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Anne-Marie Le Pourhiet : la discrimination positive marque le « retour au droit des orangs-outans » Version imprimable
12-10-2005
Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l'Université Rennes-I, se livre dans cet entretien à l'Observatoire du communautarisme à une dénonciation en règle des principes de la discrimination positive et du règne du politiquement correct qui pèse chaque jour davantage sur le débat public. Rappel des principes républicains élémentaires, défense de l'assimilation comme modèle historique, du droit à la distinction et au jugement et critique de l'indifférenciation postmoderne : un entretien tonitruant et décapant ! Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l'Université Rennes-I, se livre dans cet entretien à l'Observatoire du communautarisme à une dénonciation en règle des principes de la discrimination positive et du règne du politiquement correct qui pèse chaque jour davantage sur le débat public. Rappel des principes républicains élémentaires, défense de l'assimilation comme modèle historique, du droit à la distinction et au jugement et critique de l'indifférenciation postmoderne : un entretien tonitruant et décapant ! Observatoire du communautarisme : Quels sont les principes de la discrimination positive ? Anne-Marie Le Pourhiet : Le terme de discrimination lui-même est aujourd'hui tellement galvaudé qu'on ne sait plus du tout de quoi l'on parle. Il paraît donc nécessaire de « déconstruire » un peu notre sujet. Le mot « discriminer » n'a a priori aucun sens péjoratif ou répréhensible puisqu'il désigne simplement le fait de distinguer, séparer, sélectionner ou discerner et vous m'accorderez qu'il est en principe tout à fait louable de savoir distinguer les êtres, les choses, les caractères ou les oeuvres. Il est rassurant de jouir de ses « facultés de discernement » et c'est le contraire qui est jugé inquiétant par le corps médical. Savoir distinguer un homme courageux d'un lâche, un homme vertueux d'un fainéant, un savant d'un ignorant, le permis de l'interdit ou encore un chef d'oeuvre d'un barbouillage est traditionnellement une qualité. Il se trouve cependant que par un glissement sémantique dont on ignore l'origine mais qui est peut-être lié au goût postmoderne pour l'indifférenciation, le terme de discrimination a acquis une signification essentiellement péjorative désignant des distinctions arbitraires et mal fondées. Dès lors, une discrimination devient une sélection négative préjudiciable à celui qui la subit au point d'être moralement et/ou juridiquement condamnée. C'est ce qui résulte clairement de la politique dite de « lutte contre les discriminations ». On n'affirme pas haut et fort vouloir lutter contre de bonnes actions. En conséquence, parler de discrimination positive n'a a priori pas de sens puisque cela revient à reconnaître un caractère positif à ce contre quoi on prétend lutter y compris pénalement ! Il faut donc être cohérent : si la discrimination c'est le mal, alors toutes les discriminations sont mauvaises, sans exception. La vérité est cependant plus complexe car elle est essentiellement idéologique. Tout d'abord, il n'est plus certain que la capacité de discernement soit encore perçue comme une qualité dans nos sociétés. Distinguer une tenue de sport d'une tenue de classe et s'étonner qu'une élève vienne au collège en jogging constitue désormais une « humiliation », de même que rendre les copies par ordre de notes décroissantes (Le Monde, 14 septembre 2005) ; qualifier un certain art contemporain d'« excrémentiel » est un scandale ; distinguer les sexes et les âges est pénalement répréhensible tandis que différencier l'enfant légitime de l'enfant adultérin est civilement inacceptable ; donner une dictée ou une dissertation à faire à des élèves ou candidats est un « mode de reproduction des inégalités sociales » ; vouloir sélectionner à l?entrée des Universités est une faute politique impardonnable. De façon plus générale, sélectionner, préférer, hiérarchiser ou tout simplement juger est devenu révélateur d'une « phobie » c'est-à-dire d?une maladie mentale à soigner d'urgence par les moyens idoines. Dans ces conditions, le terme de discrimination est évidemment voué à un usage illimité et la « Haute Autorité » en charge de la lutte contre cette infamie à un fabuleux destin de Big Brother. L'« apparence physique » étant récemment devenue un motif de discrimination sanctionné par le droit français on se demande comment les agences de mannequins et le concours de Miss France sont encore tolérés. Il est donc désormais interdit de discriminer sauf ... quand il s?agit d'attribuer des privilèges à ceux qui ont la chance d?appartenir au club très prisé des « dominés ». Femmes, handicapés, « issus de l'immigration africaine et maghrébine », homo-bi-trans-sexuels, originaires de régions « à identité forte », etc. ont le droit de bénéficier d'avantages refusés aux hommes mâles, blancs, valides, hétérosexuels et originaires de régions hexagonales à l' identité faible. Voilà très exactement ce qu'est une discrimination « positive » : un passe-droit reconnu aux membres de catégories ethnico-culturelles ou sexuelles ayant réussi à se forger un statut de victimes d'une domination perpétrée par une catégorie de bourreaux qui ne sera donc pas fondée à s'en plaindre. Préférer une femme à un homme n'est pas répréhensible, c'est, au contraire une discrimination « positive » fortement encouragée. Préférer recruter un chômeur français qu'un étranger est révélateur d'une « xénophobie populiste » mais réserver les emplois et professions des collectivités d'Outre-mer aux autochtones est une judicieuse prise en compte de la « situation de l'emploi local ». La « Haute Autorité » précitée devrait plutôt s?intituler de « lutte contre certaines discriminations seulement ». Mais le terme de discrimination positive est un oxymore si flagrant et révélateur de l'imposture intellectuelle qu'il désigne que les promoteurs de cette politique de passe-droit le laissent aujourd'hui au placard pour lui préférer une terminologie plus neutre et moins voyante du type « promotion de l'égalité des chances » ou « diversité ». Il existe aussi une autre forme de camouflage terminologique qui consiste à utiliser, au contraire, la notion de discrimination positive tous azimuts pour tenter de la banaliser en la neutralisant. C'est ce qu'a tenté de faire Eric Keslassy dans son livre consacré aux discriminations positives. On prétendra alors voir des discriminations positives dans la moindre subvention aux agriculteurs, prime à la délocalisation d'entreprise ou à l'emploi dans les zones rurales. Une dispense de concours d'entrée dans une grande école pour les candidats à la peau basanée sera ainsi mise sur le même plan que l'adoption d'une mesure fiscale d'aménagement du territoire ? anodine et inoffensive donc. La stratégie consiste à feindre de confondre discrimination positive et politique publique prioritaire. Dans ces conditions la loi de finances de l'année n'est plus qu'une collection de discriminations positives et on réussit ainsi à « noyer le poison ». Personnellement, je ne considère pas la politique des zones d'éducation prioritaires comme une discrimination, c'est une priorité scolaire comme tant d'autres. Quand il faut rénover cinquante lycées il faut bien hiérarchiser les urgences et commencer par les plus abîmés. Un instituteur qui s'attarde à l'école pour aider à faire ses devoirs un élève qui a de mauvaises conditions de travail chez lui ne pratique pas une discrimination, en revanche s'il s'amuse à le dispenser d'épreuve ou à lui remonter ses notes il trahit l'esprit républicain et renie son métier. C'est toute la différence entre le système de l'ESSEC et celui de Sciences-Po : le premier aide à affronter l'obstacle alors que le second l'enlève, le premier respecte la règle du jeu méritocratique le second la bafoue, il triche. La raison pour laquelle la vraie discrimination positive, celle qui déroge à la règle, est si sulfureuse c'est qu'elle transgresse précisément nos grands interdits républicains, philosophiques et juridiques. OC : En quoi sont-ils opposés aux principes de la République française ? AMLP : Dans notre pays où la Révolution a substitué le droit écrit à la coutume et donc l'autodétermination à la tradition, les principes de la République ne sortent pas de l'air du temps mais de textes explicites auxquels il suffit de se référer pour comprendre en quoi la discrimination positive est en totale contradiction avec ces valeurs. Je constate souvent que pas un seul de nos dirigeants n'est capable de citer un article de la Déclaration de 1789 ou de la Constitution de 1958 et qu'en particulier, le Président de la République, pourtant garant de notre texte fondamental, semble ignorer copieusement son contenu. Lisons-le. « Les hommes naissent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune » (article 1er de la Déclaration de 1789), « La loi doit être la même pour tous, soit qu'elle protège soit qu'elle punisse. Tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents » (article 6). « Tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance possède des droits inaliénables et sacrés » (préambule de la Constitution de 1946, alinéa 1), « La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme » (alinéa 3). La France « assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion » (préambule de la Constitution de 1958). Tous ces textes ont pleine valeur constitutionnelle et sont d'une parfaite clarté : ils proclament l'égalité de droit, elle-même consubstantielle à la liberté, mais aucunement une égalité de fait. C'est Marx qui a précisément critiqué le caractère formel des libertés révolutionnaires en les qualifiant de libertés bourgeoises que seules les nantis auraient les moyens d'exercer. Mais il s'inscrivait ouvertement dans une remise en cause radicale de ces conceptions. Or on constate aujourd'hui que de nombreux hommes politiques, militants ou « sociologues » en arrivent à revendiquer une rupture de l'égalité juridique et une remise en cause de ces principes explicites en invoquant pourtant les valeurs de la République, c'est un comble ! On convie la République à sa répudiation, quelle imposture ! Lorsque le Conseil constitutionnel explique, en 1982 et en 1999, que « ces principes constitutionnels s'opposent à toute division par catégories des électeurs ou des éligibles » et qu'il invalide en conséquence les quotas par sexe ou la parité dans les élections, il applique à la lettre et dans son esprit la philosophie juridique de la République française. En contournant cette jurisprudence pour pouvoir imposer la parité, le pouvoir politique a donc délibérément écarté les valeurs de la République et introduit une contradiction fondamentale au sein du texte constitutionnel. De même, en consacrant une « préférence autochtone » en matière d'accès aux emplois et professions et même à la propriété foncière en Nouvelle-Calédonie puis dans toutes les collectivités d'Outre-mer régies par le nouvel article 74 de la Constitution la droite et la gauche françaises confondues ont renié l'article 1er qui interdit les distinctions entre citoyens français fondées sur la race ou l'origine. Lorsque Monsieur Baroin ose citer l'Outre-mer comme modèle de non-discrimination (Le Figaro du 12 juillet 2005) il oublie les « horreurs constitutionnelles » qui ont été commises sous l'égide de son ministère et feint d'ignorer que les collectivités qui relèvent de sa responsabilité baignent entièrement, comme la Corse, dans la discrimination « positive » c'est-à-dire les privilèges systématiques, de fait ou de droit, avec les résultats finaux (désastreux) que l'on sait. Le même ministre ne propose t-il pas d'introduire une nouvelle discrimination ultra-marine dans le droit de la nationalité ? OC : Que penser du débat autour des « statistiques ethniques », c'est-à-dire la mise en place d?indicateurs statistiques triant la population en ethnies ? Que vous inspirent les récentes déclarations d?Azouz Begag : « Il faut inoculer dans le corps social le virus de l?origine pour se débarrasser de l?origine dans le corps social. J?utilise en quelque sorte la méthode Pasteur » ? AMLP : Il faut bien comprendre ce qu?on est en train de faire et pourquoi on le fait. Si je me mets, comme Renaud Camus, à compter le nombre de journalistes juifs à France-Culture c?est parce que je m?apprête évidemment à juger qu?il y en a « trop » à partir d?un critère standard qu?il me faudra bien expliciter. Que veut dire « trop » ou « pas assez de » ? Si le gouvernement et le patronat demandent à la CNIL l?autorisation de recenser les origines ethniques ou nationales des salariés c?est bien pour que ce comptage débouche sur une appréciation de type « trop » ou « pas assez de » d?inspiration proportionnelle. Et où cela nous mène t-il directement ? A des quotas, bien entendu, même si le mot est pudiquement caché et si l?on se garde bien d?afficher publiquement les standards numériques retenus. L?IEP de Paris n?a sans doute pas fixé à l?avance un pourcentage officiel de Beurs ou de Noirs à recruter chaque année, il n?en demeure pas moins que l?objectif est bien, pour parler comme Fernand Raynaud, d?en faire entrer « un certain nombre ». On introduit bien le poison de l?ethnicité