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« La pli bel anba la bay » Version imprimable
14-04-2008

(Bibi, Polomat, Gratiant, Blezes, Moutoussamy, Bastel, De Lucy et les autres...). 

Battre le pays Martinique, au sens créole de parcourir, de fonds en mornes, suivre les traces qui s'enfoncent dans le physique du paysage à la suite de celles, irréelles, que laissent les histoires oubliées quelquefois volontairement, comme celle des 16 de Basse Pointe après laquelle courent la caméra, le texte, la voix et le corps de Camille Mauduech.
Courir ? Je devrais plutôt écrire rouler, tant sa voiture en aura avalé des kilomètres, de jour, de nuit, de haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite. Camille ira prendre le train pour descendre à Bordeaux sur les lieux du procès, le métro pour rencontrer les protagonistes, avocats, journalistes de l'affaire, l'avion pour un plan surréaliste de solitude dans les couloirs de l'aéroport international Aimé Césaire.
On la voit beaucoup Camille; peut être trop mais la bougresse a un sens de la mise en scène, de la dramaturgie, une telle maîtrise de son récit que son documentaire enquête finit par captiver après quelques flâneries qui nous ramènent inévitablement sur les lieux d'un crime commis deux ans après la Départementalisation (peu de temps  après les évènements du Carbet où trois ouvriers agricoles furent assassinés par les gendarmes) : un béké est retrouvé mort, lardé de 36 coups de coutelas dans un champ de cannes, à Basse Pointe, sur l'habitation Leyritz.
Et le film déroule son cheminement de Magdelonnette à Fort de France en passant par Petit Bourg, de vieux nègres à vieux coulis en passant par le témoignage du seul béké qui ait accepté de paraître à l'image, histoires de luttes de classe encore fiévreuses, de parti communiste fort, de paroles, de légendes, de racontars, de sous entendus, de silences...
Camille est tenace avec les silences ou plutôt les non dits car elle entend éclaircir les choses, les éclairer plutôt, pour autant que sa peau sauvée lui permette de passer sans trop de problèmes, dans une société où la couleur a de l'importance, de l'ombre des salons (où l'on exhume photos & documents) au soleil des cimetières, jusqu'aux portes qui se ferment dans un claquement poli, avec mot d'excuses scotché dessus.
Mais Camille parle créole alors Camille fait « chemin chien », elle qui connaît aussi les multiples revers d'une parole qui dit tout et son contraire, je sais et je ne sais pas, j'étais là et ce n'est pas moi, en regardant son interlocutrice et la caméra bien en face, histoire de, histoire de quoi ?
De dire que, pour une fois qu'on gratte là où cela a fait si tellement mal, il est temps de répondre aux questions, aux béances de ces histoires qui constituent cette histoire commune qui est la nôtre et qui pose problème, comme si on ne pouvait pas enfin se résoudre à continuer notre marche, notre course, nos errements et nos conquêtes aussi, les yeux grand ouverts sur nous-mêmes ; temps passé, temps présent, temps à venir
Et c'est tout l'intérêt de ce road movie inquisiteur, dans l'espace et dans le temps, que de nous donner à commencer, à poursuivre cette (nécessaire ?) introspection fouillée ici avec la délicate opiniâtreté de l'objectif d'une caméra si présente et discrète à la fois, donnant à découvrir, non loin de notre regard de citoyens habitant un même lieu (quartier, commune, île), des personnages attachants, extraordinaires et banals à la fois, comme on en faisait en ces temps de solidarité active, de militantisme résolu, de convictions incarnées ailleurs que dans les mots, ombres projetées dans un début de lumière et de vérité...
Personnages que le Pouvoir de l'époque a voulu instrumentaliser pour mieux prétendre les condamner, dans une croisade anti syndicale, anti communiste, anti...n'importe quoi, où, Guy de Fabrique, la victime a fini par disparaître pour ne laisser dans un prétoire qu'un collectif d'hommes se soutenant l'un l'autre et si bien soutenus à l'extérieur de la prison ; si superbement défendus dans l'enceinte même de la Cour.
L'histoire des 16 de Basse Pointe sur nos écrans, en attendant le DVD avec ses inévitables bonus, en attendant d'autres histoires à questionner, à mettre en boîte, d'autres dates : 1900, 1959, 1961, 1967 en Guadeloupe, la liste serait trop longue...
Et tout au long coule la très belle musique (piano, basse, batterie, violon, voix...) d'un certain Dominique Fillon qui manifestement a tout compris, entendez tout senti, de la beauté et de la force des images de ce grand film dont il convient de prolonger le questionnement.
                                                                                                                                Marius Gottin
Commentaires
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Polyandre - Cé pas trop tôt !   | Registered | 15-04-2008 03:20:16
Je me demandais si ce film était un non évènement pour BMJ...

