u2019avocats de cette minorité aux Etats-Unis si la sélection se faisait au seul mérite.
Les coûts engendrés par une politique de discrimination positive sont dès lors aussi lourds que divers : hausse du budget des départements de ressources humaines, mise en conformité avec les obligations d%u2019emploi de minorités, contrôle par l%u2019administratio
n, attributions de marchés publics à des entreprises composées de membres de minorités ethniques dont l%u2019offre est pourtant moins avantageuse, perte de productivité du fait que les entreprises ne peuvent plus embaucher le meilleur candidat pour un poste vacant, un marché du travail encore plus rigide et réglementé%u2026
A l%u2019évidence, la discrimination positive est la dernière réforme dont la France a besoin si elle souhaite intégrer ses minorités et rattraper son retard économique. Mais c%u2019est sans compter sur nos hommes politiques qui croient y avoir trouvé la panacée%u2026

III- La tentation de la France.
En dépit du bilan mitigé de l%u2019expérience américaine, la France a décidé de reprendre l%u2019idée pour faciliter l%u2019intégration des « minorités » et des groupes mal représentés. « L%u2019Affirmative action » américaine s%u2019est alors transformée en « discrimination positive », (ce qui a un tout autre sens), ajoutant à la longue liste des oxymores (figure de style qui réunit deux mots d%u2019apparence contradictoire) dont l%u2019Etat a seul le secret : une « fédération d%u2019Etats-nations », un « Traité constitutionnel »%u2026, bref des mots creux d%u2019un discours public qui tente de rassembler et séduire en imposant des choix non clarifiés.
Sans conteste, c%u2019est la loi de juin 2000 sur la représentation paritaire des sexes au Parlement et dans les collectivités locales qui a ouvert cette voie et%u2026 considérablement accéléré les effets désastreux du communautarisme. Au nom, en effet, de la loi universelle de la nature de la dualité des sexes, les idéologues de la parité se sont persuadés qu%u2019ils fallaient désormais alterner les hommes et les femmes pour se mettre en règle avec la démocratie. Idée heureuse, à l%u2019origine, mais dont la logique d%u2019asseoir un statut juridique sur une condition biologique a aujourd%u2019hui abouti à légitimer le déchaînement des passions identitaires collectives au détriment de l%u2019usage individuel de la raison.
De là, à présent, la virulence des revendications identitaires qui font peu à peu céder le pacte républicain : ici, le recrutement dérogatoire au concours des grandes écoles, ouvertes aux meilleurs élèves de certains lycées situés en zones d%u2019éducation prioritaires (ZEP) ; là, France Télévision, avec le soutien du Haut Conseil pour l%u2019Intégration (HCI) et du CSA, qui présente un plan pour favoriser la représentation des minorités à l%u2019antenne ; à Bègles le mariage d%u2019un couple homosexuel, qui désire à présent adopter un enfant%u2026
Reconnue du bout des lèvres, la discrimination positive est de toutes façons très malaisée dans sa mise en pratique. On peine, pour les élections, à trouver des femmes en nombre suffisant pour constituer les listes ; les jeunes des banlieues régionales contestent le seul recrutement réserver au ZEP de l%u2019agglomération
parisienne ou d%u2019autres très ciblées; comment calculer la représentation d%u2019une Antillaise de 20 ans à un jeu télévisé, puisqu%u2019elle est à la fois noire, femme et jeune ?
Face à ce problème de choix idéologique qui va bientôt saturer les débats, la première question qu%u2019il faut se poser est alors la suivante : depuis quand l%u2019entreprise, les médias, l%u2019armée ou l%u2019administratio
n ont-ils vocation à représenter le sexe, la couleur de peau ou les moeurs de leurs clients ou usagers ?