dans les critères de recrutement et de promotion. Or ce critère est foncièrement injuste et pervers. Alors que le concours et le mérite provoquent une concurrence et une compétition stimulante entre les individus, l?introduction d?un critère ethnique ne peut que provoquer des rivalités inter-ethniques et un permanent sentiment de frustration et d?injustice. C?est une erreur politique et psychologique colossale. Ayant plusieurs fois lu et entendu Monsieur Azouz Begag avant sa nomination je ne peux m?empêcher de penser que celle-ci constitue elle-même une discrimination positive car la vacuité et la médiocrité de ses idées ou propos ne le destinaient certainement pas objectivement à une carrière ministérielle. Quand il ne compare pas la France à une voiture il se prend lui-même pour Pasteur en confondant cependant les microbes et les virus, c?est lourd et c?est irresponsable. Les déclarations de Dominique de Villepin sur sa prétendue hostilité aux discriminations positives alors qu?il nomme monsieur Begag ministre délégué auprès de lui-même c'est-à-dire chargé d?agir et parler pour le compte et sous la responsabilité de Matignon sont d?une incroyable hypocrisie, on baigne dans le mensonge public le plus effronté et on prend les Français pour des imbéciles. C?est bien M. Begag qui affirmait que « la police nationale a besoin de recruter des jeunes issus de l?immigration magrébine et africaine » (mesure effectivement adoptée sous le nom trompeur de « cadets de la République ») et proposait d?imposer une présence systématique de policiers issus de l?immigration dans les jurys ainsi que d?abandonner des épreuves « trop culturellement marquées » ! Tout cela commence à sentir sérieusement le népotisme. C?est aussi ce que proposent certains syndicats étudiants d?obédience musulmane : il faudrait « adapter » les modalités d?examens et de notation universitaires aux différences culturelles ! On va finir en république bananière ! On constate cependant, depuis très peu de temps, une tendance à rendre publiques un certain nombre d?informations jusque là occultées. Le journal Le Monde se met à révéler l?existence de réseaux puissants et structurés de personnalités « issues de l?immigration » dont le lobbying (Club du XXIème siècle, Club Averroès, notamment) est à l?origine desdites revendications et qui démontrent de façon éclatante la fausseté des affirmations selon lesquelles les « minorités visibles » seraient absentes des lieux de pouvoir (« L?« élite beurre » mène le débat sur les minorités ? hors des partis », Le Monde, 20-21 février 2005). Ces clichés victimaires sont, en effet, totalement faux et la liste est longue des personnes très influentes qui effectuent un lobbying efficace en faveur des discriminations positives rebaptisées « diversité ». De même, plusieurs rapports récents remettent en cause les préjugés généralement colportés sur l?échec scolaire des enfants d?immigrés. A force de concentrer l?attention médiatique et politique sur les « sauvageons » des mauvais quartiers on a fini par occulter la réussite tout à fait répandue de très nombreux Beurs et Noirs. J?ai moi-même distribué d?excellentes notes d?oral à un très fort pourcentage d?étudiants issus de l?immigration qui ont fait ensuite de belles carrières. Bien entendu, ces étudiants sont parfaitement assimilés, s?expriment dans un français impeccable et ont une culture et une tenue correctes, on n?imagine pas que des individus incultes au vocabulaire limité à moins de cent mots et déboulant au collège en jogging à capuche en injuriant des professeurs vont pouvoir rentrer à l?ENA ! Un chasseur de têtes africain expliquait récemment dans la presse qu?il recrute en France des diplômés d?origine africaine pour essayer de les faire revenir au pays, c?est donc bien que cette élite existe (Le Monde, 16 septembre 2005). Quant aux Antillais - dont je ne parviens pas à comprendre pourquoi ils veulent s?assimiler aux immigrés alors qu?ils sont Français depuis plus longtemps que les Corses et les Savoyards - cela fait longtemps que les « hussards » de la République en ont fait des avocats, des procureurs, des professeurs, des énarques, des médecins etc.? Un ancien député martiniquais se plaît à affirmer que son île est la région de France où il y a le plus d?intellectuels au mètre carré ? ce qui n?est d?ailleurs pas forcément un gage de bonne santé économique. OC : Quel bilan peut être fait des politiques de discrimination positive aux Etats-Unis ? AMLP : Votre question présuppose déjà que le but de l?Affirmative Action est en soi légitime et qu?il suffit de vérifier s?il a été atteint ou non. Or précisément, on peut être tout à fait colour ou sex blind et se moquer du point de savoir s?il y a ou non des Noirs ou des femmes dans telle profession ou assemblée politique. Je ne serais pas du tout gênée s?il n?y avait aucune femme à l?Assemblée Nationale car je me moque du sexe des députés comme de celui des anges d?autant que les interventions et travaux des parlementaires féminins ne sont guère brillants et que la parité n?apporte évidemment et absolument rien au regard de l?intérêt public. Je suis un jour tombée des nues en entendant un de mes étudiants martiniquais me faire remarquer qu?il y avait deux professeurs juifs dans un jury de thèse que j?avais composé ? je ne m?en étais pas aperçue et j?ai trouvé cette remarque obscène. Je dois sans doute être « ethnophobe » et le simple constat qu?il y a ou qu?il n?y a pas de Noirs, d?Arabes, de Juifs ou de Bretons dans un endroit me choque profondément, je trouve cela vulgaire et déplacé. Ernest Renan appelait cette comptabilité de la « zoologie » et y voyait un « retour au droit des orangs-outans », je partage tout à fait son analyse. Je suis trop individualiste et libre pour pouvoir raisonner en termes de groupe et ne comprends pas qu?on puisse accepter d?être rangé dans un troupeau. Le bilan de l?AA aux USA est évidemment impossible à faire sérieusement puisque son évaluation véritable supposerait qu?on puisse savoir où en serait aujourd?hui l?Amérique sans cette politique. Autant dire qu?on ne pourra jamais vraiment juger. Il y a de toute évidence en Amérique beaucoup de Noirs qui ont parfaitement réussi naturellement, sans le secours de l?AA (Condoleezza Rice et le maire de la Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, par exemple). Il est coutumier de dire que l?AA a permis l?émergence d?une moyenne bourgeoisie noire mais il est difficile d?affirmer que celle-ci n?aurait pas existé sans cette politique. Je suis personnellement tellement habituée à côtoyer une grande et moyenne bourgeoisie antillaise, pur produit de l?élitisme républicain, que j?ai peine à imaginer que des progrès similaires ne se sont pas aussi faits spontanément aux USA. Pour ce qui est du domaine que je connais, c'est-à-dire l?Université, il faut bien admettre que les quotas ayant évidemment conduit à recruter au moindre mérite ont surtout débouché sur la spécialisation des Noirs dans les voies de garage des black studies. Les sciences sociales sont le réceptacle privilégié des étudiants moyens ou faibles qui n?ont pas le niveau pré-requis pour les disciplines littéraires ou scientifiques. Lorsqu?on n?est pas recruté sur les mêmes critères d?exigence que les autres on n?arrive pas non plus à suivre le même cursus. On n?entre pas par effraction dans l?élite scientifique. Ceci s?observe évidemment aussi en France où les écoles Centrale et Polytechnique ne pourraient pas s?offrir un gadget de type Sciences-Po, on ne triche pas avec la science et ce qui est possible dans une école de pouvoir ne l?est pas forcément dans un lieu de savoir. On peut dispenser de dissertation dans une école de « tchatche », on ne peut pas dispenser de résoudre une équation dans une école d?ingénieurs. Si l?on pratiquait des discriminations positives à l?Ecole nationale d?aviation civile je ne monterais plus dans un avion ! OC : Vous avez vécu aux Antilles : quelle est votre expérience des politiques de DP là-bas ? AMLP : Il n?y a pas officiellement de politique de discrimination positive dans les DOM puisque, contrairement aux collectivités de l?article 74 (ex-TOM), ils sont soumis au principe de l?assimilation juridique simplement « adaptée ». Il y a néanmoins des méthodes de recrutement qui aboutissent de facto à une préférence autochtone : par exemple si on déconcentre le recrutement de certains fonctionnaires territoriaux en organisant les concours sur place, il est évident que des candidats métropolitains ne vont pas faire le voyage et que ce système privilégie partout, mais surtout dans les collectivités insulaires, le recrutement local. Mais on trouve cependant aux Antilles et en Guyane, à la différence de la Réunion où ne sévit pas cette mentalité, le même comportement « nationaliste » qu?en Corse qui aboutit à une discrimination positive de fait dans tous les domaines. Du point de vue économique, on connaît d?abord les privilèges fiscaux, sociaux et salariaux délirants aux effets pervers inouïs mais qu?on ne parvient pas à supprimer puisqu?ils sont considérés comme des « droits acquis » intouchables par des syndicats qui se disent indépendantistes mais dont le comportement infantile plombe l?économie de leur région et l?enfonce définitivement dans la dépendance. On retrouve la même spirale qu?en Corse, dans le Mezzogiorno italien et, maintenant aussi, dans les länder d?Allemagne de l?Est qui vivent sous perfusion et dont la population s?aigrit d?un système de transfert censé lui profiter mais qui l?installe durablement dans l?assistanat et le ressentiment. Du point de vue ethnique la « préférence nationale » est également revendiquée aux Antilles et en Guyane et le « modèle » calédonien a fait des envieux. En tout état de cause la racialisation des rapports sociaux et professionnels est omniprésente et délibérément entretenue car elle permet des chantages efficaces. En métropole des militants antillais se plaignent des « écrans pâles » mais en Martinique, le personnel de RFO n?hésite pas à se mettre en grève pour protester contre la nomination d?un directeur blanc. La vulgate habituelle consiste à dénoncer le fait que les magistrats et les hauts fonctionnaires de l?Etat sont majoritairement métropolitains en faisant semblant d?imputer cela à la « persistance d?une situation coloniale » alors qu?il s?agit évidemment des conséquences quantitatives d?une simple logique minoritaire. Dès lors que le personnel de direction de l?administration d?Etat est recruté par concours nationaux et que la mobilité est une condition essentielle de l?impartialité et de la qualité du service, il est inévitable que les préfets, recteurs et directeurs de services soient essentiellement métropolitains. Cela résulte du caractère unitaire de l?Etat français et n?a rien à voir avec le colonialisme. J?ajoute que bon nombre de hauts fonctionnaires et magistrats antillo-guyanais ne souhaitent nullement être affectés dans leur région d?origine par crainte des pressions du milieu local mais aussi par préférence pour l?horizon et l?esprit continentaux plus larges. Dans l?enseignement supérieur la préférence raciale joue depuis longtemps dans le recrutement et la promotion des enseignants-chercheurs et le résultat est regrettable. Alors que l?université de la Réunion s?en sort plutôt bien grâce à un esprit d?ouverture, l?université des Antilles et de la Guyane a raté ses ambitions. Par exemple, le président de l?université de la Réunion peut parfaitement être métropolitain alors que c?est impensable aux Antilles où on préférera avoir comme doyen de faculté un assistant « local » non docteur à la légitimité scientifique absolument nulle plutôt que d?avoir un doyen blanc aux titres reconnus. Pour le contingent local de promotion des maîtres de conférences et des professeurs, on assiste parfois à des situations ubuesques : sera promu un professeur « local » non agrégé dont les publications se résument à quelques articles sans intérêt dans une revue locale ou même dans France-Antilles tandis qu?un professeur agrégé métropolitain au CV exemplaire devra renoncer ? Cela n?a heureusement pas de conséquence personnelle grave dans la mesure ou la majorité des promotions est bien assurée au niveau national mais cela discrédite totalement l?établissement ainsi voué à végéter scientifiquement. J?ai vu le conseil d?administration de l?Université refuser d?entériner le recrutement d?un très bon maître de conférences métropolitain pour réserver le poste à la promotion ultérieure d?un candidat local dont aucune université métropolitaine n?aurait voulu. L?« antillanisation » du corps enseignant est désormais ouvertement prêchée par certains de mes anciens collègues. Le problème est que lorsqu?une institution commence à faire passer le mérite au second plan elle recrute des médiocres qui ne supportent pas, ensuite, de voir arriver des meilleurs de telle sorte que le pli s?installe durablement et qu?on ne peut plus remonter la pente. Même entre deux candidats locaux on préférera, au bout du compte, choisir le moins bon pour qu?il ne fasse pas d?ombre et la rivalité devient plus aiguë encore à l?intérieur même du milieu local. Quand le mérite s?efface, il ne reste plus que l?arbitraire et la « tête du client » c?est à dire la loi de la jungle et le ridicule. Les spécialistes de sciences des organisations analysent très bien ces phénomènes psychologiques à l??uvre dans les ressources humaines et devraient s?emparer davantage de l?audit des discriminations positives. Le problème est que le sujet est tabou et que personne n?ose vraiment l?affronter. On parle aussi souvent du racisme des Corses à l?