J'espère qu'il y aura aussi un sujet sur le livre de Sylvère Farraudière "L'histoire de l'école aux Antilles françaises - Le rendez-vous manqué de la démocratie" !

En quelque part, les deux sont liés...
lanoiraude   | Registered | 15-04-2008 06:43:27
Ce film date de quand ? Parceque ce monsieur parle de "societe ou la couleur a de l'importance".
Or si je lis de nombreux intervenants sur ce forum : la supremacie blanche dans notre pays ne serait que le fruit de notre imagination. Ou nous ne serions qu'une bande de negres infantiles prenant comme excuse a notre feneantise , ce pov' beke qui n'a reussi que par gout de l'effort...
Donc pourquoi ce monsieur parle t-il d'importance de la couleur de peau chez nous ? Nous sommes modernes et branches maintenant , tous freres :il n'y a pas de hierarchisation raciale en Martinique voyons , juste des gens plus doues que d'autres...D'ailleurs tous seront a l'enterrement de Cesaire main dans la main ,n'est-ce pas ?

Triste monde cruel.

Vais emigrer en Afrique tiens, la ou ya des lois de redistribution des terres aux noirs , la ou on a pas le temps de se raconter des histoires de metissage et de troubles identitaires a la con .

LN
Polyandre - Attention !   | Registered | 15-04-2008 13:09:27
lanoiraude a écrit:

Triste monde cruel.

Vais emigrer en Afrique tiens, la ou ya des lois de redistribution des terres aux noirs , la ou on a pas le temps de se raconter des histoires de metissage et de troubles identitaires a la con .

LN

Méfie-toi !

En circulant un jour dans un pays d'Afrique (que je ne nommerai pas afin de ne pas donner d'indices sur mon identité) en voiture avec des blancs français, l'un deux a (finalement) remarqué en observant le comportement des gens : "En France, on laisse passer les blancs et on arrête les noirs; en Afrique noire, on laisse aussi passer les blancs et on arrête les noirs. C'est incroyable !"

De toutes façons, en laissant le SIDA décimer gentiment l'Afrique noire (quand la guerre et la famine ne le font pas assez vite), ce sont de belles et vertes contrées qui se "libèrent" pour un certain nombre de pays, comme la Chine, le Japon trop peuplé, etc. qui sous l'égide des USA prévoiraient un redéploiement de leur population...

A lire sur http://www.afrik.com/article1580.html : " A ce rythme, certains pays comme le Botswana ou le Rwanda, vont tout simplement disparaître. L actuel président du Botswana n a pas hésité à dire, dans un discours solennel empreint de cette gravité inhérente aux heures les plus graves : " Nous sommes à la veille de la disparition de notre nation ".

Les nègres et les négresses sont la lie d'une humanité dominée depuis longtemps par la culture des blancs européens issue elle-même des civilisations greco-romaines que les abrutis d'antillais qui se croient plus érudits que d'autres prônent comme les plus grandes et les plus exemplaires... Bref !

Polyandre
lanoiraude   | Registered | 15-04-2008 14:03:37
Polyandre ,

Que les blancs puissent circuler en Afrique sans se faire controler ne m'etonne pas. C'est pareil en Amerique du Sud chez nous , en Inde et de facon generale partout sur terre. Pourquoi passke quand t'es blanc tu viens forcemment d'un pays riche et puissant. Tu a l'Occident et sa formidable capacite a nuire derriere toi. Alors pourquoi perdre son temps a leur demander des papiers ?
Meme si il ya des alienes en Afrique ca n'est pas par alienation qu'on ne controle pas les papiers du blanc , mais d'abord par realisme je dirais.

