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« Français noir » oui, mais? par R. Confiant Version imprimable
29-12-2005
Une nouvelle expression est en train de s'installer dans le langage politico-médiatique français suite aux émeutes des banlieues et aux diverses controverses autour d'un certain article de loi vantant le rôle positif de la colonisation ainsi que de la commémoration de Napoléon Bonaparte, de ses pompes et de ses oeuvres : il s'agit de l'expression « Français noir ». Il apparaît que celle-ci est véhiculée et promotionnée surtout par des associations composées d'originaires d'Afrique noire, même si certains originaires des Antilles participent à ce mouvement. Or, cette expression demande à être clarifiée, ses contours demandent à être bien cernés, si l'on ne veut pas qu'elle devienne un boomerang contre la lutte des peuples africains et antillais pour leur nécessaire émancipation. Une nouvelle expression est en train de s?installer dans le langage politico-médiatique français suite aux émeutes des banlieues et aux diverses controverses autour d?un certain article de loi vantant le rôle positif de la colonisation ainsi que de la commémoration de Napoléon Bonaparte, de ses pompes et de ses ?uvres : il s?agit de l?expression « Français noir ». Il apparaît que celle-ci est véhiculée et promotionnée surtout par des associations composées d?originaires d?Afrique noire, même si certains originaires des Antilles participent à ce mouvement. Or, cette expression demande à être clarifiée, ses contours demandent à être bien cernés, si l?on ne veut pas qu?elle devienne un boomerang contre la lutte des peuples africains et antillais pour leur nécessaire émancipation. En effet, si « Français noir » signifie « descendant de 2è ou 3è génération, des centaines de milliers d?Antillais et d?Africains venus au cours des 30 glorieuses (1950-80) aider au relèvement et à l?épanouissement de l?économie hexagonale », il n?y a aucun problème. Ces personnes ont le droit le plus absolu de réclamer les mêmes droits que les descendants de « Gaulois », de les exiger même et de se révolter comme beaucoup l?ont fait dernièrement à Clichy-sous-bois ou ailleurs. Leurs parents, vivant dans des foyers SONACOTRA, dans des taudis en lisière de la lumière des villes, se sont sacrifiés, marteau-piqueur en main, pour construire des HLM, des autoroutes, des métros ; ils se sont esquintés la santé dans les usines automobiles Renault ou Peugeot ; ils ont affronté les rigueurs de l?hiver pour distribuer le courrier ou ramasser les poubelles des grandes métropoles françaises. Leurs descendants ont donc droit au « respect », comme on entend ce mot dans les banlieues. Ainsi, l?équipe de France est composée de 6 « Français noirs » (et même de 7, si l?on considère que l?un d?eux est arrivé en France vers l?âge de 8-10 ans), c?est-à-dire de gens nés, élevés et éduqués dans l?Hexagone. Dire, comme on le fait trop vite, que cette équipe est majoritairement « antillaise » est une erreur grossière, erreur qui flatte l?ego des Antillais vivant au pays mais qui ne reflète aucunement la réalité. Se moquer d?elle comme le fait Alain Finkielkraut en la qualifiant d?équipe « black-black-black », ce qui sous-entend qu?elle serait formée de joueurs nés et élevés aux Antilles et en Afrique, est là encore une grossièreté. En effet, nés et élevés en France les Anelka, Henry ou Wiltord ont parfaitement le droit de jouer dans l?équipe nationale de leur pays, de même qu?il n?y a aucun problème à ce que la majorité des joueurs de l?équipe de rugby d?Afrique du Sud soit composée de Blancs. Rien que de très normal : ce sont des Africains blancs, c?est-à-dire des gens nés et élevés en Afrique. Nelson Mandela, lui-même, n?a pas craint de les féliciter publiquement lors de leur victoire à la Coupe du monde en 1995 et même d?endosser le maillot de l?équipe. Entre parenthèses, les sionistes négrophobes tels que Finkielkraut n?ont rien vu de mal à cette équipe white-white-white en plein continent africain. Curieux. Et enfin, les Français noirs ont le droit de faire allégeance à qui ils veulent, y compris à Nicolas Sarkozy, si certains l?apprécient ou le jugent utile pour le succès de leurs revendications. C?est leur problème ! Par contre, si « Français noir » signifie « seul avenir des jeunes africains et antillais vivant en Afrique et aux Antilles et disposant d?un certain niveau scolaire », alors là, cela ne va plus du tout. Si la chose est présentée comme un objectif à atteindre, un espoir à caresser, une porte de sortie face au chômage et à la détresse de notre jeunesse vivant au pays, il y a là non seulement une escroquerie intellectuelle mais aussi une manière de lâcheté et une démission face aux responsabilités qui sont les nôtres, nous autres « élites » antillaises et africaines.Mais trêve de circonlocutions ! Posons la question sans détours, la seule question qui vaille : si tous les jeunes diplômés antillais et africains continuent à se ruer en France dans l?espoir de devenir des « Français noirs », qui sortira nos pays du marasme dans lequel ils se débattent ? Oui, qui ? Les « Toubabs » peut-être comme on dit en Afrique ! Les « Zorey » comme on dit aux Antilles ! Nos pères se sont battus pour la décolonisation, certains ont subi la torture et sont morts au combat et voilà qu?aujourd?hui la seule, l?unique ambition de certains nègres à costume-cravate, c?est de devenir conseiller municipal de Garge-les-Gonesses ou bien militant de la section l?UDF ou du Parti Socialiste de Roubaix-Tourcoing. Patrice Lumumba, l?Africain, et Frantz Fanon, l?Antillais, doivent se retourner dans leur tombe ! Enfonçons le clou : il n?est pas normal qu?il y ait davantage de médecins béninois en France qu?au Bénin ; davantage d?ingénieurs martiniquais ou camerounais dans l?Hexagone qu?en Martinique ou au Cameroun. Ce n?est pas normal ! Que des jeunes non diplômés, des paysans réduits à la famine par la sécheresse, des femmes exploitées continuent à voir dans l?Europe une sorte d?El Dorado, rien de plus compréhensible. Mais que des ingénieurs, des médecins, des architectes, des enseignants et des chercheurs antillais et africains en fassent de même et ne rêvent que d?obtenir le statut de « Français noir », cela dépasse l?entendement. C?est même, à mon sens, une trahison envers nos peuples et nos pays. Et que l?on ne vienne pas me raconter qu?au pays, il n?y a pas de démocratie, que les salaires y sont faibles, que ceci ou que cela ! Bien sûr qu?on travaille dans de meilleures conditions dans une université européenne ou nord-américaine, mais est-ce une raison suffisante pour déserter l?université des Antilles-Guyane ou celle de Yaoundé ? Bien sûr qu?il est plus facile de publier un journal d?opinion à Paris que chez nous, mais est-ce une raison pour ne pas venir se battre sur place pour l?instauration de la démocratie ? Le vaillant journaliste camerounais Pius N?Jawe et son « Messager » ont démontré que c?était là chose parfaitement possible, quitte à faire des séjours réguliers dans les geôles du tyran en place. C?est que justement, il y a, et il y aura, un prix à payer pour changer nos pays et ce prix, c?est nous, « élites » antillaises et africaines qui devons, et devront, le payer. On ne peut pas continuer à fuir en Europe et en Amérique du Nord pour chercher à tout prix à devenir des « Européens noirs ou des Américains noirs », tout en espérant que « toubabs » et « zorey » vont nous livrer à nos pays d?origine la démocratie et le développement clés en mains. Cette démocratie et ce développement, c?est nous, et nous seuls, qui devront les bâtir, quel que soit le prix à payer, et ce n?est pas en aspirant à devenir conseiller municipal, général ou régional, député ou sous-ministre dans l?Hexagone que nous y parviendrons. Il faut donc arrêter la pompe migratoire. Celle qui aspire en Occident élites et prolétaires antillais et africains. Les 30 glorieuses sont finies. La France et l?Occident, confrontés à la concurrence asiatique, n?ont plus besoin de nous. La première démarche à faire pour inverser le cours des choses consiste pour nos élites antillaises et africaines installées à l?étranger à rentrer au plus vite afin de prendre les choses en main. Tel qui est ingénieur des travaux publics, serait plus utile à construire des routes et des ponts dans son Togo natal que de jouer au maire socialiste d?un obscur village breton de 400 habitants. Répétons-le : ce ne sont pas les « toubabs » qui vont développer nos pays à notre place. Tel autre serait mieux avisé de rentrer enseigner dans son Cameroun natal au lieu de chercher à épater les Gaulois en leur expliquant qu?il n?aime pas le manioc et qu?il est un Bourguignon noir. Et répétons aussi que la présente objurgation ne concerne pas les 2è et 3è générations d?Antillais et d?Africains qui, eux, sont français à part entière et qui peuvent éventuellement nous aider, mais dont la vie et les combats se trouvent dans l?Hexagone et nulle part ailleurs. Elle concerne, cette objurgation, ceux qui, nés à Fort-de-France, à Cotonou, à Pointe-à-Pitre ou à Dakar, qui sont venus en France faire des études, qui y ont obtenu un diplôme et un travail et qui ont tourné le dos à nos pays. Ces « privilégiés » profitent du juste combat que mènent les 2è et 3è générations antillaises et africaines pour avancer des thèses négristes ou blackistes. En réalité, leur seule ambition, c?est de devenir un jour des Colin Powell, des Condoleeza Rice, des Denzel Washington ou des Oprah Winfrey. Pour cela, ils sont prêt à tout : discrimination positive, quotas, lobbys de « minorités visibles », culpabilisation permanente de l?Europe sur le modèle juif etc? C?est donc la confusion entre « Français noirs » d?une part et « Antillo-Guyanais »/ »Africains » de l?autre qui pose problème. Elle obscurcit notre lutte, nous fait entrer dans des combats sans bâton et nous fait perdre de vue que notre objectif principal est, pour les Antillais, d?obtenir le maximum d?autonomie par rapport à la France et l?Europe, pour les Africains de se débarrasser du joug néo-colonialiste de cette même France et de cette même Europe. Et là, on mesure à quel point la confusion est grave car si en France, les intérêts des Français noirs, qu?ils soient d?origine antillaise ou africaine, est le même, il en va tout autrement s?agissant des Antillais et des Africains vivant au pays. D?abord, nous ne vivons pas sur le même continent ; ensuite, nous n?avons aucune complémentarité économique et nous sommes mêmes concurrents (cf. la banane antillaise et la banane camerounaise) ; enfin, nos perspectives d?intégration sont radicalement différentes (l?Afrique noire peut espérer un jour- et l?OUA y travaille- former un seul bloc avec l?Afrique du Nord et se positionner comme une force émergente sur le marché mondial alors que les Antilles aujourd?hui françaises n?ont d?autre avenir que la Caraïbe et plus largement les Amériques). Aucun discours blackiste, négriste ou afro-centriste n?y changera rien. Et c?est parce qu?ils n?ont pas une position claire et nette sur cette question qu?une association aussi active et combative que le Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais et son dynamique président Patrick Karam se trouvent aujourd?hui en butte à toutes les attaques suite au soutien qu?il a apporté dernièrement à Nicolas Sarkozy. Le Collectif n?a aucun droit de parler au nom des Antillo-Guyanais et des Réunionnais. Son seul droit est de parler au nom des Français noirs. Dès lors que la chose en viendra à être clarifiée, les Antillo-Guyanais et Réunionnais n?auront à leur tour aucun droit de juger les prises de positions de ce Collectif et de son président. Si le Collectif estime qu?à tel moment ou tel moment, il est important de s?allier à Sarkozy, à Hollande, à Besancenot ou à Tartempion, c?est son problème ! Je respecte la France. J?apprécie la langue et la culture françaises dont certains éléments sont une partie de moi. Mais je ne suis pas et ne serai jamais un « Français noir ». Je suis un Créole, un Créole caribéen, américain. La carte d?identité que j?ai présentement entre les mains n?est qu?un document provisoire. Mes ancêtres ont été d?abord des esclaves, c?est-à-dire des non-humains de 1635 à 1848, puis des indigènes c?est-à-dire des sous-hommes de 1848 à 1946 et de 1946 à nos jours des hommes dépersonnalisés, dominés économiquement et politiquement. Demain, je n?ai aucun doute là-dessus, ils deviendront des hommes tout court. L?Histoire ne s?est pas arrêtée, comme par magie, au statut de départementalisation de 1946 ou à la consultation de décembre 2003. Et surtout j?ai des responsabilités envers mon pays, la Martinique (ou bien tout autre pays-frère du Sud où je peux décider de m?installer un jour) : j?ai l?obligation morale d?y vivre et d?y apporter tout ce que j?ai pu apprendre de bon en Europe ou aux Etats-Unis. Certes, je ne suis pas indifférent aux problèmes rencontrés par les Français noirs mais je ne confonds pas mon combat avec le leur. Surtout pas ! Alors, camarades, encore un effort : il est grand temps de clarifier les choses ! Raphaël Confiant
Commentaires
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nasyon matnik péyi a sé ta nou   | Unregistered | 29-12-2005 18:35:55
Tres bon article, j'espere que les jeunes de ma generation ont compris le message.Pas seulement les jeunes les anciens n'ont pas fini d'oeuvrer pour le pays nou kè pran flanbo a answit !
sicqo   | Unregistered | 29-12-2005 18:44:25
heu ....