Depuis quand les partis politiques, qui doivent en principe représenter les différents courants d%u2019opinion et les conceptions distinctes du bien commun, se mesurent-ils au nombre des testicules et des ovaires ? Depuis quand un préfet « musulman » serait-il autre chose qu%u2019un préfet ?
La vocation de l%u2019entreprise n%u2019est-elle pas de réaliser son objet social, une administration de servir le public, une armée de défendre la nation et un média d%u2019informer, de cultiver et de distraire le public ? Ils n%u2019ont aucunement pour mission de «représenter» qui que ce soit, ni quoi que ce soit.
Mais, encore une fois, c%u2019est une idée de bon sens et de conception républicaine qui échappe à nos politiciens. Si persuadés qu%u2019il faut explorer tous les chemins pour lutter contre le chômage, érigé en défi national par le nouveau gouvernement, ils se montrent prêts à emprunter la route absurde et dangereuse de la discrimination positive. Pour quelles raisons ? Désir réel d%u2019intégration des minorités, ou surf sur des opinions publiques traumatisées par le chômage et l%u2019immigration ? A leur décharge, il est clair que l%u2019émancipation des individus via leur responsabilisation est un projet moins facile à « vendre » que le compassionnel.
A l%u2019évidence, nos élus locaux ont décidé de suivre aussi cette pente, et font de la discrimination positive une des clés de l%u2019acceptation du fameux statut autorisé par l%u2019article 74. La logique échappe à toute raison, mais les conséquences risquent d%u2019être proprement dramatiques.

IV-La revendication des droits.

Le propre du discours actuel sur la discrimination positive est de transformer a priori en « droit » n%u2019importe quelle revendication, de telle sorte que son éventuelle contestation soit par avance interdite par le politiquement correct mué en juridiquement correct.

Il fût pourtant une époque où, avant de consacrer un droit dans la législation ou la jurisprudence, on se donnait la peine de mûrement réfléchir à l%u2019opportunité de satisfaire telle ou telle revendication particulière, en pesant soigneusement ses avantages et ses inconvénients.
Aujourd%u2019hui, on fait fi de la réflexion et de la prudence, on économise le temps de l%u2019observation et de la logique. Le scoop, l%u2019audimat, les sondages, les cotes de popularité, l%u2019obsession des réformes, la démagogie, le clientélisme et l%u2019électoralisme
font sombrer la pensée politique dans le mercantilisme et l%u2019inconsistance
. Qu%u2019un individu se pose en «victime» devant une caméra de télévision et le voilà aussitôt gratifié d%u2019un «droit» qu%u2019il sera moralement et politiquement interdit de contester ou même simplement de vouloir analyser.

Un homosexuel aime-t-il un autre homme qu%u2019il devrait avoir aussitôt le droit de se marier et d%u2019adopter des enfants. Une génération impatiente, sans faire l%u2019effort de conquérir des diplômes ou une expérience, réclame le droit d%u2019obtenir un travail très bien rémunéré et peu contraignant. Un agriculteur, mécontent de la politique européenne, s%u2019autorise du droit de casser une préfecture pour exprimer son malaise social%u2026 Capricieux et tyrannique, atteint d%u2019une profonde immaturité %u2013 appelée le «syndrome de Peter Pan» par les psychanalystes - le communautarisme n%u2019hésite plus à exiger tout et son contraire.

Ce phénomène est particulièrement sensible sur le sujet de l%u2019égalité sociale dans les départements d%u2019outre-mer. Ici, comme ailleurs, les pouvoirs publics continuent à prêter une oreille complaisante et insuffisamment méfiante sur l%u2019apologie des identités culturelles régionales. La justice, elle-même, si prompte d%u2019ordinaire à sanctionner les propos racistes, sexistes, homophobes%u2026, est étrangement muette sur les multiples revendications de «préférence locale» dont il est pourtant clair qu%u2019elles sont de la même veine que la grande s%u0153ur «nationale» de l%u2019extrême droite (« la France aux Français » ; « les Français d%u2019abord ») et plus contraires encore au principe d%u2019égalité.

