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CONFERENCE - DEBAT : "FAUT-IL RELANCER LE DEBAT INSTITUTIONNEL ? » Version imprimable
06-02-2006
« Après la Consultation du 7 décembre 2003, FAUT-IL RELANCER LE DEBAT INSTITUTIONNEL ? » CONFERENCE - DEBAT, le mercredi 8 Février 2006 à 17 h 30 à la Salle de Délibération du CONSEIL REGIONAL DE MARTINIQUE Plateau Roy  Cluny  97 200 FORT DE FRANCE Débat animé par Louis BOUTRIN, auteur du livre « Au-delà des discours ! Une volonté pour le pays Martinique ». Lauréat du Prix Arc-en-ciel 2005
Commentaires
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sicqo   | Unregistered | 06-02-2006 10:44:15
certains auraient 'ils des remords? ah ah ah ( rire jaune)
aimé césaire, le faux   | Unregistered | 06-02-2006 12:01:06
NON, il ne faut pas relancer le débat, à 51% ...
OUI, il faut le relancer, à 49% ...
euh .... e, aprezan, sa nou ka fè ?
Lee Bee Dee   | Unregistered | 06-02-2006 15:07:59
Est-ce queue il y aura des filles ? Je demande. Pour savoir si je viendrai.

Parce queue si c'est pour regarder la barbiche du Boutrin, bof, bof.
nasyon matnik péyi a sé ta no   | Unregistered | 07-02-2006 08:00:24
Le vote par une majorité parlementaire de droite en france de la loi sur "le rôle positif" de l'article 4 de la colonisation a provoqué une double stupeur.La stupeur et la colère de nombreux martiniquais et citoyens des DOM -au pays comme en hexagone-qui croyaient sincèrement et naÏvement que la france avait fait son devoir de mémoire sur la colonisation et l'esclavage.

Ils ont découvert qu'une large fraction de la classe politique et publique francaise (64%) sont convaincues du rôle civilisateur de l'homme blanc et de l'europe, et le revendiquent hautement et avec arrogance.Ils percoivent que , dèrriere ce debat sur l'histoire et le passé,il y a le maintien d'un esprit non seulement colonialiste mais raciste dans la france qui se targue d'être la patrie des droits de l'homme.D'où la mobilisation contre la venue de Sarko ressentit comme une insulte.D'où l'exigence de l'abrogation pure et simple de la loi de la honte.

Il y a eu en retour la stupeur de l'opinion francaise quio a découvert que la question coloniale ne concerne pas seulement l'Afrique du Nord , mais aussi les ex "vieilles colonies".La presse francaise a été étonné que le "vieux sage humaniste " Césaire , qui recoit presque tout le monde , ait refusé de rencontré le ministre de l'intèrieur, traduisant la répulsion de son peuple à l'égard d'un authentique raciste qui répète qu'il refuse la "repentance permanente".


La gauche et l'extreme gauche de cette Nation se sont rassemblé et ont exiger l'abrogation de la loi puis puis la rage de la droite martiniquaise Monplaisir à Laventure qui s'appretait à se vendre à Sarko et à enterriner la question institutionnelle dans le meme balan ne peut que nous rejouir.Car comme l'écrit patrick Singainy, " à présent que l'etat francais officiellement entendre que nous sommes des citoyens infèrieurs sempiternellement redevables de la "mère patrie", nous pouvons accéder sans objections sèrieuses, à un statut en rapport avec nos véritables identités et aspirations" ( France-Antilles du 15.12.2005)

Ce qui importe, c'est d'affirmer et rappeler à cette opinion francaise bien -pensante que aujourd'hui la Martinique est encore une NEO-COLONIE départementale et que-en dépit de certains progrès indéniables-la departementalisation
n'est pas la décolonisation (L'algerie une fois annexée à l'époque était aussi un departement francais et c'est par l'independance qu'il y a pu avoir decolonisation)


Toutes les décisions importantes concernant la vie des Martiniquais(ses) sont prises par des personnes et des institutions non martiniquaises.L'économie du pays est chaque jour plus dépendante et l'avenir de sa jeunesse est bouché.Et ses choix de devellopement sont dictés en fonction d'intérets extèrieurs et des lobbys coloniaux locaux.La culture martiniquaise, malgrés sa vivacité, est écrasée et marginalisée.