égard des continentaux et des maghrébins mais on retrouve le même aux Antilles à l?égard des Métropolitains, des Haïtiens ou des Saint-Luciens et je ne parle pas de la campagne antisémite effroyable qui s?est développée il y a quelques années dans un journal martiniquais auquel collaborent les principaux apôtres de la « créolité ». La « concurrence des victimes » sévit partout. OC : quelles sont les forces politiques qui poussent à l?adoption de politiques de DP ? Pourquoi ? AMLP : Bonne question à laquelle je n?ai malheureusement pas de réponse. Là aussi il faut approfondir l?analyse pour essayer de comprendre. On voit bien quels sont les lobbies à l??uvre dans cette affaire, les associations et réseaux divers et variés de minorités défendant leur part de gâteau. Ce qui est plus difficilement explicable c?est le positionnement politique sur cette question. Globalement, je pense que l?état de faiblesse de nos dirigeants de tous bords et surtout leur clientélisme éhonté les empêche de dire « non » à quelque revendication que ce soit y compris la plus immorale et la plus nocive pour la société. Depuis une décennie, hormis la loi sur le voile, nous n?avons pas vu une seule décision politique de refus : c?est toujours « oui ». Qu?un gouvernement censé appartenir à la droite libérale ait pu faire adopter une loi liberticide, digne des soviets, sur la répression des propos sexistes et homophobes malgré l?avis négatif de la Commission nationale consultative des droits de l?homme est proprement ahurissant. La vénalité et la couardise de notre classe politique défient l?entendement. La gauche nous a habitués à préférer l?égalité réelle à la liberté, c?est l?essence du marxisme et on ne s?étonne donc pas trop de sa conversion aux discriminations positives. Mais à droite je ne comprends pas. On veut m?expliquer que le libéralisme et le communautarisme vont de pair mais je ne parviens pas à saisir le lien logique qui les unirait. Quoi de plus anti-libéral que la sanction des discriminations dites « indirectes », les CV anonymes et l?obligation de recruter des membres des minorités ? Tout est autoritaire voire totalitaire là dedans. J?avoue que ce que Pierre Méhaignerie peut trouver aux discriminations positives m?échappe complètement. Quant à la prétendue opposition entre messieurs de Villepin et Sarkozy sur cette question elle et évidemment totalement factice et Azouz Begag est là pour le démontrer quotidiennement. Jacques Chirac s?était offusqué à Nouméa de ce que les fiches de recensement comporte la mention de l?origine ethnique alors que c?est lui qui a promulgué les lois constitutionnelle et organique qui consacrent l?ethnicisation juridique du « caillou », et que c?est encore lui qui a étendu cette préférence autochtone aux autres collectivités d?Outre-mer à la demande de son ami Gaston Flosse. Il a aussi commencé par juger que ce n?était pas « convenable » de chercher un préfet musulman puis s?est quand même empressé d?en nommer un et il se fait maintenant le chantre de la fameuse « diversité » qui n?est évidemment que le faux nez de la discrimination positive. A vrai dire je ne suis pas certaine que le président de la République pense beaucoup. Il semble n?avoir aucune conviction réelle et lire des discours préparés par des collaborateurs dont la culture philosophique et juridique est inégale. Tout cela est consternant et je ne crois pas qu?il faille réellement chercher d?autres explications à ces choix que le clientélisme, la lâcheté et peut-être la bêtise. La seule chose réjouissante à observer est le parfait accord des républicains de gauche comme de droite sur la condamnation des discriminations positives. L?avenir leur donnera raison mais peut-être trop tard. OC : Face à la question des « discriminations » quel diagnostic et quelles politiques mener ? Quelles réflexions vous inspirent la question de la lutte contre les discriminations ? AMLP : Pour « diagnostiquer » des discriminations il faut d?abord s?entendre sur la définition de ce terme et s?accorder sur ce qui est juste et ce qui ne l?est pas. Constater qu?il y a peu de descendants d?immigrés maghrébins ou africains à Polytechnique ou peu de handicapés au barreau de Paris ou aucune femme sur les échafaudages des ravalements d?immeubles ou derrière les camions-poubelles ne permet pas forcément de crier à l?injustice et à la discrimination. Encore faut-il accepter d?examiner les choses avec bonne foi et réalisme au lieu de le faire avec du sectarisme idéologue et de l?opportunisme militant. Il est évidemment, naturellement et normalement plus difficile à des enfants d?immigrés de réussir rapidement dans la société d?accueil qu?à des nationaux de souche. Et plus la différence culturelle et économique avec cette société est grande, plus longue et difficile sera l?intégration. A fortiori si une idéologie multiculturaliste conseille aux migrants de ne pas s?assimiler et de cultiver leur différence, les chances d?intégration se réduisent et le risque de rejet et de ghettoïsation se développe. Prétendre contester ces évidences ou les combattre relève de l?angélisme ou de l?intégrisme. Avant de dénoncer la « panne » de l?ascenseur social regardons donc ce qu?on inflige à cet ascenseur : n?est-il pas trop ou mal chargé, auquel cas il est inévitable qu?il s?arrête ? Il n?est pas anormal pour un client de préférer être défendu par un avocat valide que par un handicapé, il n?est donc pas forcément discriminatoire pour un cabinet de tenir compte des exigences de la clientèle. Il n?est pas interdit aux femmes de bouder les métiers du bâtiment et leur absence des chantiers n?est donc pas forcément révélatrice d?une discrimination sournoise. J?ai entendu le président de la HALDE, Louis Schweitzer tenir dans l?émission « Les matins de France Culture » des propos parfaitement circulaires et vides de sens qui semblaient en lévitation au-dessus du réel et révélaient son incapacité à savoir exactement contre quoi l?institution qu?il préside est chargée de « lutter ». Cela n?a rien d?étonnant car le sujet des discriminations baigne dans le politiquement correct tel que le décrivent fort bien André Grjebine et Georges Zimra (1), c'est-à-dire « un discours hypnotique qui anesthésie l?esprit critique et qui s?impose comme une croyance ». On ne sait tout simplement plus de quoi on parle tant le slogan creux s?est substitué à l?argument. Nul ne répond d?abord à des questions de pure légitimité. Pourquoi, si l?on a un studio à louer ou un emploi à offrir, serait-ce « mal » de préférer le donner un citoyen français qu?à un étranger et pourquoi serait-ce au contraire « bien » de faire le choix inverse ? Pourquoi inscrit-on dans la Constitution de la République la préférence locale de type ethnique dans les collectivités d?outre-mer et pourquoi la simple préférence nationale, juridique et non ethnique, au niveau de la France entière est-elle condamnée pour xénophobie ? L?existence même de l?Etat n?implique t-elle pas, par définition, une solidarité et une priorité nationales ? Pourquoi le Premier ministre peut-il faire preuve de « patriotisme d?entreprise » pour s?opposer aux OPA d?actionnaires étrangers et pourquoi ne pourrait-on pas donner la priorité d?emploi aux demandeurs français ? Si un employeur préfère un candidat français blanc moins diplômé et expérimenté qu?un candidat français noir, il est certainement raciste et commet sans doute une grosse erreur managériale préjudiciable à son entreprise, mais à CV équivalent en quoi est-ce « mal » de préférer le Blanc et, au contraire, « bien » de préférer le Noir ? En quoi est-ce critiquable, pour un jeune créateur d?entreprise aux débuts difficiles, de préférer recruter un homme plutôt qu?une femme enceinte qui va devoir partir rapidement en congé ? En quoi est-ce condamnable de préférer mettre en contact avec le public un employé élégant au physique agréable plutôt qu?un handicapé ou un obèse ? En quoi est-ce répréhensible de ne guère apprécier la collaboration avec un homme maniéré et efféminé ? Faute de vouloir aborder ces questions toutes simples le législateur s?expose à l?incompréhension des citoyens qui ne parviennent plus à distinguer en quoi tel ou tel comportement qui leur paraît parfaitement légitime est cependant illégal. Le divorce entre les deux appréciations mènera au mieux au mépris de la loi, au pire au goulag. Il devient indispensable de crever la bulle politiquement correcte et de passer chaque questionnement au crible si on ne veut pas continuer à dire et faire n?importe quoi. La « concurrence des victimes » a débouché sur un nivellement et une indifférenciation entre les différentes revendications qui se traduit par une législation fourre-tout ou l?on mélange absolument tout : les Noirs et les homosexuels, les femmes et les handicapés, les Juifs et les obèses, la religion et l?âge, l?apparence physique et l?opinion, l?origine nationale et l?appartenance syndicale, les violences physiques et les plaisanteries verbales, etc? Les conséquences de cette disparition du jugement au profit d?une confusion mentale et morale généralisée peuvent être dramatiques. Un jeune Noir me disait récemment dans une réunion publique que la mauvaise indemnisation des Sénégalais engagés dans l?armée française était un « génocide » ! On utilise les mêmes notions pour désigner un massacre et une injustice matérielle ! Max Gallo s?est récemment fait traiter de « révisionniste » pour avoir osé dire qu?il ne savait pas si l?esclavage était un crime contre l?humanité. Examinons la question de plus près. Il n?a pas nié l?existence matérielle de l?esclavage en prétendant qu?il n?avait pas eu lieu mais a seulement exprimé un doute sur le bien-fondé de sa qualification politico-juridique, c'est-à-dire sur le point de savoir si on peut ou non le qualifier de crime contre l?humanité (au même titre que la Shoah, cela s?entend). Cette question est tout à fait légitime car la notion de crime contre l?humanité est évidemment politique et a été forgée en 1945 pour décrire une extermination physique moderne de telle sorte qu?utiliser le même terme pour désigner aussi une exploitation économique ancienne est évidemment très discutable au regard de la rigueur nécessaire aux catégories juridiques. Et ce que révèle ce refus de la hiérarchisation et cette tendance à la confusion conceptuelle c?est bien, au final, la non-discrimination généralisée. En somme, il est devenu juridiquement obligatoire d?être idiot et de ne plus rien savoir distinguer. Monsieur Schweitzer et sa HALDE pourraient ainsi se transformer bientôt en instrument totalitaire de lutte contre l?intelligence. OC : Le dernier concept à la mode est celui de « diversité ». S?oppose t-il celui d? « assimilation » qui semble être devenu un véritable tabou ? AMLP : J?ai déjà indiqué auparavant que la diversité est simplement devenue le faux nez de la discrimination positive. Ce terme n?a pas d?autre fonction que de camoufler la politique de passe-droit généralisé qui se met en place. Mais en lui-même, il ne signifie absolument rien, c?est un slogan débile. J?avais pu vérifier en 1996 aux Antilles, lors de l?anniversaire de la loi de départementalisation, combien le mot « assimilation » était curieusement devenu imprononçable. C?est un repoussoir absolu pour la doctrine multiculturaliste mais je constate cependant que ce terme est encore largement revendiqué à la Réunion ? autre mentalité. J?approuve personnellement le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République, qui aborde cette question de façon très décomplexée en utilisant délibérément le terme d?assimilation au lieu et place de celui d?intégration. Le journal Libération avait accusé Le Fabuleux destin d?Amélie Poulain de propagande frontiste au motif que le seul Arabe du film se prénommait Lucien ! Ce prénom « assimilé » semblait déplaire au journaliste pour lequel un « bon » Arabe est sans doute exclusivement celui qui s?appelle Mohammed ou Mustapha. Pour ma part, si ma fille faisait un jour sa vie en Italie je lui conseillerai vivement d?appeler ses enfants Massimo ou Umberto pour signifier leur appartenance à la nouvelle patrie, j?y vois une question d?hommage à la terre d?accueil et de respect pour celle-ci. Je crains que la nouvelle idéologie qui nous submerge nous apporte davantage « d?indigènes de la République » schizophrènes, pétris de bêtise et professionnels du ressentiment que de citoyens dignes de ce nom et bien dans leur peau. Je ne suis guère optimiste. --------------------------------- 1) « De la langue de bois au politiquement correct : un dialogue », Géopolitique n°89, 2005, « Le politiquement correct », p.53 D'Anne-Marie Le Pourhiet, lire : [l]« Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances » Par Anne-Marie Le Pourhiet, [l]A propos de l'essai « De la discrimination positive » d'Eric Keslassy [l]Droit à la différence et revendication égalitaire : les paradoxes du postmodernisme [l]Pour une analyse critique de la discrimination positive, article parue dans la revue Le Débat, n°114, mars-avril 2001 Lundi 10 Octobre 2005