De ce point de vue, la préférence ethnique consacrée par le nouveau titre XIII de la Constitution française pour les élections et l%u2019accès aux emplois en Nouvelle-Calédonie - consacrant ainsi le «droit du sang» dans une partie du territoire français - est totalement contraire aux valeurs républicaines. Mais personne, à l%u2019évidence, ne trouve plus rien à y redire, et la prétendue consternation du Président de la République qui découvrit récemment que le recensement néo-calédonien comportait désormais des données ethniques semble bien hypocrite%u2026
La dérive est autorisée par l%u2019article 73 de la Constitution qui, en reconnaissant la «situation particulière» des DOM, admet la possibilité d%u2019y adapter la législation nationale. Louable intention, encore une fois, mais il est frappant de constater que la définition précise des éléments constitutifs de cette particularité est toujours soigneusement évitée. On se borne à énumérer des banalités telles que l%u2019insularité, le relief et le climat, mais on fuit devant les réalités économiques et sociologiques que l%u2019on ramasse sous le terme vague de « spécificités ». De là les tolérances ambiguës de l%u2019Etat français qui laisse l%u2019observateur perplexe.
A Saint-Martin, par exemple, un conseil municipal qui se tient en anglais. Une administration fiscale admettant, jusqu%u2019aux années 1980, une exonération fiscale de facto pour les saint-martinois natifs. Des contrats d%u2019assurances de Nagico rédigés en anglais et payables en dollars, en infraction avec le Code du Commerce. Un Trésor public qui accepte au guichet le paiement en monnaie américaine. Une sur-rémunération des fonctionnaires qui fait que beaucoup de jeunes ne rêvent plus que d%u2019accéder à ce précieux statut%u2026
La municipalité n%u2019est pas en reste. Un drapeau et un hymne locaux pour remplacer le drapeau tricolore et la Marseillaise. La revendication de pouvoir recruter la majeure partie des enseignants parmi les Saint-Martinois. Un certificat de résidence pour les Métropolitains, rangés quelquefois au rang d%u2019étrangers avec les Haïtiens et les Santo-domingos. Une police municipale armée. Une vigilance agressive qui fait que toutes tentative de différenciation sociale est immédiatement qualifiée de «discriminatoire», «colonialiste» ou même «raciste»%u2026
Français à part entière, donc, mais aussi entièrement à part. Droit à la différence, mais aussi différence des droits. La nouvelle gouvernance de l%u2019Etat français se fait désormais à la « carte » (le lex shop, pour reprendre la belle expression de l%u2019historien Philippe Muray).
Faut-il alors parler de discrimination ou de différenciation ?

Même en admettant que l%u2019égalité républicaine n%u2019est pas une égalité mécanique et aveugle, et qu%u2019il appartient au législateur de déterminer les différences qu%u2019il entend consacrer et celles qu%u2019il décide d%u2019ignorer dans l%u2019intérêt supérieur de tous, le débat local qui ne manquera pas de s%u2019ouvrir prochainement sur l%u2019application de la COM va immanquablement déboucher sur une revendication de droits avec moins d%u2019obligations, dans un opportunisme pouvant déboucher sur l%u2019incivisme et la violence.

Il est alors urgent de se réapproprier le sens des mots.

V- L%u2019amalgame des mots.

La question qui se pose n%u2019est pas celle de l%u2019égalité et de la différence, mais celle de l%u2019analyse objective et rationnelle des différences sociologiques existantes et de la nécessité de les prendre ou non en considération juridique. C%u2019est donc, avant toutes choses, une affaire de légitimité : il s%u2019agit de savoir si une distinction est juste et bonne (auquel cas on lui réservera le terme de différenciation) ou si elle est, au contraire, injuste ou mauvaise (auquel cas on la qualifiera plutôt de discrimination).