L'abrogation de l'article 4 a été indispensable pour le respect de notre dignité mais cependant il est encore plus nécessaire de lutter pour que la Martinique soit MARTINIQUAISE.

mési an pil mési an chay!


aimé césaire, le faux   | Unregistered | 07-02-2006 09:48:23
nasyon matnik péyi a sé ta nou, nou dakò epi w. mè yo te'e di se pwopagann ou vini fè isi a.
pran tan pran de blag epi Lee-Bee-Dee ouben Levitik. Mete LaRédaction alafèt delè. Rilaks, kanmarad militan. Mete kò w konfòtab isi a. Ou two adan diskour politik. Jui lavi w.
Lendenpandans ou pa lendepandans, jui lavi w.
nasyon matnik peyi a sé ta nou   | Unregistered | 07-02-2006 10:14:06
"nasyon matnik péyi a sé ta nou, nou dakò epi w. mè yo te?e di se pwopagann ou vini fè isi a.
pran tan pran de blag epi Lee-Bee-Dee ouben Levitik. Mete LaRédaction alafèt delè. Rilaks, kanmarad militan"
Dévenn pou mwen,man té kè ni tan man té ké'i fè'i , pa tchoué kô'w man ké pran tan de blag lè Nasyon mwen kè émancipé !

"Ou two adan diskour politik. Jui lavi w." paské tou sé pwoblem nou ka renkontré jodi a ka vini di la!


Micheline   | Unregistered | 07-02-2006 14:12:03
""(L?algerie une fois annexée à l?époque était aussi un departement francais et c?est par l?independance qu?il y a pu avoir decolonisation)""

En effet, il ne peut y avoir décolonization sans indépendance.
Sans indépendance, la colonization progresse jusqu'a son but final, sa solution finale. Il y avait selon l?Insee 25000 ?métropolitains? vivant en Martinique en 1990. Aujourd?hui, les estimations parlent de 85 000. A bon entendeur, salut.
aimé césaire, le faux   | Unregistered | 07-02-2006 14:39:55
regardez les chiffres du nombre de Martiniquais en France en 1970, en 1980, en 1990, en 2000 et maintenant.
comparez ensuite au nombre de Français en Martinique à ces mêmes périodes.
kaldochisation, dilution, génocide par substitution, ... rien de tout cela : continuité territoriale. en gros, je te donne le RMI, les routes, l'eau, l'électricité; en retour, je prends les postes de direction et d'encadrement, je m'installe et je jouis de la vie sous les Tropiques.

si nou pa dakò, nou konnèt sa nou dwe fè ...
aimé césaire, le faux   | Unregistered | 07-02-2006 17:10:45
nasyon matnik peyi a sé ta nou,

koute mwen ti bolonm. ki Matinik endepandan, ki Matinik pa endepandan :
* fanm dou
* manje bon
* koke dous
* lafèt bon
* lavi bèl

pa jan bliye sa. se viv lavi, li yonn, ka konte an prèmye. tou lèrèstan se boul chit.
nasyon matnik péyi a sé ta nou   | Unregistered | 07-02-2006 17:53:32
"pa jan bliye sa. se viv lavi, li yonn, ka konte an prèmye. tou lèrèstan se boul chit."
Dans ces cas la ne nous plaignons pas de tous nos problemes et maux si sé viv lavi zot lé ! zot ka di i ni trop volans m ,zot ka pleurniché ki ni trop zoreil en péyi a mè zot pa lé boujé tjou zot mi paradox zot yé aktjèlman !
revolutionnaire   | Unregistered | 07-02-2006 18:12:58
Le Manifeste de l'O.J.A.M

Placardé en Martinique les 23 et 24 décembre 1962



En décembre 1959, 3 fils de la Martinique, BETZI, MARAJO, ROSILE, tombaient victimes des coups du colonialisme français. Ce sacrifice montra à la jeunesse de notre pays la voie de l'émancipation, de la fierté, de la dignité. Depuis, notre peuple, si longtemps plongé dans les ténèbres de l'histoire, offre une résistance de plus en plus grande à l'oppression coloniale. Mais le colonialisme français, suivant ses intérêts, accentue chaque jour son potentiel répressif, voulant ainsi maintenir notre peuple sous le joug colonial. Aujourd'hui l' Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique déclare:
Que la Martinique est une colonie, sous le masque hypocrite de département français, comme l'était l'Algérie, parce que dominée par la France, sur le plan économique, social, culturel et politique. Ce qui se traduit par:


- Une économie uniquement agricole, à caractère féodal.
- La prépondérance d'une minorité béké, liée au colonialisme français, monopolisant la terre, les usines, le commerce et les banques.
- Un déficit permanent de la balance commerciale.
- Un revenu individuel moyen les plus bas du monde.
- Le chomâge et la misère.
- L'insuffisance d'écoles, de bibliothèques, de stades, d'installations sportives.
- La déformation de l'histoire martiniquaise à des fins assimilationnistes.
- L'étouffement de tout effort pour développer une culture martiniquaise populaire et authentique.- L'aggravation de la répression (Décembre 59, Mars 61), l'augmentation des forces policières, le renforcement constant de l'appareil administratif français, et l'immigration de plus en plus considérable de civils et militaires français.
- La révocation de fonctionnaires martiniquais ayant résisté aux arbitraires tentatives d'exil.
- Les condamnations de patriotes martiniquais.

Condamne définitivement le statut de département français comme contraire aux intérêts du peuple et de la jeunesse de la Martinique, et rendant impossible tout développement.

Proclame la nécessité de la collectivisation des terres et des usines.
- le droit de notre peuple d'exploiter ses richesses et ses ressources et d'industrialiser le pays.
- le droit de tous au travail et à un salaire décent.
- La nécessité inéluctable de l'entrée de la Martinique dans le vaste mouvement de décolonisation totale.

En conséquence l'O.J.A.M. (l'Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) affirme que le malaise économique et social qui sévit à la Martinique ne pourra disparaître que grâce à un programme martiniquais au profit des martiniquais.
Proclame le droit des martiniquais de diriger leurs propres affaires.
Demande aux Guadeloupéens, aux Guyanais de conjuguer plus que jamais leurs efforts dans libération de leur pays pour un avenir commun. Soutien que la Martinique fait partie du monde antillais.
Appelle les jeunes de la Martinique, quelles que soient leurs croyances et leurs convictions, à s'unir pour l'écrasement définitif du colonialisme dans la lutte de libération de la Martinique.

LA MARTINIQUE AUX MARTINIQUAIS !



Les 18 auteurs du Manifeste de l'O.J.A.M, intitulé "La Martinique aux martiniquais".

Rodolphe Désiré, Renaud de Grandmaison, Henri Pied, Hervé Florent, Marc Pulvar, Joseph "Kokho" René-Corail, Léon Sainte-Rose, Charles Davidas, Roger Riam, Victor Lessort, Gesner Mencé, Henri Armougon, Manfred Lamotte, Guy Dufond, Guy Anglionin, Georges Aliker, Josiane Saint-Louis-Augustin et Roland Lordinot.



LUMINA SOPHIE   | Unregistered | 07-02-2006 18:18:20
Une liberté dont les structures sont pré-déterminées détruit à terme la liberté.

Il n'est pas question, et il serait scandaleux, de méconnaître l'ouvrage de ceux, politiques et techniciens, qui depuis si longtemps travaillent dans le cadre du système actuel et qui d'ailleurs, confrontés aux impasses de ce même système, réclament aujourd'hui qu'on le dépasse, par les aménagements ou par la transformation radicale. Mais la liberté ne peut provenir d'en haut. Elle émerge du dedans. Ce que l'on reçoit passivement vous maintient en position sous-ordonnée. Ainsi voit-on apparaître dans nos débats politiques un nouveau discours: celui d'un assimilationnisme nationaliste, qui nomme le pays à chaque mot, mais comme pour mieux le dissoudre. Ici, le rôle de la France ne devrait pas être de décider des cadres de notre liberté, même après consultation, mais d'ouvrir ce qui avait été fermé, de dénouer ce qui avait été noué, d'oxygéner les zones où l'asphyxie avait été permise. Briser le sac DOM-TOM. Déclencher des espaces de souveraineté susceptibles d'être évolutifs. Depuis l'amas de décombres des solutions rapportées, nous mesurons que les seules avancées qui vaudront seront celles qui naîtront de nous-mêmes, qui susciteront des verticalités intimes, de celles qui maintiennent d'aplomb la réalité des libertés.