promotionner = awa
promouvoir = dacow

@+
nasyon matnik péyi a sé ta nou   | Unregistered | 29-12-2005 18:51:19
MARTINIQUAIS

QUI SOMMES-NOUS ?



On nous dit Européens, certains se

revendiquent Ethiopiens, beaucoup

ne savent pas qui ils sont vraiment.

Qui sommes-nous en fin de compte ?



Une chose est sûre, si un individu ne sait pas qui il est vraiment ou s?il est persuadé d?être ce qu?il n?est pas, il ne peut pas gérer sa vie positivement. Osons une comparaison simpliste pour aborder ce point : Si les objets étaient doués de parole et qu?une chaise se mettait à prétendre qu?elle était une table, elle resterait évidemment chaise, ne pourrait jamais remplir la fonction de table, et ses semblables la traiteraient de folle.

Pour assumer pleinement notre vie en tant qu?individu et en tant que membre de la société il faut que nous ayons une conscience claire de ce que nous sommes vraiment.

Pour une personne, savoir ce qu?elle est, c?est assumer son IDENTITE ;

Si nous voulons définir ce qu?est l?identité d?une personne, nous devons considérer celle-ci à deux niveaux : la personne en tant qu?individu, et la personne en tant qu?élément social. Rappelons d?abord la définition du mot « identité » : Pour le dictionnaire « Bordas », « c?est un ensemble de circonstances qui font qu?une personne est bien telle personne déterminée ». On pourrait préciser? «et personne d?autre »





En tant qu?individu, je suis le fruit particulier de l?union de mes parents, avec des caractéristiques physiques qui me sont propres et un caractère qui se forge au gré de mon existence. En ce sens, je suis différent de tous les autres. Cette singularité se manifeste à travers le regard que les autres portent sur moi et à travers le NOM qui m?a été donné en vertu des pratiques sociales ; elle est sanctionnée par mon inscription à l?état-civil et l?attribution de documents officiels, telle la carte d?identité.

Ce qui fait mon identité, également, c?est le fait que je sois de même « nature » que d?autres individus.

Je suis un être humain, comme tous les autres êtres humains, distinct des autres espèces. C?est un aspect fondamental de mon identité. Mais, du fait des caractéristiques qui distinguent certains groupes humains d?autres, je peux penser mon identité à différents degrés.

De nombreuses circonstances interviennent dans la conscience qu?un individu peut avoir de son identité: la race, le sexe, l?âge, le statut social, le lieu d?habitation, l?éducation reçue etc.









CE QU?ON EST, CE N?EST PAS FORCEMENT CE QU?ON CROIT ETRE



Dans la société règnent de nombreuses inégalités. Les classes qui dominent développent des idéologies qui placent des individus ou des populations en situation d?infériorité. Ainsi, pendant plus de trois siècles, les colonialistes français ont occulté l?histoire des luttes populaires et de la créativité de la société Martiniquaise

Et pendant qu?ils pillaient notre pays, ils ne cessaient de répéter que la France nous porte bonheur et civilisation. La dévalorisation de notre peuple et des noirs en particulier est systématique. Le résultat, c?est qu?une bonne part de notre peuple n?a pas conscience de son identité. Certains vont jusqu?à renier maladivement ce qu?ils sont et cherchent à se convaincre qu?ils sont ce que les colonialistes veulent qu?ils soient.

A cela s?ajoutent, aujourd?hui, les phénomènes d?aliénation et d?identification liés au déferlement de la culture mondialisée livrée par les omniprésents médias occidentaux. Ainsi, notre jeunesse se projette dans les modèles superficiels ou /et négatifs qui leur sont proposés : Lolita, Caïds etc.