Une des stratégies des partisans de la discrimination positive est de confondre les deux définitions, notamment sur des sujets aussi épidermiques et porteurs que la race, le sexe, les moeurs (ou orientation sexuelle, doit-on dire maintenant), la nationalité, l%u2019état de santé, les coutumes, les religions ou les territoires%u2026 Il y a pourtant une catégorisation à faire entre les différences non choisies, échappant à la libre détermination de chacun, et celles qui résultent de choix (ou de non-choix) sur lesquelles l%u2019individu a un minimum de prise. La race et le sexe, par exemple, échappent indubitablement au choix du nouveau-né et sont inhérents à la nature. En revanche, la religion, la coutume ou les moeurs ne sont pas des données innées, mais acquises, sur lesquelles l%u2019individu peut influer.
Dans la pratique, réserver des vestiaires ou des lavabos distincts pour les Noirs et les Blancs constituait, aux États-Unis, une ségrégation insupportable, mais la même distinction pour les hommes et les femmes ne doit choquer évidemment personne. Qualifier de discriminatoire, raciste ou xénophobe le fait de réserver, les emplois publics ou le droit de vote aux nationaux d%u2019un État est pour le moins abusif et de mauvaise foi. La nationalité est fondamentalement et substantiellement différentielle : c%u2019est même la raison pour laquelle un Saint-Martinois peut participer à l%u2019élection du président de la République française, mais pas un Polonais non naturalisé. On voit mal ce qu%u2019il y a de raciste ou de discriminatoire dans cet état du droit. A l%u2019inverse, comment qualifier l%u2019obligation pour un Guadeloupéen ou un Métropolitain d%u2019intégrer un Saint-Martinois natif pour créer une entreprise du côté hollandais ? Une discrimination positive, ou une contrainte raciste ?

A ce jeu du raisonnement et de la logique, on comprend donc rapidement que la discrimination n%u2019est pas la différenciation, et il conviendrait de s%u2019en souvenir pour ne pas utiliser des associations aussi abusives que ridicules, telles que «les femmes et les handicapés» ou «les Noirs et les homosexuels», voire l%u2019utilisation même du mot « homophobe » qui, littéralement, veut dire « la peur de l%u2019homme ».

Le discours militant, hélas, ne s%u2019arrête pas à ces subtilités puisqu%u2019il manifeste une propension certaine à utiliser le mot «racisme» à tort et à travers (racisme anti-corse, racisme anti-homo%u2026), non seulement en raison de la force dissuasive qu%u2019il engendre, mais surtout parce qu%u2019il légitime la volonté de réserver des quotas d%u2019emplois pour les femmes ou les Noirs, au préjudice des Blancs ou des Asiatiques. N%u2019étant d%u2019ailleurs pas à une contradiction près, il feint ainsi d%u2019ignorer que la discrimination est toujours positive pour celui qui en bénéficie, et négative pour celui qu%u2019elle exclut.

Les mots ont donc un sens, mais il semble bien que tout effort sémantique se trouve rapidement opposé à un véritable terrorisme intellectuel et à un chantage moral, allant quelquefois jusqu%u2019à l%u2019exigence de répression pénale de l%u2019opinion contraire.

VI- La victimisation à outrance


L%u2019autre méthode habituellement utilisée pour le repérage des discriminations consiste en une approche purement quantitative et arithmétique assez primaire. S%u2019il n%u2019y a «que» 11 % de femmes députés à l%u2019Assemblée nationale, par exemple, cela suffit à conclure à une pratique partisane sexiste et donc discriminatoire du milieu politique. S%u2019il y a peu d%u2019acteurs ou de figurants noirs au cinéma, à la télévision ou dans la publicité, c%u2019est que les médias pratiquent des discriminations volontaires ou «indirectes»%u2026
La technique est aussi efficace que le piège qu%u2019il tend, et pour deux raisons.
La première est qu%u2019il revient au présumé coupable d%u2019apporter la démonstration qu%u2019il n%u2019a pas commis de discrimination. C%u2019est non seulement agir en contradiction avec l%u2019esprit des lois françaises qui veut que c%u2019est à l%u2019accusation de prouver son préjudice, mais la défense est même dans l%u2019impossibilité
statistique de produire des chiffres de minorités puisque la loi fait interdiction de faire mention de l%u2019origine, de la race ou des tendances sexuelles des personnes.
L%u2019autre raison est dans l%u2019incapacité de pouvoir mesurer les effets pervers des doctrines communautaristes. Comment, en effet, faire la preuve que l%u2019incitation à cultiver la différence, à refuser les codes dominants (vestimentaires, civilités%u2026), quand ce n%u2019est pas légitimer ouvertement la violence et la délinquance, finit aussi par créer une méfiance diffuse. Comment, par exemple, expliquer qu%u2019un employeur métropolitain ne peut pas engager un jeune saint-martinois qui reste résolument attaché au port de son bonnet ? Comment faire confiance à ce dernier quand l%u2019absence ou les retards deviennent une justification culturelle ? Comment travailler avec lui quand la moindre demande du respect du Code du Travail est aussitôt considéré comme un retour de l%u2019esclavage ?
Même si en droit civil « nul n%u2019est fondé à se plaindre de sa propre turpitude», il est aujourd%u2019hui impossible de faire la part entre ce qui relève de la discrimination sexiste ou raciste évidente, et ce qui est imputable aux membres des groupes considérés eux-mêmes, et qui relève donc de leur propre responsabilité.