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Commentaires
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anti-cretine   | Unregistered | 12-10-2005 09:56:00
ourangs-outans mis pour ???
Karl   | Unregistered | 12-10-2005 10:22:32
Ce texte d?Anne-Marie Le Pourhiet est pour le moins douteux. La suspicion est suscitée d?emblée par le titre de l?entretien, ?Le retour au droit des orangs-outans?, qui reprend une citation d?Ernest Renan, admirateur de Gobineau et théoricien du racisme français.
Je passerai sur les conditions qu?elle juge scandaleuses de recrutement des universitaires antillais de l?UAG, allégation tout simplement diffamatoire pour qui sait (comme Le Pourhiet qui est universitaire) que ces derniers, comme tous les universitaires de France, ne peuvent se présenter au concours que lorsqu?ils ont reçu ? au terme d?une procédure de qualification où des universitaires extérieurs nommés par le Ministère expertisent leurs travaux -, l?autorisation dudit Ministère de prétendre à ces emplois.
Plus intéressant est le procès qu?elle fait de la discrimination positive, en qui elle voit un processus rampant de corruption de la république. En substance, la mise en oeuvre avouée ou non de cette discrimination est une injure à l?esprit et à la lettre des lois républicaines, une concession à la médiocrité et au népotisme. La république bananière menace !
Ce discours n?est rien d?autre qu?une resucée, une glorification de l?esprit de la IIIe république, celle de l?assimilationisme et du colonialisme triomphants, dont l?incarnation raciste et arrogante fut justement Ernest Renan. En ce temps béni des colonies, les indigènes savaient rester à leur place, soumise et hors de France, et ne disputaient nullement aux petits blancs ?méritants? (dont Anne-Marie Le Pourhiet est l?archétype) leur part de soleil.
Cette crispation de petits blancs face aux revendications des Indigènes de la république, nourrit un discours passéiste et nostalgique, dont le texte de Le Pourhiet est un exemple. Sous couvert de défense du droit, de la constitution et de la méritocratie, il vise en fait à contenir la montée en puissance de groupes (les orangs-outans ?) qui sortent du cadre que leur a assigné la république et exigent désormais leur place à la table du pouvoir !