Eh bien, le déphasage existant entre l?identité réelle de nombre de nos compatriotes et celle qu?ils se donnent a des effets dévastateurs dans la société martiniquaise :

D?abord, la recherche d?un modèle étranger dans lequel s?identifier trouve sa source dans une dévaluation de sa propre personne et dans un autodénigrement déstabilisateur. Il faut noter que les modèles proposés par les occidentaux sont porteurs de toutes les discriminations possibles.

Si nous n?allons pas jusqu?à parler de dérèglements mentaux, nous pouvons admettre qu?il y a, dans ces conditions, impossibilité d?épanouissement.

D?autre part, le mal ? être lié à la pression qu?exerce le subconscient de l?individu qui se torture dans une enveloppe identitaire qui n?est pas la sienne, a pour conséquence que celui-ci ne peut avoir des relations sereines avec son entourage. Il a tendance à vouloir, rabaisser, écraser, effacer tout autre qui le renvoie à sa véritable identité. C?est l?une des causes de la violence qui traverse notre société martiniquaise et qui sape sa cohésion.
Il y a alors urgence à ce que, tous, nous cultivions pleinement la conscience de ce que nous sommes vraiment.









CE QUE NOUS NE SOMMES CERTAINEMENT PAS



Il y a un certain nombre d?étiquettes qu?on nous colle au dos et dont nous devons absolument nous défaire.

Prétendre, par exemple, que nous sommes des « Européens tropicaux » c?est une évidente imbécillité. Nous ne sommes pas plus des « DOMIENS ». Ces vocables ont pour intention idéologique de nier notre identité nationale et de faire de nous des appendices de la métropole coloniale.

Notre attention doit se porter aussi sur les « identités » attribuées à nos compatriotes vivant en France, Le mot le plus usité pour les désigner, c?est le mot « Antillais ». Constatons qu?il désigne indistinctement les ressortissants de Martinique et de Guadeloupe. Certains mêmes y associent les Guyanais, qui eux, sont des continentaux d?Amérique du Sud. Voilà un vocable qui n?exprime pas une exacte réalité, puisqu?il exclut manifestement l?immense majorité des populations de l?arc Antillais. L?utilisation de cette étiquette avalise la coupure voulue par les colonialistes pour gommer notre identité caribéenne.

Il ne s?agit pas de partir en guerre contre ceux qui, habitude oblige, utilisent ce mot dans le contexte évoqué. Non, il s?agit de dire que, dans le travail de reconquête de notre vraie identité, nous devons vulgariser les mots « Martiniquais » « Guadeloupéens » et « caribéens ».

Par contre certains mots mis à la mode ces dernières années par les colonialistes ou des gens à la recherche d?originalité douteuse, méritent d?être combattus

Les qualificatifs de « Negzagonaux » et « Négropolitains » inventés pour désigner nos compatriotes vivant en France sont, à l?évidence, connotés péjorativement et suscitent la division. Nous devons nous en démarquer nettement.

Parlons clairement de la « communauté Martiniquaise » vivant en France ou de nos « compatriotes émigrés », pour signifier que nous assumons notre identité nationale. Rejetons les noms choisis par l?autre selon une perspective qui lui est propre. Ne soyons pas ce que l?on veut que nous soyons. Revendiquons ce que nous sommes.



CE QUE NOUS SOMMES VRAIMENT



Les revendications identitaires interviennent quand les groupes prennent conscience de leur mal être ou des oppressions qui leur interdisent d?assumer leur identité. Il est évident que le mouvement de la NEGRITUDE a été une réponse idéologique au mépris cultivé par les occidentaux à l?égard des peuples noirs. Dans la même lignée, on peut évoquer la lutte des noirs américains avec leur slogan « I?M BLACK AND I?M PROUND » (Je suis noir et je suis fier)

Quand certains Martiniquais se revendiquent Ethiopien, cela traduit également la volonté de redorer un passé occulté par les colonialistes et de mettre en valeur des apports d?une civilisation noire qui a joué un rôle déterminant dans l?histoire de l?humanité. De notre point de vue, il n?est pas sérieux de dénigrer de telles revendications identitaires, car tous les parcours qui visent à la reconquête de notre identité, en se confrontant, peuvent contribuer à la conscientisation de la population.

Mais, en ce qui nous concerne, nous croyons que l?identité que nous devons assumer et dont nous devons exiger le respect, celle qui doit déterminer nos choix de vie et de développement, est que nous sommes des MARTINIQUAIS CARIBEENS.

Nous sommes un peuple, le PEUPLE MARTINIQUAIS, avec une histoire, un héritage, une culture, un génie communs, né d?une adaptation collective à notre environnement. Ce peuple avec ses différentes racines ethniques, s?est constitué en entité spécifique, différente des autres. Profitons en pour réaffirmer ici que si l?essentiel de notre communauté nationale trouve ses racines en Afrique, les « békés » sont absolument des Martiniquais. Encore une fois, ce n?est pas une sentence prononcée par quelque ponte que ce soit qui fait des gens ce qu?ils sont, mais bien les circonstances objectives. Qui nierait que les latifondiaires blancs, descendants des colons vivant au Venezuela sont Vénézuéliens ?

Nous sommes CARIBEENS, parce que nous partageons un espace géographique, une histoire, une culture commune à bien des égards, avec nos voisins de l?arc Antillais. De toute évidence nous avons à construire un destin commun, quand eux et nous serons débarrassés de toute tutelle impérialiste.





SAVOIR ETRE SOI MEME CONDITION DE TOUT EQUILIBRE ET DE TOUT EPANOUISSEMENT ;



Si on n?assume pas son identité, si on refuse d?être ce que l?on est et si on s?applique à singer un autre, nous l?avons dit, aucun épanouissement n?est possible. En tant que peuple, nous serons incapable de construire un projet commun de développement, tant que persistera l?idée que nous sommes des sous-hommes, incapables de nous gérer, incapables de manger si le maître blanc ne tend pas la pitance.



En tant qu?être humain, nous devons refuser l?idée que nous puissions être inférieur ( ou supérieur) à un autre être humain.

En tant que peuple, nous devons défendre notre droit à l?existence et à l?autodétermination. Car l?humanité a besoin du génie de tous les peuples pour sortir du marasme dans lequel elle se trouve. La Biodiversité c?est la condition de la survie de notre espèce. C?est pour cela qu?il faut combattre ceux qui, bousculés par l?élévation du niveau de conscience du peuple, finissent par admettre qu?ils sont Martiniquais, mais prônent la dissolution dans la France et dans l?Europe.



Assumer notre identité de Martiniquais nous commande, aujourd?hui, de mener une lutte acharnée contre les manoeuvres entreprises par les colonialistes français pour saper les bases mêmes de l?existence de notre peuple. Cette lutte implique, entre autres, des batailles sur le front des arts et de la culture, sur le front de l?éducation, sur le front politique, des initiatives pour réhabiliter notre histoire, valoriser nos traditions positives et construire des alternatives.













































































daniel   | Unregistered | 29-12-2005 19:01:06
Utile et pédagogique que des intellectuels Martiniquais ou Antillo-Guyanais prennent part au débat, nourri en France par les récents evennements survenus en banlieux,et aussi par les déclarations racistes du négrophobe A.finkielkraut. La presse Française s 'est emparée du débat , mais seul, le microcosme sioniste parisien l 'alimente en idées , parfois nauséabondes. Que des voix , ici ou la , s élèvent comme celle de R. confiant ,je trouve ça rassurant. Que s'instaure le débat, et que vive notre république créole.
Luc   | Unregistered | 29-12-2005 20:09:15
Ralphaël Confiant va à l'essentiel et a raison. Depuis que les immigrés Antillais en France ont, dans les années 1980, commencé à acheter des concessions dans des cimetières français, il était clair que la plupart ne reviendrait pas (sinon en vacances), que la France, pays de leurs enfants nés là-bas, était désormais aussi leur pays. Le combat actuel, déterminé, que mènent les secondes générations pour leur place au soleil de la République est à saluer. Mais ce combat nécessaire ne se confond pas avec un autre combat nécessaire, celui que mènent au pays ceux qui souhaitent s'affranchir au maximum de la tutelle française. De Martinique et de Guadeloupe nous ne pouvons encourager que de loin la lutte de nos frères émigrés, et surtout pas aller grossir les rangs ces "Français noirs" qui se battent là-bas pour leur intégration. Les luttes d'ici (Martinique, Guadeloupe) et de maintenant sont tout aussi capitales, d'autant que ceux qui partent sont aussitôt remplacés par d'autres dont le combat ne saurait être de même nature.
Christophe   | Unregistered | 29-12-2005 20:24:32
Eh ben, heureux de t'entendre dire Nasyon qu'il faut avant tout que nous nous positionnons en tant que Martiniquais avant toute chose. Je constate également que Raphaël Confiant (que je ne connais que très peu il est vrai) semble faire des remarques fort pertinentes.