Convenir d'un projet qui nous rassemble est un acte fondateur.

Que pouvons-nous faire ensemble pour exister au monde ? Comment concilier notre nécessaire responsabilité collective avec les réalités économiques universellement et férocement triomphantes ? Le moment est venu de débattre publiquement de ce que beaucoup d'entre nous pensent, l'un à part l'autre.

La transformation progressive du tissu économique et social de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique ne peut se faire en dehors de la mise en oeuvre d'un projet global qui préparerait l'avenir en tenant compte du présent.

Nos pays ne peuvent envisager de solutions à mettre en oeuvre, ni leur calendrier, dans la perspective, par exemple, d'une industrialisation lourde, d'une agriculture extensive, d'un tourisme exclusif ou d'une hypertrophie du secteur tertiaire, commerce de consommation, etc... Dans tous ces domaines, notre retard ou nos impossibles sont irrattrapables.

Notre seule ouverture est celle d'une production diversifiée à valeur ajoutée, (la valeur ajoutée étant cette donnée spécifique dont l'exploitation permet un profit et un développement réel) comme celles qu'ont mises en oeuvre la plupart des petits pays qui aujourd'hui disposent de leur propre sort. Dans le concert baroque du monde actuel, nous croyons à l'avenir des petits pays. Autrement dit, nous croyons qu'il n'y a pas de petits pays, il n'y a que de grands projets.

Les conditions générales des Antilles, de la Guyane et de la Caraïbe (des îles, ou des espaces facilement nettoyables, aisément transformables) font que la valeur ajoutée que nous pouvons envisager résulterait d'une production à caractère biologique, dont la demande grandit irrésistiblement sur le marché mondial. Il nous faut occuper ce créneau.

C'est pourquoi, depuis quelques temps déjà, certains d'entre nous ont proposé de mettre en place en Martinique le projet global d'une économie centrée sur des produits biologiques diversifiés, et de conquérir sur le marché mondial le label irréfutable « Martinique pays à production biologique », ou « Martinique, premier pays biologique du monde ».

Nous appelons les Guadeloupéens, les Guyanais et les Martiniquais à considérer la nécessité d'une telle orientation, même si dans chacun de ces pays un projet de cette nature peut passer par des voies différentes, par exemple un accomplissement technologique en Guyane.

En ce qui concerne le projet biologique les difficultés sont immenses et nous n'en signalons ici que quelques-unes de caractère très général.

Un tel projet ne saurait être imposé d'en haut, il devrait être l'affaire de tous, débattu par tous. Il ne serait pas viable si une seule composante de notre réalité s'en tenait à l'écartrt ou en était exclue, par quelque mécanisme ou quelque préjugé que ce soit.

Il ne serait pas viable sans l'adhésion de la jeunesse, qui y trouvera des motifs d'enthousiasme et d'action. L'insertion et l'emploi sont irréalisables en dehors d'une intention collective et d'une visée commune.

Il ne serait pas viable s'il ne favorisait pas, dans la chair même de notre lieu, des vitalités culturelles, linguistiques et artistiques, capables d'éveiller notre regard et de renouveler notre imaginaire de nous-mêmes et du monde. Ce projet ne serait pas viable s'il n'est pas total, c'est à dire s'il n'englobe pas tous les secteurs d'activité, agriculture, tourisme, agroalimentaire, médecine, pêche, communication, lutte contre la pollution, système éducatif, secteurs de production et de consommation, etc. Toute entreprise biologique isolée est fragile et périssable.

koutlas   | Unregistered | 07-02-2006 18:20:46
La départementalisation
a mis en oeuvre des processus indéniables de modernisation, d'élévation du niveau de vie, d'amélioration générale des conditions d'existence et des rapports sociaux, mais elle s'est aussi pervertie en un syndrome d'assistanat généralisé, de dépendance accrue, et d'une anesthésie qui se renforçait à mesure que les transferts publics augmentaient en ampleur. Il faut ajouter le mal-être généralisé et l'invalidation des pouvoirs locaux renvoyés à leur impuissance à chaque passage d'un grand commis gouvernemental porteur de subsides et de décisions. Et encore, cette consommation hyperbolique par laquelle nous nous dispensons si plaisamment d'investir, de nous projeter, de construire. Le devenir de la consommation est alors la consommation elle-même, qui va jusqu'à consumer ses acteurs. L'échec est là, et même les partisans de l'assimilation sont obligés aujourd'hui de reconsidérer ou de relativiser leur terrible absolu.