Alfred   | Unregistered | 12-10-2005 10:28:43
"Laisse parler les gens"...

A moins que tes poils ne soient roux et raides
fred972   | Unregistered | 12-10-2005 11:06:18
Karl : n'empêche qu'elle souligne fort justement les incohérences des politiques nationales et locales, notamment en termes de recrutement dans la fonction publique.
Et puis, que je sache, nous passons tous notre temps à discriminer: telle fille est plus jolie qu'une autre, donc on préfère la voir à la télé plutôt que l'autre ; tel mec à une belle gueule et une bitte hénooooooormeeeee donc ces dames lui courent après, etc.
Je me souviens d'un type qui était passé au JT pour montrer ses cicatrices acquises suite à l'explosion des gaz propulseurs d'un insecticide : il avait le visage complètement brûlé, avec deux trous à la place du nez et une peau digne d'un parchemin médiéval. Tu aimerais le voir comme présentateur du JT tous les soirs?
fred972   | Unregistered | 12-10-2005 11:23:21
Au fait, puisqu'on parle ici de crimes contre l'humanité, quid des goulags, tant russes que chinois, nord-coréens, cubains etc? C'était bien de la déportation assorties d'exécutions, que je sache!
Pourquoi donc les socialismes, communismes et autres collectivismes ne sont-ils pas interdits au même titre que le nazisme, pour cause de crime conttre l'humanité?
Mathieu   | Unregistered | 12-10-2005 12:00:16
Ce propos d'Anne-Marie Le Pourhiet, tout comme la loi révisionniste du 23 février 2005, est symptomatique d'une société française qui, incapable d'assumer les conséquences de son passé colonial, réagit par la dénégation.
S'il y a aujourd'hui en France des immigrés et fils d'immigrés qui revendiquent des droits, c'est la conséquence de la constitution jadis de l'empire colonial français. La discrimination positive est bien le minimum que la France doit payer pour sa prédation coloniale. Qui plus est quand on sait que cette revendication recouvre une exigeance de rupture d'avec la discrimination négative que subissent ces communautés.
Il serait souhaitable par ailleurs que les secteurs français les plus réactionnaires dont les Anne-Marie Le Pourhiet sont les portes-parole, comprennent une fois pour toute que la France et la république de grand-papa, c'est terminé !
La france est aujourd'hui un pays pluriethnique où tous les citoyens, y compris ceux issus de l'empire, on le droit de définir ou de redéfinir les contenus de la république. Il en va de l'équilibre d'un pays désormais divers, dont les minorités visibles ont droit à l'intégration.
Justine   | Unregistered | 12-10-2005 12:41:18
C'est quoi Fred ce soutien que tu apportes à ce suppôt du colonialisme ? Tu n'as pas compris que cette discrimination positive de fait, arrachée grâce à nos luttes syndicales et encore beaucoup trop mollement appliquée aux Antilles, nous protège de la caldochisation ? Crois-tu que les "conséquences quantitatives d?une simple logique minoritaire" que cette dame voudrait voir prévaloir partout te laisseraient la moindre chance d'avoir un boulot chez toi ?
Vive la discrimination positive ! Nous n'en faisons pas assez à ce niveau ! L'exemple corse doit nous stimuler. Les emplois à la Martinique doivent revenir prioritairement aux Martiniquais !
Cécile   | Unregistered | 12-10-2005 12:57:19
Anne Marie LePourhiet, tout le monde s'en souvient ? Elle était venu soutenir la campagne du Non au référendum du 7 décembre.
Jean-Marc   | Unregistered | 12-10-2005 13:02:42
Anne-Marie, chacun est maître chez soi, c'est une évidence de bon sens ! Il est donc normal qu'à l'université comme ailleurs, les Guadeloupéens et les Martiniquais définissent les modalités de recrutement de leurs collègues. Et si le critère ethnique est retenu, c'est bien, en ces temps de génocide par substitution, la moindre des choses.
Cette évidence de base ne doit pas pour autant dispenser les Français d'intégrer en France les ressortissants de leurs anciennes colonies, éventuellement au moyen d'une discrimination positive. Ce ne serait qu'une juste réparation pour les crimes coloniaux commis par la France et pour tout le profit qu'elle a tiré de l'exploitation de ces pays. Ce n'est donc pas, de ce point de vue, une faveur qu'ils réclament mais un dû.
fred972   | Unregistered | 12-10-2005 14:24:39
Justine : si par discrimination positive, tu entends "on regarde les CV, on sélectionne les meilleurs pour le poste (très important ça, pour le poste... une jolie fille vend plus qu'un mec môôôôôôche, par exemple) PUIS on donne la préférence à ceux des meilleurs qui sont femmes, black, beurs, handicapés etc", ok.
Mais si tu veux dire "on commence par virer ceux qui ne sont pas d'une minorité et ensuite on choisit les meilleurs pour le poste" je freine ABS CBC AFU ESP etc.
Ce serait le meilleur moyen d'apporter de l'eau au moulin des Le Pen et autres, en leur permettant de dire du nègre qui réussit que "c'est le quota" au lieu de dire "voilà quelqu'un de compétent".
Du coup, je souhaiterais bon courage à ceux qui cherchent à réussir non seulement ici mais aussi et surtout dans l'hexagone.
Là se situe le véritable danger de l'"affirmative action", l'encouragement à dénigrer les minorités.
K972   | Unregistered | 12-10-2005 22:11:06
Exposé intéressant mais pas très réaliste.