Cela dit, avant d'incriminer comme il le fait cette jeunesse qui "trahit son pays" il devrait plutôt se poser les bonnes questions. D'abord, si les jeunes vont en France faire leurs études c'est que souvent les formations qu'ils souhaitent suivre n'existent pas localement. Ensuite, s'ils restent parfois travailler hors de la Martinique, ce n'est pas forcément par choix ! Combien de jeunes sont revenus au pays bardés de diplômes et se sont fait rabroués par leurs compatriotes aigris, jaloux et j'en passe ? La triste vérité c'est que nombre de Martiniquais préfèrent souvent avoir affaire à un Métropolitain (comme supérieur hiérarchique par exemple) qu'à un Nègre plus qualifié qu'eux et qu'ils jugent "arrogant"... Quant aux Hexagonaux qui dirigent des entreprises sur l'île, ils préfèrent "importer" de l'Hexagone leurs cadres ou leurs commerciaux...

Par contre, je suis d'accord : arrêtons d'être tout sauf des Martiniquais !!!! Qu'est-ce que certains ont à chercher en Afrique, en Europe ou que sais-je encore la source UNIQUE de leur identité ?? Cela fait 400 que nous sommes devenus un peuple, assumons le ! Allez dire à un Américain qu'il est un Européen, sous prétexte que cela ne fait "que" 500 ans que son peuple est apparu. Mais j'ai mieux, les Japonais n'ont qu'à se réclamer comme Sino-Coréo-Mongols, puisque c'est de ce mélange savant qu'est né le peuple nippon. Pendant qu'on y est, les Indiens d'Amérique, dont les ancêtres ont, il y a plusieurs milliers d'années, traversé le Détroit de Béring depuis l'Asie, sont aussi Japonais !

Même si notre peuple est né par, dans et à cause de la violence, cela ne lui enlève pas son caractère de peuple à part entière. Maintenant, rien ne nous empêche de célébrer nos origines anciennes, je suis tout à fait d'accord. Encore faudrait-il ne pas jouer les négationnistes...

Cela fait 400 ans que nous ne sommes plus Africains, même si certains se sentent désemparés à cette idée. Par contre, nous sommes toujours Noirs ou, pour certains, nous le sommes devenus et c'est pourquoi nous nous sentons une histoire commune avec les autres Noirs de la planète, colonisés ou mis en esclavage. Il y a un lien invisble qui nous unit.

Mais après, nous sommes loin de vivre les mêmes situations et le rêve (aux relents hitlériens) d'une grande unité "raciale" est aussi utopique que dangereux.

Paix Amour et Joie
Jérémie   | Unregistered | 29-12-2005 20:29:49
Je suis originaire de la Martinique. Je suis arrivé avec mes parents en métropole en 1977 à l'âge de 16 ans, j'en ai maintenant 45. Je trouve que les antillais ont voulu trop s'apparenter au peuple africain, alors que nous avons une spécificité qui nous est propre, nous sommes de l'Outre-mer, mais français. Il faut s'attacher à celle-ci et la transmettre à nos enfants. Nous sommes victimes du racisme, eh bien alors est-ce une fin en soi, non. Je suis militaire de carrière et officier supérieur, je ne pense pas "devenir un jour un Colin Powell, Condoleeza Rice, un Denzel Washington ou un Oprah Winfrey", mais rester un Antillais français qui doit servir la République et amener la nation à connaître l'histoire de ma région et les hommes qui la composent. L'antillais ne doit pas seulement se contenter de l'arc antillais, il doit s'exporter.
Il y a un combat que nous antillais nous devons mener, c'est celui des valeurs que nos parents nous ont inculqués, c'est notre ciment. La génération Mac Do', les bagnoles à crédit sans fin, la drogue, la violence, le vol des terrains aux antilles par ceux qui y sont restés au mépris des lois, voilà un combat à mener. Je suis marié à une métropolitaine, j'ai 6 enfants, ça ne fait pas de moi un antillais blanchi. Si je suis arrivé où je suis, c'est grâce à l'éducation de mes parents et à mon optimisme, je ne suis pas une autruche, ni un esclave.
Fetnat   | Unregistered | 29-12-2005 22:09:26
Mi bel pawol, tann. Pli ta pli tris. Lavini ké wè ki ké ni dé pèp. Yonn anba soley ek lot-la anba frédi. An pati ka palé kréyol, lot-la ka brodé. Chak-la ja ni poto-mitan'y fouyé an dot koté. Es sé dé pèp tala ké pé rijwenn ?

Mi sé sa ki ka atann yich ek ti-yich-nou. Nou paké la pou wè lan-mizè-tala.
Luc   | Unregistered | 29-12-2005 23:17:18
Fetnat, sé pé ké prèmié fwa an pep té ké ké fè dé pep. Tout péyi ki wè bon enpé yich-li pati lotbô adan sitiasion-tala. Kisiswa Tjiba, Ayiti, Dominikani, Lachin, Langlitè. Dènié péyi-tala fè menm plisiè pep : ostralien, Néozélandè, Méritjen... Nou menm Matinitjé nou sé tiyich moun ki sôti lotbô Lafrik, léwop, lézend...
Touloukaéré   | Unregistered | 30-12-2005 05:28:59
R Confiant a le don de clarifier ce que nous savons tous au fond de nous même. Les combats ne sont pas forcément les mêmes pour les français noirs de l'hexagone et ceux qui sont natifs des DOM. Je suis d'accord sur un autre point il est tant que les "diplomés" retournent chez eux pour le developper au lieu chercher à se créerr un statut particulier en France hexagonale parce qu'ils ont eu l'opportunité de venir "s'instruire" en France.
Pour ceux qui sont fonctionnaire comme les profs encore faut-il qu'il y aient des postes pour obtenir sa mutation. La c'est un autre problème.
Touloukaéré   | Unregistered | 30-12-2005 05:31:04
Juste une remarque à BMJ la photo n'est pas géniale on ne voit pas Thuram sur la photo. Il faudrait apprendre à photographier des noirs avec de bons appareils.
marc   | Unregistered | 30-12-2005 06:11:11
Encore le bla bla de Confiant, quand on est fonctionnaire payé par le france pour travailler au soleil mon dieu qu'est-ce qu'on peut blablater, Confiant vous faites semblant de ne pas savoir qu'il n'y a pas de travail en martinique, que le salaire d'un cadre au bénin est de 100 euros/mois...
Touloukaéré   | Unregistered | 30-12-2005 06:25:22
Pour ceux que ca pourrait interesser il y a un petit film d'animation de rachid bouchared de 8 minutes sur les tirailleurs sénégalais massacrés par l'armée française 'l'ami Yabon" à exploiter avec les enfants pour les sprofs et autres. C'est du hors sujet. Mais c'est instructif.

http://www.tadrart.com/tessalit/lamiyabon/film.html
Alfred   | Unregistered | 30-12-2005 06:29:30
En 1988, mon prof d'Economie à Bellevue, Michel MANUEL, nous parlait en rigolant d'un certain Raphaël CONFIANT, qui "sommait les intellectuels martiniquais d'écrire en Créole".

L'année suivante, CONFIANT était en lice pour le RENAUDOT avec son premier roman en français, suivi par toute une liste de produits estampillés "Créolité".

En 2005, Raphaël CONFIANT somme les jeunes diplômés martiniquais de revenir ou de rester au pays, malgré les perspectives professionnelles bouchées, les bas salaires, le règne sans partage du piston et du népotisme et les recrutement se trainant en longueur (sans parler du droit de cuissage pour les diplômées).

Serait-ce que Monsieur CONFIANT serait aux prises avec la difficile décision de partir faire fructifier son bagage intellectuel (et donc son capital professionnel) sous les cieux d'un campus américain, dans un département de "French Studies", où il prendrait en main les étudiants US souhaitant s'imprégner de la créolité littéraire ?

Une formation professionnelle est un investissement, en argent, en temps et en énergie. Le capital-compétences ainsi constitué est investi dans une carrière, si possible la plus rémunératrice possible, mais aussi une carrière avec des perspectives en termes de développement, de changement de poste.

Rien d'étonnant s'il y a plus d'ingénieurs martiniquais en France qu'en Martinique: c'est en France qu'existent les industries, les cabinets de conseils et débouchés correspondants.

