Diffusée vendredi à 21H00 sur Arte, "Sexe, gombo et beurre salé", de Mahamat-Saleh Haroun, est une jolie comédie mêlant intrigue sentimentale et démêlés familiaux, avec des comédiens d'origine africaine qui tiennent rarement les premiers rôles, au petit comme au grand écran. Infirmière à l'hôpital de Bordeaux, mariée et mère de deux enfants, Hortense (Mata Gabin), une belle femme de 45 ans d'origine ivoirienne, tombe amoureuse de Jean-Paul (Manuel Blanc), un ostréiculteur - "toubab", surnom des Blancs en Afrique - du bassin d'Arcachon. Pétri de réflexes machistes inculqués par une éducation traditionnelle, mais aussi sincèrement attaché à sa femme, Malik (Marius Yelolo), le mari d'Hortense et son aîné de 20 ans, oscille alors entre l'incompréhension, la colère et un abattement proche du désespoir. Resté seul avec ses deux plus jeunes fils, Malik découvre l'univers étranger des tâches domestiques, la sollicitude inespérée d'une voisine, ou encore - comble du déshonneur ! - l'homosexualité de son fils aîné, Dani (Diouc Koma). Dépassé par cette cascade d'évènements,
il reçoit l'aide de Tatie Afoué (Marie-Philomène Nga), sa belle-soeur venue tout exprès d'Abidjan, et ouvre sa porte à une jeune femme sans toit, prénommée Amina (Aïssa Maïga). Réalisé par le cinéaste tchadien Mahamat-Saleh Haroun, qui a longtemps vécu à Bordeaux mais tournait pour la première fois en France, "Sexe, gombo et beurre salé" célèbre avec une joyeuse liberté le sexe, la cuisine et la découverte de l'Autre. Bien écrit, finement dialogué et à mille lieues des stéréotypes qui plombent la majorité des fictions mettant en scène des personnages noirs, ce téléfilm renverse, avec délicatesse et humour, un certain nombre de clichés. Ainsi, lorsqu'Hortense préfère un "Toubab" à son mari, Tatie Afoué lance-t-elle: "Ca ne m'étonne pas, elle a toujours aimé l'exotisme !". A l'inverse, Malik moque le vibrant désir d'intégration de son ami "Abdu" qui, sitôt sa nationalité française arrivée, se rebaptise "Ludovic". Mahamat-Saleh Haroun, qui a remporté le Prix spécial du jury au Festival de Venise 2006 avec son film "Daratt", se désole de la difficulté des comédiens noirs à travailler en France. "Un siècle après la naissance du cinéma dans ce pays, on ne peut toujours pas faire financer un film, sur le nom d'un comédien noir !", dit-il à l'AFP. "Les talents sont là, mais on ne leur donne pas la possibilité de se frotter au box-office. Pour une Aïssa Maïga qui travaille, combien sont marginalisés ?" Sexe, gombo et beurre salé (Le 18/07/08 à 21:00) sur Arte, Sexe, gombo et beurre salé (Le 22/07/08 à 01:25) sur Arte
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