Certes, il nous confronte à certaines de nos contradictions mais il confond de façon assez lamentable le combat des antillais installés en France et celui des "département d'outre mer" qui cherchent aujourd'hui à s'émanciper pour sortir justement de cette situation de rente qui ne mène plus à rien.

Sur les discriminations positives, La France est tout a fait libre de continuer à tolérer que ses talents, ayant la peau un peu trop foncée, continuent à être sous utilisés. A un moment ou à un autre, il faudra bien qu'elle admette qu'elle se tire une balle dans le pieds. L'approche anglo-saxonne n'est pas parfaite mais elle a le mérite d'affronter ces questions. Powell et Rice ont en partie bénéficier cette fameuse discrimination positive. Il y a pourtant peu de gens aux US qui contestent leurs compétences. Pas la peine de chercher en France des ministres, des pdg de très grandes d'entreprises issues des minorités. il n'y en a pas !


Et puis, cette description affectueuse de l'assimilation réunionnaise m'a beaucoup attendri. Il faut quand même reconnaître que les performances économiques de la Réunion sont encore plus navrantes. Son taux de chômage, son taux de RMIste et sa dépendance vis à vis de l'extérieur sont encore plus alarmants. il va bien falloir que la Réunion protége, elle aussi, ses intérêts.
negsuba   | Unregistered | 13-10-2005 00:33:26
texte affligeant et plus raciste que ça tu meurs... le pire c'est que si l'on y prends pas garde elle pourrai nous embobiner avec ses mots...il y a plusieurs passage horriblement raciste mais parmi les plus fort j'ai noté que la discrimination positive ferait du blanc moyen une victime..... donc si on la comprend bien le systeme actuel qui fait de l'antillais moyen une victime lui convient parfaitement et qu'elle n'a pas envie d'en changer. comme on la comprend...
ou encore que :"Il y a néanmoins des méthodes de recrutement qui aboutissent de facto à une préférence autochtone : par exemple si on déconcentre le recrutement de certains fonctionnaires territoriaux en organisant les concours sur place, il est évident que des candidats métropolitains ne vont pas faire le voyage et que ce système privilégie partout, mais surtout dans les collectivités insulaires, le recrutement local."
ce qui valable dans un sens est aussi valable dans l'autre.mais ça elle oublie de le préciser. parce q'il est aussi évident que l'antillais aussi aura du mal a ce déplacer en métropole pour passer le concours local de metropole...
elle oublie de préciser que le comportement qu'elle décrit aux DOM est le memevoir pire en metropole pour le recrutement universitaire ou administratif... car bizarrement plus on monte dans les gradesplus les noirs ou les antillais deviennent incompetents (faute sans doute au zouk).....
enfin bref FRED972 ne te laissepas avoir pas ce discours aciste...... toute la these qu'elle avance repose sur du vent et de la manipulation....
Le Chevalier De Peshawar   | Unregistered | 13-10-2005 08:12:28
je constate que madame Anne-Marie n'as toujours pas changer sa façon de pense déjà quand elle etait ma prof en martinique (elle a exerce en 94 sur le campus) elle avait déjà une conception de la république bien arrête mais pas étonnant d'une dame de l'ump(sarkoziste)