En Martinique, après avoir tourné en rond pendant deux ou trois ans, les jeunes ingénieurs prennent la route de l'IUFM pour devenir Profs de Math.

La génération de Raphaël CONFIANT était celle où les diplômés de l'enseignement supérieurs étaient suffisamment rares pour ne guère se faire concurrence. Trouver un poste bien remunéré, 40% aidant, était choe facile. Il serait intéressant de comparer le niveau d'étude de l'encadrement des structures locales avec celui des emplois-jeunes et autres employés précaires, venus une génération plus tard, réduits au larbinisme...

Ce que j'ai trouvé en trois mois à Paris en 2000, je l'ai cherché vainement pendant un an en Martinique.
Touloukaéré   | Unregistered | 30-12-2005 06:48:49
R Confiant veut dire il me semble que si vous ne restez pas ou ne revenez pas au pays pour le développer qui le fera pour vous. En d'autres termes si les "cerveaux "ne reviennent pas pour contribuer au développemnt du pays les choses ne se feront pas par l'opération du saint esprit. Il n'y aura pas d'effet de synergie ou d'effet multiplicateur. L'économie du pays ne peut que stagner et aucune possibilité d'autonomie.
On dit bien pierre qui roule n'amasse pas mousse. Même si on dit "sa ki la pou vou dlo pa chayè'y".

Enfin bref son discours paraît logique. Lui même il est resté au pays préférant vivre dans une "case" tout en étant très prolifique (il n'arrête pas d'écrire des livres).

Peut -être que derrière il y a l'idée de sacrifice. Ce fut le cas au Japon. Une génération s'est sacrifiée pour developper le pays pour permettre à la nouvelle génération de s'adonner à des futilités de toute sorte.
herbe   | Unregistered | 30-12-2005 07:42:36
J'avais bien aimé le concept"'d'identité relationnelle" introduit par Monsieur Chamoiseau:
extrait: "Ce qui me paraît important, c?est de comprendre que l?identité devient relationnelle, que ce n?est pas ce qui me sépare de l?autre qui me définit et m?affermit, mais que c?est justement ma capacité à entrer en relation avec le divers, à changer en échangeant sans me perdre ni me dénaturer, ainsi que le dit Glissant, qui va constituer la force de ma verticalité humaine et le principe de mon humanisation."

interview complête ici : http://www.humanite.presse.fr/journal/2002-02-14/2002-02-14-28882

Attention à ne pas se tromper de combat!
Je me méfie des segmentations qui mènent à la division, par contre construire son identité pour entrer en relation avec d'autres identités ça me va un peu mieux...

Bonne fêtes...
nasyon matnik péyi a sé ta nou   | Unregistered | 30-12-2005 08:13:17
NOTRE PAYS, UN ATOUT STRATEGIQUE POUR L?IMPERIALISME FRANCAIS DANS SA POLITIQUE NEOCOLONIALE DE REDEPLOIEMENT


On pourrait avoir tendance à ne prendre en compte, lorsque qu?on parle de l?impérialisme Français, que sa place au sein de l?Europe capitaliste ou son action aux côtés de l?impérialisme américain. Mais il faut prendre en compte le fait que si l?impérialisme, au niveau économique notamment, sur le plan européen et mondial est dominé par l?Allemagne et les USA, la France joue un rôle propre important sur le plan politique et militaire.

Il ne s?agit pas ici de faire un historique de l?impérialisme Français ou de dégager toutes ses caractéristiques. Cependant, la place de la France aussi bien au sein de l?Europe occidental que vis-à-vis des USA ou aux côtés des USA dans le monde, n?est pas le reflet de sa puissance économique. C?est en réalité une incidence du passé colonial de la France, en Asie, en Afrique en Amérique Latine et de sa présence directe encore sur ces 3 continents.

Ce sont ces colonies qui donnent à la France son rang de 1ère puissance maritime européenne et lui permettent de jouer son rôle en matière de conquête spatiale (Kourou) de force nucléaire (Mururoa).

Pour ce qui concerne plus spécifiquement notre région, la Caraïbe et l?Amérique Latine, il convient de prendre en compte que cette zone représente pour l?impérialisme mondial et l?impérialisme Français en particulier, une sphère stratégique, un enjeu fondamental.

L?Amérique Latine et la Caraïbe représentent près de la moitié du P.N.B. de l?ensemble du Tiers-Monde. C?est une région qui constitue un grand appel à l?investissement. De ce fait, dans la stratégie de redéploiement de l?impérialisme Français, la Guadeloupe est définie comme devant servir de base aérienne et la Martinique de base maritime, aussi bien en matière économique que militaire.

Il faut préciser que la France entend jouer un rôle dans la stratégie militaire de l?impérialisme dans la région caraïbe. A ce titre, un seul exemple : la complicité de la France dans la préparation de l?invasion de Grenade par les U.S.A. au moyen des installations aériennes de la Guadeloupe, aéroport et avion.

Dans le cadre de cette stratégie, le port de Fort-de-France est aménagé afin de servir de port d?éclatement pour toutes les marchandises de France et d?Europe. Toute la politique de la France dans notre pays est basée en grande partie sur la nécessité de préserver ses intérêts dans la région en utilisant au mieux l?atout que représente cette base stratégique pour le présent.

Mais dans un cadre plus large de lutte internationale entre les forces réactionnaires d?une part et les forces populaires, progressistes d?autre part, il y a un accord total entre la France et les U.S.A. pour que ces derniers puissent intervenir dans notre pays afin de combattre toute tentative d?instauration d?un régime démocratique, révolutionnaire, pour réprimer si nécessaire le mouvement patriotique dans son action de résistance à l?oppression coloniale.
Les rencontres fréquentes, les man?uvres régulières et les déclarations hautement proclamées qui ont lieu dans notre pays et les environs en sont un témoignage.

Malgré les tentatives des dirigeants Français a pour faire accepter dans le monde l?idée que la France a terminé sa décolonisation, qu?elle agit pour la défense des droits de l?homme, pour un nouveau dialogue « Nord-Sud », la réalité est que la France est toujours une puissance ayant des colonies sur les 3 continents, Afrique, Asie, Amérique.

L?impérialisme français poursuit de même son action de 2ème gendarme du monde derrière les U.S.A. par ses interventions dans les différentes régions pays d?Afrique. Il cherche à conquérir de nouveaux marchés et à renforcer son exploitation néocoloniale sur les pays sous développés en y investissant pour en tirer un profit maximum.

Notre pays est donc utilisé comme vitrine, comme rouage, comme maillon, comme tremplin pour cette politique de redéploiement, d?exploitation, de domination, d?agression vis-à-vis d?autres peuples et ceci bien entendu au prix d?une domination totale sur notre peuple, perpétuée dans tous les domaines grâce à un système basé sur un appareil administratif, militaire et judiciaire bien structuré. Cet appareil fonctionne au mieux pour préserver les intérêts de la France impérialiste et des capitalistes nationaux.

La domination de notre patrie par la France ne constitue pas seulement un danger pour l?avenir de note peuple mais aussi une menace pour tous les autres peuples visés par la France et l?impérialisme mondial dans leur politique néocoloniale. En ce sens, est évidente la solidarité de lutte qui doit exister entre Peuples, ceux de la région Caraïbe et tous le Peuples qui sous une forme ou une autre subissent les effets de la politique impérialiste de la France. Il existe effectivement une convergence d?intérêts pour tous ces peuples dans l?affaiblissement de l?impérialisme Français sur tous les plans. Ceci montre combien sur la scène internationale, il est important que soit dénoncée de manière très ferme et systématique la politique coloniale de la France qui participe activement à la politique de l?impérialisme mondial sous la houlette de l?impérialisme américain.

Ces quelques données ont pour objectif de mieux faire connaître la réalité de notre pays, de notre peuple, de notre nation qui vit encore sous le régime colonial avec touts les servitudes, toutes ses ignominies.

Malgré 350 ans de domination totale sous les formes diverse, esclavages, racisme, exploitation capitaliste, oppression nationale, assimilation avec des conséquences très graves dans tous les domaines, environnement naturel, économique, social, culturel, moral, psychique, le peuple Martiniquais revendique son identité, sa culture, son patrimoine.

Malgré tous les moyens utilisés par la France pour maintenir sa domination coloniale, le peuple Martiniquais ne s?est pas résigné, il a mené des actions de résistance et développe sa lutte émancipatrice.

