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Maurice Victoire est commissaire FIFA. Il était le manager de l'équipe de football de la Martinique qui est rentrée de la Digicel Cup à Trinidad avec un bilan plutôt mitigé. Deux défaites pour une victoire, sept buts encaissés pour trois marqués et l'affaire de l'interview de entraîneur. Il a accepté de répondre aux questions de BMJ. BondaManJak : Qu'a-t-il manqué à l'équipe de Martinique pour se placer dans le dernier carré et ainsi se qualifier pour la Gold Cup ? Maurice Victoire : Des 2 premières phases, celle qui s'est déroulée en Guadeloupe puis chez nous en Martinique, un groupe est né. Certes, il semblait jeune et inexpérimenté mais de véritables signaux nous laissaient croire en nos chances de qualification pour la Gold Cup aux Etats Unis en juin prochain. D’ailleurs, nous avons obtenu notre qualification pour la compétition finale à Trinidad, de fort belle manière lors du Tournoi de Dillon, ici chez nous, alors que nous étions dans le « groupe de la mort » avec une grosse satisfaction à ce moment-là : notre secteur défensif puisque nous n'avions encaissé aucun but. Nos matchs amicaux de préparation avec St Vincent et la Guadeloupe confirmaient que le staff technique, renforcé de la présence de Marc Collat (ancien coach de la réserve pro du PSG) était dans le vrai. Nous avant rencontré, juste avant notre départ, quelques petits problèmes qui viendront quelque peu gêner notre sérénité et s’avèreront lourds de conséquence par la suite. En effet lors du match de préparation contre la Guadeloupe, on perd sur blessure grave Suédile (2 cotes cassées), le même soir Labourg s'en va rejoindre un club en métropole, qui refusera de nous le laisser pour notre campagne, et puis pour combler le tout, un 3eme élément clé, toujours de notre secteur défensif, Meslien n'est pas libéré par son employeur. Ce qui peut expliquer nos carences et nos errements défensifs, puisque les garçons appelés en dernières minutes pour faire face à nos malheurs n'ont pas participé aux stages, aux matchs amicaux et n'ont donc pas été en mesure de répondre de façon satisfaisante aux exigences du haut niveau international. BMJ : France Antilles a sévèrement critiqué entraîneur Nisas après ses déclarations lors de la conférence de presse qui a suivi la défaite face à Trinidad. Avec le recul, pensez-vous que ces déclarations étaient fondées ou était-ce plutôt la déception ? M. V. : Nisas est un jeune entraîneur qui vient de réussir avec succès le brevet d'état 2eme degré (considéré comme la meilleure formation du monde). Il partait avec toute la confiance du Comité Directeur et des coachs locaux, qui en quelque part se reconnaissaient en lui. Devant Haiti, après un début difficile et hésitant, notre jeune groupe s'est repris et après maintes tentatives infructueuses égalisait par l'intermédiaire de Bullet Le but fut refusé et la partie se terminait sur le score de 1 but à 0. La presse relatait le match le lendemain et se demandait pourquoi l'arbitre n'avait pas validé ce but. La pression du 2eme match contre Trinidad, qui était devenu capital, se ressentait de plus en plus au fur et à mesure qu'approchait l'heure "H". Nous étions déjà dos au mur. Malgré toute la détermination dont les joueurs ont fait preuve, cette envie de "déchirer" qui les animais, notre début de match fut laborieux et fort logiquement l'adversaire marqua. Vous savez que sans laisser le doute s'installer, nous égalisons. Ce n’est pas rien. Et puis se passe l'irréparable : l'arbitre expulse un de nos joueurs. Y a t- il main ? La balle ne vient-elle pas à la main ? Que dit le règlement ? A ce moment l’équipe ressent un sentiment d’injustice. Les joueurs s’estiment lésés. Alors tout s’enchaîne, on réagit avec nos moyens sans parvenir à concrétiser. L'adversaire était trop fort. A cela s’ajoute cette main d'un défenseur trinidadien en pleine surface et non sanctionnée, … ça fait beaucoup, non ? Lors de la conférence de presse, à chaud, le Coach a exprimé son amertume, sa déception, sa frustration. Avec ses mots. Sûrement trop directs, peut-être trop virulents. Il a dit ce qu’il pensait à ce moment là. Qu’il avait le sentiment que sa sélection, ses joueurs, avaient été "volés", que sans cette décision la rencontre aurait été autre. Eternel débat sur l’arbitrage, éternelles déclarations à chaud, …..
BMJ : Comment était l'ambiance après cette défaite ? A-t-il été aisé de re-motiver les joueurs, l'équipe ? M. V : Après le match contre Trinidad ça a été dur. Ce fut difficile de motiver les troupes. Le président RAPON est intervenu. Il a dit aux joueurs ce qu’il fallait pour les remettre dans la compétition, pour rallumer la flamme. Que c'était la faute à "pas de chance". Que l'honneur de tout le pays passait par une victoire lors du dernier match. Que c’était le football. Le message a été perçu. Bien, puisque nous avons vaincu Barbade lors du dernier match. BMJ : Quel bilan tirez-vous de cette semaine de compétition à Trinidad ? M. V. : On constate que Trinidad et Haïti se sont retrouvées toutes les deux en finale en battant respectivement Cuba et la Guadeloupe (forte de 5 ou 6 pro). Sans chercher d'excuses, je crois que nous n'avons pas à rougir de nos performances, car même diminuée notre sélection à fait jeu égal avec ces 2 nations poussant Haïti dans ses derniers retranchements. Je crois que la moitié de l'effectif de l’équipe de Martinique, composée de garçons n'ayant pas 23 ou 24 ans, devra s'enrichir de l'expérience vécue, que les cadres ayant la responsabilité de cette jeunesse doivent continuer de croire en elle. Nous rencontrons de plus en plus d'entraîneurs de qualité, grâce au travail entrepris par le C. T. R. Jocelyn Germé. On ne sera pas présent à cette édition de la Gold Cup mais je peux vous garantir que l'on y sera en 2009, et peu importe les barrières qui seront dressées devant nous.
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