elle oublie que si la france veux instaure la discrimination positive c'est parce que les francais ne respecte pas leurs fameux principe d'égalité ( « Tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance possède des droits inaliénables et sacrés » (préambule de la Constitution de 1946, alinéa 1), (alinéa 3). La France « assure l?égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d?origine, de race ou de religion » (préambule de la Constitution de 195.chose que la nation française ne fait pas d'où la nécessité d'avoir créer la Haute Autorité contre les discriminations qui quand elle nous saisi pour un acte de discrimination envers le antillais certain parquet ne donne jamais suite
alors madame anne mari si vous voulez pas de la discrimination faite applique les principes de votre pays en plus elle prend l'exemple des usa et la fait une connerie comme d'habitude parce que je tiens a lui rappelle que lorsque l'idee a été émise il fallait surtout pas recrée les dérives de ce pays ou pour respectez des cotas les noires ont toujours des postes de faire valoir la discrimination positive voulu en france voudrait mettre un certain cota de minorité dans des poste a responsabilité a diplôme égale

vous prenez l'exemple de Condoleezza Rice et le maire de la Nouvelle-Orléans en disant qu'il non pas bénéficier de l'AA pour obtenir leur situation la encore vous prenez les gens pour des cons parce que vous savez parfaitement qu'au usa cet discrimination positive existe depuis longtemps dans les universités ils ont l'obligation d'avoir un certain cota de minorité en plus de leur offrir une bourse d'étude et cela depuis les lois anti-discriminations et les deux personne que vous citez en ont bénéficier

vous dite " par exemple si on déconcentre le recrutement de certains fonctionnaires territoriaux en organisant les concours sur place, il est évident que des candidats métropolitains ne vont pas faire le voyage et que ce système privilégie partout, mais surtout dans les collectivités insulaires" je tiens a vous signalez que pendant des année nous dans les dom-tom nous avons eu a connaître cet discrimination parce que dite moi pour vous le faite de passe les écrit en martinique et devoir partir en france pour les oraux c'est pas une discrimination en devant payez un billet a près de 8000francs (le hasard faisais que les oraux ce passent toujours en periode rouge d'air-france) ou vous appelez comment le faite pour les étudiants des dom qui passe le concours des grande école chez eux doivent le faire parfois a 4heures du matin???

vous dite encore la la pire de votre connerie "savoir si on peut ou non le qualifier de crime contre l?humanité (au même titre que la Shoah, cela s?entend). de telle sorte qu?utiliser le même terme pour désigner aussi une exploitation économique ancienne est évidemment très discutable au regard de la rigueur nécessaire aux catégories juridiques"

alors sois vous n'êtes pas digne d'être prof de droit publique ou j'ai mal pris vos cours a l'époque parce que je vous signale la définition donnée en 1946 par le tribunal de nuremberg

L?article 6-C du statut du Tribunal militaire international de Nuremberg définit ainsi les crimes contre l?humanité : « L?assassinat, l?extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre ; ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu?ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du tribunal ou en liaison avec ce crime. »
repris par l?article 7 du Statut de Rome
L'article 7 définit onze actes constitutifs de crimes contre l'humanité, lorsqu?ils sont commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque » : meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement [?], torture, viol, esclavage sexuel [?], persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d?ordre racial, religieux [?], disparitions forcées de personnes, crime d?apartheid, autres actes inhumains [?].
et le fameux code de votre pays dispose
article 212.1 du nouveau code pénal que « la déportation, la réduction en esclavage ou la pratique massive et systématique d'exécutions sommaires, d'enlèvements de personnes suivis de leur disparition, de la torture ou d'actes inhumains, inspirées par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisées en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile sont punies de la réclusion criminelle à perpétuité ».

alors lorsque vous voulez considérez que ce qu'a subi les noires pendant des siècles n'était que exploitation économique sois vous n'avez rien comprit au différente définition sois pour vous le seule crime contre l'humanité ne dois concerne que les juifs et la vous méritez pas votre statut de prof de droit

ensuite vous reproche a ma fac d'avoir refuser d?entériner le recrutement d?un très bon maître de conférences métropolitain pour réserver le poste à la promotion ultérieure d?un candidat local dont aucune université métropolitaine n?aurait voulu alors dite moi combien d'incapable la france nous envoyait elle pour nous faire cour en payant une hotel 4 etoiles pour eux trouvez vous normal que ce sois un missionnaire que me fasse un cour d'histoire de la martinique et me sort que le code noire a été crée pour protéger les esclaves ou trouvez vous normal quand plein cour que prof s'amuse à faire l'apologie de la politique de chirac(vous)

pour finir anne-marie vous étés toujours un personnage avec vos idées sur les noires ils ne vont jamais changer et vous n'avez jamais digérée le faite que nous avons pas voulu de vous sur la fac de martinique et avons tout fait pour que vous partiez
fred972   | Unregistered | 13-10-2005 11:05:22
Ok chev', merci pour la
fred972   | Unregistered | 13-10-2005 11:07:49
Ok chev', merci pour la mise au point juridique. Reste que je suis pro-sarko, faute de mieux (Madelin, par exemple.)
Serge E   | Unregistered | 13-10-2005 18:41:17
Fred 972,

Tu es pro sarko, comme tu le l'affirmes haut et fort. Nous en reparlerons lorsque les tiens seront poursuivis pour nationalité douteuse. N'est-ce pas cet Hongrois qui insinue que le principe du droit du sol doit être modifié dans les départements dits ultra-périphériques? L'histoire se rappelle sinistrement à nous, c'est ainsi que certains juifs eurent le malheur de croire que les rafles ne se limiteraient qu'à d'autres moins bien lotis qu'eux. La suite, nous la connaissons tous.
En clair, le Karcher va commencer par les Africains, les NEGRES, à ne pas comparer aux Afrikaneers d'Afrique Australe, avant de continuer sur les Antillais, les NEGRES, qui n'ont de Français que les pièces d'identité. Faut pas être naïf, le positionnement du Hongrois n'est pas fait pour les pièces rapportées, sauf à considérer que les Antillais NEGRES sont de souche occidentale, hein? Bref, c'est un autre débat. C'est ce qui explique qu'un Stéphane Durbec se retrouve au FN, voire qu'une Fatna en fasse autant en Martinique. Ah ces NEGRES !!!

A+

A+
Le Chevalier De Peshawar   | Unregistered | 13-10-2005 19:06:29
Serge E
meme si je suis pas du meme avis Fred 972, c'est son droit de vote ou soutenir qui il veux nous avons l'avantage d'etre dans une démocratie et comme tu parle d'histoire je vais te rappelle que ceux qui ont pas voulu la différence d'opinions dans l'histoire du 20iem siècle ont abouti a des massacre
hitler staline pol-pot alors si il veux être pro sarkoziste c'est son droit tout le monde peut se tromper
fred972   | Unregistered | 13-10-2005 20:10:41
Serge E : pour autant que je sache, c'est le chiraquien Baroin qui a posé cette question, pas Sarkozy. Et si je ne m'abuse, il trouve malheureusement certain echo dans certaines collectivités "envahies" par les étrangers.

Par ailleurs je te signale que je "vote" sarko faute de mieux, Madelin étant plus proche de mes idées anarcho-capitalistes.

En ce domaine comme en beaucoup d'autres, à l'exception des libertés individuelles et de la puissance de l'Etat (en l'occurence guerrier) l'exemple faute de mieux est l'Etat fédéral dit "USA" : 4 fois plus d'immigration légale que la France (+ lotterie pour obtenir des cartes de séjour) parfaitement digérée gràce aux performances d'une économie libre.

Celà dit, vu les dérives quasi obligatoires de la démocratie vers la démagogie et le populisme, que ce soit dans certains Etats africains ces temps-ci, en Haïti ou ailleurs et en d'autres temps, tu ne me sortiras pas de la tête que l'Etat crée les problèmes qu'il est censé résoudre.