Malgré les positions et les actes de Martiniquais qui se sont engagés à défendre servilement les intérêts de la France et de ceux qui ont choisi de vivre à genoux pour recueillir les miettes jetées par les colonialistes, les masses populaires combattent pour défendre leurs intérêts, ceux de la nation Martiniquaise.

L?élévation du niveau de conscience, le renforcement des forces patriotiques et révolutionnaires font que le peuple Martiniquais est engagé dans la phase ultime de sa lutte de libération même si aujourd?hui le rapport des forces n?est pas encore en sa faveur.

Malgré toute la force, toute la violence oppressive déployées par le pouvoir colonial, malgré tous les obstacles qu?il pourra rencontrer sur son chemin le peuple Martiniquais mènera à terme sa lutte pour la libération nationale et l?émancipation sociale.

Son aspiration à la dignité, sa volonté de liberté, sa détermination à lutter n?ont comme limites que son existence même et dans son combat il usera de tous les moyens dont il pourra disposer pour parvenir à la victoire.



L?EMIGRATION



L?émigration est un phénomène important dans la société martiniquaise. Un Martiniquais sur trois vit en France. C?est le résultat d?une politique délibérée du pouvoir colonial.
Au lendemain des émeutes de Décembre 1959, le pouvoir colonial décide de vider notre pays d?une partie de ses forces vives afin de diminuer les risques d?explosion sociale et en même temps d?offrir au marché français une main d??uvre immigrée à bon marché, ayant la nationalité française, utile notamment pour les administrations.

Il organise ainsi l?expatriation de milliers de Martiniquais et de Martiniquaises :

· Par le biais du service militaire, la quasi totalité des jeunes Martiniquais sont envoyés à l?extérieur. Dans le même temps, augmente le nombre de Français qui font leur service militaire en Martinique.
· Par le financement d?un organisme, le BUMIDON qui délivre gratuitement aux jeunes des billets pour la France.

Ce sont ainsi jusqu?à 10 000 Martiniquais et Martiniquaises par an qui sont envoyés en France. C?est une véritable saignée que subit notre patrie. Ceci a de graves incidences sur l?évolution de notre peuple, de notre pays car, dans le même temps est menée une politique de limitation des naissances.

Ainsi, le Gouvernement français diminuait le nombre de chômeurs, ralentissait la progression démographique, provoquait un vieillissement de la population. Il diminuait le volume des besoins à assurer dans le pays en équipement divers (logements, crèches, écoles, formation professionnelles, installations sportives et culturelles etc...)

Ce phénomène d?émigration massive a eu des incidences profondes et permis au colonialisme d?influer d?avantage sur la conscience des Martiniquais. Ainsi, il a modifié sensiblement le comportement sociologique, culturel, politique d?une grande part de notre peuple qui s?est trouvée directement ou indirectement plus liée à la métropole coloniale.
Le mythe de la France ? mère patrie ? était renforcée, valorisé par un appareil de propagande renforcé..

Presque chaque famille bien que déchirée par la séparation avec l?un des siens plaçait tous ses espoirs dans cette France accueillante. Elle devait être reconnaissante envers la France qui permettra à celui qu?elle accueille de réussir et d?envoyer un peu d?argent au pays.

Ainsi, s?est développé un processus qui a été baptisé, génocide par substitution car pendant que nos frères et s?urs sont exilés en France, un nombre toujours plus important de Français viennent s?installer en Martinique. Pour les Martiniquais émigrés ce sont les affres de la dure situation, du déracinement, de l?inadaptation, du racisme, du chômage, du manque de logement et des discriminations de toutes sortes...
Pour les Français venant en Martinique, c?est le ? paradis ? avec maintes privilèges, emplois assurés, notamment à des postes d?encadrement, avec primes diverses, facilités d?installation de toutes sortes, logements, financement nécessaire, vie de rêve sur les plages...
Actuellement, une faction d?entre ces Français revendiquent des droits sur notre pays.

Aujourd?hui, la communauté Martiniquaise vivant en France, presque 200 000, constitue une entité sociale défavorisée avec d?énormes difficultés. Le retour au pays est une préoccupation constante mais elle est vécue par une grande majorité, avec angoisse car sans perspective. Le taux de chômage y est beaucoup plus important que le taux général de la France.
La délinquance y est très forte. Le nombre de ceux qui séjournent en hôpital psychiatrique atteint un pourcentage élevé. Si la communauté Martiniquaise en France lutte pour l?amélioration de ses conditions de vie, elle constitue une fraction authentique du Peuple Martiniquais et à ce titre aspire à la démocratie, à la liberté, à la dignité. Elle s?organise pour contribuer à la lutte de libération de notre patrie.


Le début des années soixante dix a vu l'existence en Martinique d'un fort mouvement lycéen et dans une moindre mesure étudiant.

Si l'on devait choisir une date pour situer l'acte de naissance de ce mouvement, celle du 10 janvier 1969 devrait être retenue. A cette occasion, des milliers de lycéens allaient manifester à Fort de France contre l'enseignement colonial et pour une éducation centrée sur les réalités martiniquaises.

La caractéristique de ce mouvement naissant est en effet de ne pas se contenter de réclamer des moyens d'étudier, même si cet aspect est loin d'être absent, mais de se placer résolument dans le cadre social et politique martiniquais, à savoir celui d'une colonie. Ce mouvement porte ainsi une critique fondamentale sur l'inadaptation de l'enseignement professé à la jeunesse martiniquaise et la remise en cause de celui-ci.

Il est évident que cette orientation politique s'inscrivait pour beaucoup dans le cadre de la situation internationale où l'année précédente la plupart des campus du monde avait résonné des protestations de la jeunesse internationale contre la société capitaliste et ses divers corollaires dont en premier lieu l'agression américaine contre le peuple vietnamien.

Mais, il convient aussi de trouver dans la réalité martiniquaise l'apparition de ce fort mouvement qui mettra en émoi la Préfecture et ses valets. Ce n'est pas un hasard si à la tête de ce mouvement se situent pour l'essentiel des responsables des jeunesses communistes. Et ceci avec un double aspect. D'un coté, c'est pour l'UJCM (Union de la Jeunes Communistes Martiniquais) la possibilité de démontrer sa capacité de mobilisation hors des bastions communistes. D'un autre coté, c'est aussi un interpellation dans le parti au lendemain d'un IV Congrès du PCM qui a vu la mise en minorité des idées indépendantistes. Autre caractéristique, ce mouvement lycéen va occuper durablement la scène sociale jusqu'au milieu des années 70.

Et ceci avec des temps forts particulièrement importants.

Déjà, il va s'instaurer une tradition qu'à chaque passage annuel (à cette époque, le fait était plutôt rare) du Ministre français des DOM, le mouvement lycéen se mobilise par des grèves et des manifestations massives dans les rues de Fort de France. Le point d'orgue sera en mai 1971 lors du voyage du sinistre Messmer et à l'occasion duquel un lycéen, Gérard NOUVET, sera assassiné à l'angle des rues de la République et Lamartine par une grenade lancée par un garde-mobile français et qu'Alain BRAVO (dirigeant du mouvement lycéen) sera condamné par la justice française. Il y aura un autre prolongement judiciaire puisque le directeur de publication du journal lycéen, Christian COURBAIN, sera poursuivi pour diffamation contre l'armée française !

Un autre mouvement important sera celui mené lors de l'année d'ouverture du Lycée de Trinité qui non seulement était sans moyens réels mais en outre dirigé par un proviseur nommé Zeringuer aux proclamations racistes (« les martiniquais ne sont que des africains avec un vernis de culture française »).

Il faut aussi évoquer la grève la plus longue, de décembre 1973 à mars 1974, contre l'augmentation du prix de l'internat qui eut une finalité victorieuse.

Pendant toutes ces années, le mouvement lycéen a permis l'apparition de dizaines de militants que l'on retrouve aujourd'hui encore dans les mouvements politiques de gauche ou dans les mouvements sociaux. Ce fut un apprentissage fantastique mêlant la lutte de masse et le combat politique.

Sur cette période, la capacité de mobilisation du mouvement lycéen était telle que ses organisations étaient présentes dans le combat de solidarité avec le mouvement ouvrier, particulièrement en 1974 avec les ouvriers agricoles après la fusillade de CHALVET et l'assassinat d'Hilmany et Marie-Louise . Symboliquement, c'est le plus souvent dans les locaux de la Maisons des Syndicats que les réunions et principaux rassemblements avaient lieu.