La difficulté atteint même son point d%u2019orgue avec la technique de la victimisation à outrance qu%u2019excelle à développer le communautarisme. Les «populations d%u2019outre-mer», victimes de la colonisation et de l%u2019esclavage, auraient ainsi un droit éternel à réparation. Pas un jour, en effet, où n%u2019est pointée la faute passée des Blancs ; pas un journal télévisé de RFO sans que soit fait référence à l%u2019atrocité de l%u2019esclavage.
Sans vouloir minimiser cet épisode douloureux %u2013 et ce n%u2019est que justice de l%u2019avoir qualifié de « crime contre l%u2019humanité » - l%u2019honnêteté voudrait pourtant que l%u2019on admette aussi que la page est enfin tournée. Comme une femme actuelle ne peut raisonnablement se plaindre de subir des discriminations juridiques, ou un Breton de l%u2019an 2000 d%u2019avoir été brimé dans son expression linguistique, pas un Antillais contemporain ne peut sérieusement prétendre aujourd%u2019hui avoir connu l%u2019esclavage. C%u2019est comme si, en tant que fils de Résistant, j%u2019allais demander des réparations à l%u2019Allemagne actuelle pour son passé nazi%u2026

Ce passé douloureux de servitude justifie pourtant à lui seul l%u2019exigence de droits supplémentaires ou d%u2019obligations moindres. Bien que Aimé Césaire disait qu%u2019il ne fallait pas « être esclave de l%u2019esclavage », ce crime ancestral est toujours brandi par les élites «domiennes» pour conserver ou obtenir des privilèges fiscaux, salariaux, sociaux ou des trombes de subventions. Pire, il sert de moyen par excellence pour accabler et culpabiliser les Métros qui sont pourtant, comme les créoles, tributaires de l%u2019Histoire. A suivre le raisonnement des « victimes », le Blanc, obligatoirement nanti et raciste, vivant nécessairement dans le luxe et l%u2019abondance, serait chargé de tous les maux. A peine peut-on faire remarquer qu%u2019en France des familles populaires sont ravagées par le chômage, l%u2019alcool et la désespérance ; que les SDF dans le métro ne sont pas tous des étrangers ; qu%u2019un candidat français de 50 ans est nettement écarté de l%u2019embauche (près de 4 fois moins de réponses), à peine moins qu%u2019un candidat maghrébin; qu%u2019à contrario, parmi les grosses fortunes de France figurent des footballeurs, des chanteurs, des athlètes d%u2019origine immigrée%u2026 Que localement, des habitants, Blancs et Noirs, vivent chichement à Concordia et à Quartier d%u2019Orléans, alors que d%u2019autres, Blancs et Noirs, se pavanent en grosses cylindrées et se gavent dans les quartiers résidentiels. Rien n%u2019y fait : on veut combattre des préjugés en assenant péremptoirement d%u2019autres préjugés.

Le phénomène n%u2019est certes pas spécifique aux Antillais, et on pourrait aussi citer les petits-fils de Harkis dont la volonté est de transmettre de génération en génération la dette de la France à l%u2019égard de leurs grands-parents.
Mais le désir local d%u2019entretenir ici une sorte de «mentalité de créanciers » n%u2019est, à la finale, ni honnête ni constructive, et aura, à coup sûr, de graves conséquences dans un proche avenir.

à suivre...c'est promis
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