Mort à l'Etat et vive la liberté!
Maldy   | Unregistered | 14-10-2005 00:31:42
Bonjour,
Comme bien souvent le débat part en invectives, mais si j'ai bein compris certains assument la discrimination raciale et la "préférence nationale", tandis que d'autres ne la formulent pas et essaient de répondre sur le fond. Je pense à Karl notamment, auquel je voudrais répondre sur un point que je connais, puisque je suis enseignant à l'UAG (et non sur les autres points qui se résument à des accusations de racisme et à une caricature de Renan, dont je mets ma main à couper qu'il n'a pas lu un livre en entier. Passons). Le recrutement pour les postes de maîtres de conférénces se fait en effet après qualification au CNU (instance nationale universitaire), mais cela n'est qu'une étape, dans la mesure où le nombre de candidats qualifiés est bien plus important que celui de postes offerts. En général, l'astuce consiste à "profiler le poste" de façon à ce qu'il corresponde, comme par hasard, au candidat pressenti. Certes des personnalités extérieures participent au vote, mais elles ne peuvent que difficilement changer une donne déjà préparée. Le localisme n'est pas une spécificité de l'UAG, mais il y est, ici, particulièrement fort. Il suffit de voir quelle est la proportion de non-agrégés parmi les Professeurs et Maitres de Conférences à l'UAG: on bat des records. La conséquence se paie en terme de rayonnement scientifique et de réputation: combien d'étudiants ne partent-ils pas faire leurs études en métropole pour cette raison ? Trop, et ceux qui le peuvent financièrement de surcroit. La conséquence se paie aussi en termes de rayonnement scientifique: des postes de Professeurs des Universités ne sont pas pourvus, car le niveau de qualification est trop élevé et qu'un passage à l'UAG, au niveau CV ça n'apporte guère . Résultats des courses: des postes ne sont pas pourvus par exemple en anglais, en sciences et il faut embaucher des vacataires infiniment moins qualifiés. Je ne vois pas ce que la Martinique et la Guadeloupe ont à gagner la dedans. Concrètement, voilà ou mène le localisme. Je n'ignore pas que certains en tirent profit, je les connais et les croise dans les couloirs.
C'est bien dommage, car l'UAG pourrait être un meilleur outil de développement pour les antilles.
Dominique   | Unregistered | 14-10-2005 01:46:19
Maldy

Concernant votre mise en doute du racisme d?Ernest Renan, je vous renvoie à sa lettre du 26 juin 1856 à Arthur de Gobineau, auteur du sinistre ?Essai sur l?inégalité des races humaines? (1853) :

« Vous avez fait là un livre des plus remarquables, plein de vigueur et d?originalité d?esprit, seulement bien peu fait pour être compris en France ou plutôt fait pour y être mal compris. L?esprit français se prête peu aux considérations ethnographiques : la France croit très peu à la race, (...) Sans doute si les éléments nobles mêlés au sang d?un peuple arrivaient à s?effacer complètement, alors ce serait une avilissante égalité, analogue à celle de certains États de l?Orient et, à quelques égards de la Chine. Mais c?est qu?en réalité une très petite quantité de sang noble mise dans la circulation d?un peuple suffit pour l?ennoblir, au moins quant aux effets historiques ; c?est ainsi que la France, nation si complètement tombée en roture, joue en réalité dans le monde le rôle d?un gentilhomme. En mettant à part les races tout à fait inférieures dont l?immixtion aux grandes races ne ferait qu?empoisonner l?espèce humaine, je conçois pour l?avenir une humanité homogène. »

Pour ce qui est de l?UAG, je ne sais rien de ce qui s'y passe, mais si votre analyse du recrutement dans cette université est du même niveau que celle que vous faîtes de Renan, permettez-moi d'avoir, là aussi, quelque doute sur vos compétences critiques.

Dominique   | Unregistered | 14-10-2005 02:26:42
Lire ci-dessous :

Réponse à Anne-Marie Le Pourhiet
par Eric Keslassy, sociologue


http://www.communautarisme.net/Reponse-a-Anne-Marie-Le-Pourhiet_a316.html
franck   | Unregistered | 14-10-2005 03:33:05
Maldy il y a quelque chose qui m'échappe dans ta démonstration. Tu te plains, comme Anne-Marie Le Pourhiet, d'un recrutement local & #34;particulièrement
fort" à l'UAG, et en même temps tu nous dis que tu as (comme A-M Le Pourhiet d'ailleurs) été recruté par cette université.
Alors de deux choses l'une :
- Soit tu as bénéficié (comme A-M Le Pourhiet ?) de ce recrutement local qu'aujourd'hui tu dénonces, mais c'est alors un peu tard !
- Soit tu as été recruté (comme A-M Le Pourhiet ?) indépendament de tout localisme. Ce qui laisserait à penser que le recrutement local, dans la mesure où n'a pas empêché ton embauche (ni celui d'A-M Le Pourhiet), n'est pas aussi "fort" que tu le prétends !
Maldy tu me laisses perplexe !
AKENATON   | Unregistered | 14-10-2005 08:20:03
le commentaire de ANNE-MARIE * LE POURHIET a "fermente" ( tellement ça pue), s'est "enflammé" et s'est "consummé" !
Qui veut les "cendres" ?
fanny   | Unregistered | 15-10-2005 21:17:28
qund tu vas postuler pour un emploi et que tu est tres beaucoup pale tu as une reponce tres rapidement
quand tu as un peu pris le soleil ils ne veulent pas de toi
la descrimination il y a longtemps qu'elle est presente ici et elle est faitte par des antillais!!!!
Polo   | Unregistered | 15-10-2005 21:22:37
Merci Maldy. C'est clair et net.
CGAR   | Unregistered | 29-01-2006 15:56:34
Je cite : « Je ne veux pas faire de la discrimination «la» solution. Toute solution ne peut qu'être partielle, insuffisante, avoir des effets pervers. Alors, il faut se poser la question : quelles sont nos priorités, nos objectifs, de quels types de politiques va-t-on accepter de subir les inconvénients ? A mon avis, les dangers de la discrimination raciale sont plus importants que les dangers de la discrimination positive. J'ai beaucoup travaillé en Afrique du Sud. Et j'ai toujours trouvé choquant, dans ce pays, qu'alors que l'apartheid venait d'être aboli et que le gouvernement tentait péniblement de réduire les inégalités, on s'est mis très vite à critiquer la discrimination positive.
Bien sûr, ce serait formidable de n'avoir pas besoin de la discrimination positive. Mais ce n'est pas comme ça dans la vraie vie. En ce moment, j'étudie les politiques de l'Etat et les politiques publiques dans une ville précise. Et face au «dire sans faire» de l'Etat, je préfère de beaucoup les tâtonnements des agents locaux, qui dans leurs aides au retour à l'emploi cherchent des solutions pour aider un peu plus ceux qui sont très nettement défavorisés. »

Extraits de : http://www.liberation.fr/page.php?Article=354286 «La discrimination raciale plus dangereuse que la discrimination positive» par Gilles WALLON / LIBERATION.FR : jeudi 26 janvier 2006 - 187 / Didier FASSIN, sociologue et anthropologue, professeur à l'EHESS, s'est exprimé mercredi soir lors de la troisième conférence sur le thème «Le modèle républicain confronté aux inégalités»

A mon sens, compte tenu du contexte économique, politique et social français actuel, il n?est pas si évident que cela que les dangers de la discrimination raciale soient plus importants que les dangers de la discrimination positive. Que faut-il craindre le plus ? La radicalisation d?une minorité ou d?une majorité ? Eléments de réponse en 2007.
Sur l?Afrique du Sud, je n?y ai jamais mis les pieds mais j?ai un autre son de cloche !!!

« La Vice-présidente sud-africaine a annoncé, dans un entretien accordé au journal Sunday Times, qu?elle souhaitait que les Blancs bénéficient de la discrimination positive. Le gouvernement semble ainsi avouer à demi-mot les dysfonctionnements de sa politique, destinée à gommer les inégalités engendrées par le régime ségrégationniste de l?Apartheid. http://recrutement.over-blog.com/article-1324121.html

Si le sociologue-anthropologue-professeu