Le mouvement lycéen a connu deux principales organisations le Mouvement du 10 janvier (MXI) et l'Union des Comités d'Action des Enseignés (UCAEM). Le passage du MXI à l'UCAEM s'est fait dans un contexte de crise et d'affrontements entre tendances politiques. Il ne fait pas de doute qu'au regard de la place qu'occupait sur la scène sociale le mouvement lycéen, il était impossible que les différents courants politiques de gauche et d'extrême gauche ne s'y retrouvent pas et ne tentent d'en prendre le contrôle. L'expérience démontre d'ailleurs que tant l'action unitaire a primé sur l'action partisane, les masses lycéennes ont pris toute leur place dans le combat social tant au niveau de l'éducation que celui plus général de la lutte de libération nationale du peuple martiniquais. En revanche, le déclin qu' a connu à compter du milieu des années 70 s'explique pour beaucoup par la disparition de cette unité d'action.

Aujourd'hui, il faut bien constater que du campus universitaire aux différents lycées, mis à part quelques luttes épisodiques sur des revendications matérielles, il n'existe plus d'organisations permanentes du mouvement lycéen. On dit que ceci s'explique par la dépolitisation de la jeunesse martiniquaise. S'il est vrai que les moyens de propagande développent avec succès le culte de l'individualisme, de l'égoïsme, du rejet de l'action collective au sein de la jeunesse, il faut aussi voir que les forces progressistes ont pour le moins déserté le terrain de la jeunesse.

Or, il n'existe pas dans l'histoire un mouvement social qui ait vaincu sans que la jeunesse y prenne, avec ses propres organisations et sa propre manière de faire, un rôle essentiel.

Nous devons donc impérativement mettre sur pied les moyens de faire face à ce défi.


Touloukaéré   | Unregistered | 30-12-2005 09:21:28
il faut éviter absulument de grands articles comme ca. C'est très difficile à lire il faudrait les faire publier par d'autres médias. c'est un forum de discussion il me semble. Je me demande si tous ces "dire" sont fondés notamment l'accord de l'intervention américaine chez nous il me semble que ce serait pas dans l'intérêt de la france sachant la "voracité" des américains.
Jérémie   | Unregistered | 30-12-2005 09:28:16
" Chant noir de révolte "

Crie, mon enfant
Crie, car tu es libre
Tu as aujourd'hui la liberté,
Tu n'es plus esclave
Tu es libre, libre, libre.
Nous avons notre cheval à nous,
Nous avons notre charrue à nous
Nos mains qui tiennent tout cela sont à nous,
Nous pouvons vendre notre cochon, notre cheval, notre vache,
Plus jamais on ne vendra nos enfants
Serge E   | Unregistered | 30-12-2005 09:37:54
Bonjour,

Confiant reste fidèle à lui-même: créoliste au point de croire que les NEGRES du "nouveau monde" sont tombés du ciel.
Le vrai problème ses situe justement dans la négation de l'ancrage culturel Africain, chose que l'occidental ou le Blanc n'ignore plus en jouant sur les divisions multiples qui découlent de la période esclavagiste.
A mon avis, seul le traitement des névroses identitaires permettront aux NEGRES de se reconcilier avec eux-mêmes,c'est à dire avec leur base culturelle AFRO. Aujourd'hui, nous constatons combien le penchant à l'auto-négation est une réflexe dans notre communauté, par exemple, il yen a qui s'inventent une identité née dans les cales de négriers et de la rencontre avec la violence du code noir, alors que d'autres portent en permanence des lentilles de contact bleues, vertes...et des perruques pendant 365 jours, sans toutefois oublier de s'éclaircir la peau à l'hydroquinone.
Enfin, je ferai remarquer à christophe que les Européens d'Amérique ne renient jamais leurs liens avec leur continent d'origine, tout comme ceux d'Afrique Australe d'Amérique du Sud et de l'Australie.
Le meilleur exemple est l'invasion Irakienne, où l'on a entendu parler des valeurs et civilisations communes pour aller casser de l'Arabe. Il vaut meiux savoir d'où l'on vient pour mieux préparer son avenir, ce que les NEGRES ne veulent pas entendre en se voyant différemment de ce qu'ils sont dans un miroir.
Ne nous cachons pas derrière des spécificités DOMIENNES, comme le font Confiant, Jérémie et Christophe, pour masquer les profonds troubles identitaires qui font de nous des individus livrés à tous les vents.

A+
Touloukaéré   | Unregistered | 30-12-2005 10:09:53
Je ne veux pas me montrer désagréable mais Serge E ton discours devient une espèce de leitmotiv. Ca devient lassant. Va voir le film "little sénégal" et tu verrais que même les afro américains sont racistes envers les noirs d'afrique. Ton monde idéal "noir" n'existe nulle part.
Il reste après la déportation des africains simplement des individus qui essayent de se construire une identité. Certains vers la créolité, domienne d'autre comme toi nostalgique d'une afrique qu'il n'a pas connue et qu'il ne connaîtra jamais. La définition de l'identité est la manière dont l'individu se définit et se reconnait. Tu te caches derrière des mots.Toi même tu es en pleine phase de recherche identitaire sinon tu ne nous prendrais pas la tête avec tous ces palabres.

C'est à chaque individu de faire une recherche individuelle pour se trouver et pouvoir se définir. L'intérêt c'est d'être en paix avec son moi. Ton moi est en pleine ébulition et à besoin d'être reconnu.
Christophe   | Unregistered | 30-12-2005 10:47:02
Serge E

Je crois qu'avant de parler comme vous le faites, vous devriez être sûr de ce que vous avancez. Les Américains ne renient pas leurs origines européennes, mais ils ne s'y rattachent pas pour autant comme à une bouée de sauvetage. Ils ont su, contrairement à ce que vous proposez pour nous Martiniquais, fonder leur identité sur non pas ce qu'ils ont été AVANT l'arrivée dans le Nouveau Monde mais sur ce qu'ils ont été APRES.

Ce qui fonde l'identité américaine c'est le mythe du pionnier, du self-made man, d'un peuple qui a conquis sa liberté, etc. Oser dire que les Australiens et les Yankees, sans parler des Afrikaaners (d'Afrique du Sud) ce considèrent toujours européens ou vouent un "culte" au Vieux Continent me paraît pure hérésie...ou alors preuve d'ignorance.

Rappellons, quand même, que tous ces pays ont soutenu la Guerre en Irak pour des raisons stratégiques (alliance avec les Américains) et pas par "union raciale". Rappelons que le Japon, la Mongolie et même Saint Domingue ont envoyé des soldats là-bas, pourquoi ? Par solidarité avec leurs ancêtres européens ? Quant à l'Afrique du Sud, faut pas oublier qu'elle est dirigée par... des Noirs, donc je ne vois pas pourquoi le Président Mbeki engagerait son pays dans une alliance par "nostalgie européenne"...

Enfin, je ne vois pas en quoi vous vous permettez, Serge E, de m'invectiver et de me désigner sur ce forum, comme si vous distribuyez des bons points aux participants. Si vous avez quelque chose à me dire, adressez vous à moi directement, ce que moi je fais.

Je ne me cache derrière rien du tout, j'expose des faits. Si vous n'êtes pas capable de ne pas remonter aussi loin qu'à l'Afrique (alors que, d'ailleurs, vous devez sans doute avoir quelque ancêtre blanc, indien ou chinois dans votre arbre généalogique : pourquoi ne pas chercher du côté de Pékin aussi ? tant qu'on y est) pour trouver les bases d'une identité culturelle stable, eh bien c'est votre problème. Mon avis, et cela reste donc personnel, c'est que c'est nier tout le processus formidable fait par nos ancêtres qui ont su, au fil des siècles, créer une culture originale, syncrétique, avec des racines mutltiples.