Quand au fait que la population Africaine diminue a vue d'oeil : d'abord le cas de la depopulation de l'Europe me semble bien plus grave.
Ensuite la depopulation de l'Afrique est encore (en admettant que ce soit vrai) une raison de plus pour moi d'y aller.
En effet ,je prefere aller faire des enfants en Afrique , plutot que de les donner a l'Occident.

Je rajoute, que de plus il me semble que malgre tous ses problemes,l'Afrique avance (As-tu vu ce qui se passe au Congo par exemple ? ou au Ghana?), tandis que nous , nous sommes toujours-la a avaler comme du petit lait les problemes d'identite qui ne concernent en fait que la petite bande de mulatres qui ecrient dessus ! Tchiiiip.


LN
jarry privilèj   | Registered | 15-04-2008 15:44:31
stop à la bêtise humaine!!

la musique qui sert si bien ce film est celle de François Fillon, musicien français , bien blanc.......heureusement qu eles musiciens généralement n'ont pas le même mode de pensée racialiste que la population

Citer:
Et tout au long coule la très belle musique (piano, basse, batterie, violon, voix...) d'un certain Dominique Fillon qui manifestement a tout compris, entendez tout senti, de la beauté et de la force des images de ce grand film.......
Polyandre - re:   | Registered | 15-04-2008 20:54:15
lanoiraude a écrit:
Polyandre ,

nous sommes toujours-la a avaler comme du petit lait les problemes d'identite qui ne concernent en fait que la petite bande de mulatres qui ecrient dessus ! Tchiiiip.

LN


Sa ki "nous" ? Man pa adan, man pa jamin entré adan makakri ta la, é si ou wè moin an jou adan ou pé sètin ke sé pa mwin ou wè !

Et puis tu as oublié les complexés-mégalos-sortis-de-je-ne-sais-où qui sursaturent les médias de toutes sortes... Bref !

Ceci étant, si je devais aller vivre en Afrique, c'est vraiment vers ces contrées qui se dépeuplent de noirs que j'irai. Je pense notamment aux hectares de terre sur lesquels pleins d'investisseurs zieutent certainement déjà pour des projets d'hôtels de luxe avec safari, etc. La terre est une valeur sûre...

Polyandre
StéphaneDIDIER   | Registered | 15-04-2008 20:59:33
Il faut vraiment mal connaitre l'Afrique et les Africains pour avoir en vie d'aller vivre chez eux. Ou vouloir régler sur leur dos nos problemes d'identité en croyant que eux en sont exempts.

Il y aurait quand meme une solution : on s'attribue un morceau d'Afrique, on vire les indigènes et on met en valeur. Ce qu'on se sait pas faire chez nous on le fait chez eux.
lanoiraude - re:   | Registered | 15-04-2008 22:54:23
le fils du beke en personne a écrit:
stop à la bêtise humaine!!

la musique qui sert si bien ce film est celle de François Fillon, musicien français , bien blanc.......heureusement qu eles musiciens généralement n'ont pas le même mode de pensée racialiste que la population


Des qu'il s'agit de complimenter le blanc , c'est Jarry qui s'y colle !
JAMAIS on a entendu ce type critiquer un blanc sur ce forum.
Par contre les Noirs...Aaaahhh les Noirs ! Ils ont bon dos ces negres , hein Jarry ? Car il n'y a que la critique qui est bonne pour eux !
En plus , cerise sur le gateau , on a droit a une de ses nouvelles decouvertes : quand on est musicien on ne peut pas etre raciste !

Pathetique vieux con va.


LN
jarry privilèj   | Registered | 16-04-2008 13:46:44
connasse,
C'est simplement pour montrer que l'auteur du film ne s'est pas embarrassé avec vos considérations imbéciles basées sur la couleur, la race, l'origine......

donc ton post précédent n'a fait que confirmer, si c'était encore nécessaire que tu es bien une conne
Albert Ayler - Pas François : Dominique   | Registered | 16-04-2008 17:08:49
Il ne s'agit pas de François Fillon mais de Dominique, son frère. Oui un autre Fillon est possible... Au fait, c'est quoi le film ?
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Dernière mise à jour : ( 15-04-2008 )
 
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