Cordialement
geo   | Unregistered | 30-12-2005 11:50:02
cette echange de post est bien la preuve du malaise ...

avez vous deja entendu un blanc dire a un autre blanc qu'il le trouve trop blanc sur une photo et qu'il faudra changer d'appareil a photo ???

tout le probleme est la.....


nous avons rafistolé des lambeaux de culture pris ca et la pour en faire quelque chose qui vaut ce qu'il vaut....restons en la et essayons d'avancer

des paradoxes ? oui et alors

en voila une :

les gens tiennent absoluement a avoir un morceau de morue dans la cuisine hebdomadaire.
pourtant c'etait un element importé pour alimenter les esclaves et qui traversé les siecles et vendu par le béké.

etant donné que l'on est a une epoque ou on se dit tout
pourquoi ne pas mettre le mot blanc dans toutes communications avec la communauté blanche ?
et si cela ne les vexait pas........????

essayez , entre noirs, d'en faire pareil

PS: concernant Confiant ?? et bien gere son fond de commerce
il a un truc qui m'a toujours amusé c'est sa memoire visuelle
mais bof "pa zavè tchou missié si pa ka rikonnet les anciens collegues MA....en tan i té san ayin"
mca   | Unregistered | 30-12-2005 12:09:08
"la culture françaises dont certains éléments sont une partie de moi. Mais je ne suis pas et ne serai jamais un « Français noir ». Je suis un Créole".
je suis d'accord avec lui sur ce point, n'en déplaise à certains ...
je suis négropolitaine, ça n'a pas été mon choix mais c'est ainsi.

de même je partage cet autre point "Certes, je ne suis pas indifférent aux problèmes rencontrés par les Français noirs mais je ne confonds pas mon combat avec le leur. Surtout pas !".
YES papa !!!
Bécune   | Unregistered | 30-12-2005 12:27:23
Nasyon, reste sur apal pour dégoiser ton verbe. Ici on échange. Nous n'avons pas besoin de leçon d'idéologie qui plus est suspecte. Va jouer plus loin.
madafrica   | Unregistered | 30-12-2005 12:29:51
il y a vraiment des nevrosés antiilais , je suis afroantilais mais pas africain, ou alors je suis senegalais mais pas africain, arreter de vous voilez la face, vous etes toujours sur l emprise du code noir, lisez le vous aller comprendre, que votre reaction, etait deja pensée par, le createur du code noir, et aujoud hui vous l exprimez comme ils le souhtaient , je suis noir, j ai du sans, chinois ,indien, etc...je ne suis pas africain, etc....posez vous la question qu elle interet pour des blancs d enlever des africains en afrique les emmener en martinique, et qu il se ratache, a la mere patrie jusqu à nos jours,
vous etes quand meme intelligent pour comprendre cela, bref

personne ne s étonnent qu il n y a pas de ligne aérienne entre l afrique et la caraibes si non tres peu

je ne suis pas un bounty, pour tout les complexé , aux usa ils disent african american vous avez entendu durant le cyclone katrina, ok, zot sound

je suis un african martinican

Toloman   | Unregistered | 30-12-2005 12:32:34
Bravo à tous,

Voici un lieu où on trouve des commentaires riches qui situent pleinement la problématique.

Je voudrais ajouter quelques commentaires.

Tout d'abord, il me semble que l'on parle (et surtout Confiant) des gens qui sont resté au pays et des descendants de ceux qui sont immigrés ( ces derniers n'acceptent pas ce qualificatifs : la peur d'être assimilé à un autre type d'immigration?).
Effectivement sur ce point les vies, espoirs et destins divergent .

En revanche, on oublie ceux qui sont partis et n'ont pas acheté de concession. Leur rêve est de revenir au pays. Je crois qu'on les oublie à part ces jeunes diplômés à qui l'on demande de revenir.

Effectivement, demandons au jeune de revenir non pour trouver du travail mais pour construire.
Confiant est enseignant. Qu'il transmette ce message à ses élèves et aux politiques locaux.

Cependant construire le pays nécessite d'être un entrepreneur, et pas nécessairement un diplômé.
Ce qui nous manque c'est envie d'entreprendre.
D'ailleurs c'est ce qui manque à la France et donc par voie de conséquence à la colonie.
Evidemment, vous me direz il faut aussi des finances. Je suis convaincu que ces finances existent dans nos pays ou qu'on pourrait les trouver dès lors que l'on sait vendre un projet.

Hélas la première qualité pour un entrepreneur est d'accepter de prendre des risques. Qualité difficile à enseigner dans notre système.

Ensuite, je lis que ces jeunes partent pour faire carrière. Comme je l'ai écrit : ceux qui sont partis pour être brancardier dans les hôpitaux n'ont certainement pas l'objectif d'être des Colin Powell demain, ni même maire adjoint d'une petite commune.
Ils n'aspirent quà une chose : vivre pleinement des possibilités financières qu'on leur propose. Et vivre pleinement dans la tradition de leur pays d'origine. Avez-vous vu comment leurs valises sont chargés lorsqu'ils prennet le chemin du retour vers l'Europe?

Probablement qu'au bout de quelques générions les liens seront distendus en tre les descendants des migrants et de ceux qui sont restés. Les forts liens actuels sont la conséquence de la migration des années 60-80. Cette migration diminue et avec les liens entre les deux groupes qui un jour feront deux peuples.

Pour autant, ces jeunes sont aussi parti pour s'aguerrir, confirmer leur comptéence, affronter le monde et les relations internationales. Le système actuel est largement ouvert et nous aurons besoin de ces jeunes qui auront muri, auront capitalisé sur les compétences qu'ils auront développé en dehors de leur contrées d'origines.
C'est aussi là qu'il nous serons utiles : pour aller gagner les batailles du commerce extérieur.

Ceux qui ne seront pas revenu pourrons relayer dans leur pays d'élection la priorité à la diaspora. C'est aussi en ce sens que nous devrions garder la multiplicité de notre peuple.

Les relations internationales, économiques et commerciales sont avant tout fondés sur des intérêts communs. Je pense qu'il serait erronés d'éviter de profiter de la formidable présence que représentera notre diaspora demain.

Certes, c'est un travail qui demandera cent ans et peut être plus si nous ne commençons pas aujourd'hui et si nous faisons fausse route.

Si les problématiques sont différentes, les objectifs sont les mêmes et je pense qu'ils sont cités dans les autres post et je les résume : affirmer notre identité, vivre bien et heureux, décidons nous de ce que nous voulons pour nous soyons égaux.
sicqo   | Unregistered | 30-12-2005 12:33:11
je vais finir par croire qu'il n'y a que des gens en crise identitaire ici...

Congrès des élus du peuple   | Unregistered | 30-12-2005 12:46:50
26. madafrica : je suis un african martinican.... aliénan ? Crétinus.
Toloman   | Unregistered | 30-12-2005 12:47:35
Encore un petit mot parce que je viens de lire le dernier post.

Je suis né en Martinique et ne pense pas être une particularité dans mes origines.

Si je remonte à mes grands parents : j'ai un grand père indien, un grand père blanc, une grand mère chabine et une grand mère capresse. Ma grand mère chabine est descendante d'une négresse et d'un mulâtre et ma grand mère capresse est descendante d'une Caraïbe et d'un nègre.

Avec cela et je suis navré et n'en déplaise aux nostalgiques et à ceux qui se cherchent : je suis MARTINIQUAIS non pas parce que je ne sais pas où me situer dans toute cette généalogie mais précisément parce que la Martinique et les Martiniquais sont tout cela
touloulou   | Unregistered | 30-12-2005 13:30:15
Halle berry est metisse avec maman blanche mais elle se présente tout le temps a la tv comme african-american, le chanteur common a du sang blanc de ses grands parents mais il est presque raciste anti-blanc, le chanteur ludacris(qui a du sang indien) faisait la promotion de l'afrique(il y a tourné son dernier clip) contre l'image négative que présentent en permanence les médias blancs(sic) pour que les noirs détestent ce continent. a la remise des bet awards il est venu avec le drapeau de l'union africaine chercher son prix.

touloukaere je vis en amérique et je peux te dire que les noirs américains détestent tout autant les noirs des iles!ils nous trouvent ce qu'il y a de plus aliénés! moi je me présente comme afro-martiniquaise ou afro-caribeenne car c'est ce que je sens que je suis. point. mes ancetres sont venus d'afrique et ma culture est essentiellement a base afro. je ne me pose pas plus de questions que ca. que ma peau soit plus claire ou que mes cheveux lisses me viennent d'un grand pere blanc ne me fait pas pour autant triper pour la culture blanche.
geo   | Unregistered | 30-12-2005 13:32:32
toloman..tu vas meme trouver sur ce forum des gens pour te dire qu'il y a des chabins d'origine purement africaine et que le metissage n'a jamais existé.

c'est bien de crise identitaire qu'il s'agit.

sur ce bon 31 dec

-Evitons les tranches trops epaisses de foie gras dans le sandwitch de lundi
-evitez le "canard" ca fait has been.
-pour les huitres evitez de cracher dans les pots a fleurs le chien va les casser
-et puis la clim le soir dans la voiture ....ca sert a rien lèw boulé ou boulé.

Gilles a raison maracudja pour les foies fragiles.....heu made in "china" le concentré a l'usine pour les puristes
anbafey   | Unregistered | 30-12-2005 13:38:47
celui qui a fait la remarque sur thuram: tu traduis la notre gros probleme ! thuram est un negre et nous avons du mal a assume