Par la départementalisation
la France nous a fait accéder à son monde. Il nous faut accéder par nous-mêmes aux horizons du monde.

Un statut ne sert pas d'âme vivante à un peuple.

Tout statut est un outil au service d'une intention, d'un désir, d'une projection vers le monde. La lutte pour le changement de statut est certes légitime. Mais cet ensemble complexe naît de ce que l'on pourrait appeler un projet. Le projet n'est pas un programme, c'est d'abord une stratégie, un cadre dynamique offert aux enthousiasmes et aux réalisations. Il donne du sens à chaque désir, chaque intention, chaque projection, il lie ensemble les énergies et les vouloirs, il crée une liberté collective qui alimente chaque liberté individuelle, laquelle nourrit l'ensemble. Le projet, parce qu'il est réellement consenti par tous, préserve des décisions unilatérales, des dérives autarciques, des automatismes institutionnels stériles. Et c'est le projet qui génère ses lieux de pouvoirs, de possibles, qui rend nécessaire tel ou tel cadre juridique. C'est le projet qui sécrète le statut qui lui est nécessaire, et non le contraire. Là où le statut a purement et simplement remplacé le projet, on a vu persister les dépendances et les assistanats, même dans des cadres de responsabilité élargie, on a vu des désirs de retours en arrière et des appels à une réactivation de la sujétion, on a vu le geste inachevé incapable d'actionner l'espace qui lui était donné. L'autonomie de la pensée, la souveraineté de l'imaginaire, la liberté de l'esprit sont, ici, des conditions incontournables.

En plaidant pour la conception d'une telle utopie réaliste, qui accompagnerait et fonderait la lutte pour tout statut nouveau, nous invoquons en fait cette liberté initiale sans laquelle aucune liberté ne peut s'envisager: la liberté de la pensée. Un esprit libre est d'abord soucieux de trouver le moyen de faire converger les énergies, les désirs, les intentions, de leur donner un sens, sinon unique, du moins global. La capacité à définir un projet global est, pour un peuple, le signe qu'il est déjà libre, et que fort de cette liberté, il est en mesure de construire ses libertés.

Notre incapacité à penser/vouloir un projet est sans doute la résultante du corset départemental qui engoue encore nos imaginaires de solutions dépendantes et assistées, solutions qui nous posent des problèmes et qui nous stérilisent. La dépendance-assistanat déréalise toute résistance ; elle invalide l'intuition juste en l'empêchant de se doter d'outils réalistes performants. Ce système exclut tout ce qui ne lui est pas conforme, ou propice, et se révèle incapable de comprendre ou d'admettre la nécessité de la moindre audace ; il prolifère ainsi jusqu'à ce qu'il s'asphyxie lui-même. Au fur et à mesure qu'il s'épuise, ce système génère pourtant des pulsions évolutives par lesquelles, paradoxalement, il se maintient. Revendiquer un statut sans concevoir un projet global n'est pour nous qu'une pulsion évolutive. Pas un écart déterminant.

Une liberté dont les structures sont pré-déterminées détruit à terme la liberté.

Il n'est pas question, et il serait scandaleux, de méconnaître l'ouvrage de ceux, politiques et techniciens, qui depuis si longtemps travaillent dans le cadre du système actuel et qui d'ailleurs, confrontés aux impasses de ce même système, réclament aujourd'hui qu'on le dépasse, par les aménagements ou par la transformation radicale. Mais la liberté ne peut provenir d'en haut. Elle émerge du dedans. Ce que l'on reçoit passivement vous maintient en position sous-ordonnée. Ainsi voit-on apparaître dans nos débats politiques un nouveau discours: celui d'un assimilationnisme nationaliste, qui nomme le pays à chaque mot, mais comme pour mieux le dissoudre. Ici, le rôle de la France ne devrait pas être de décider des cadres de notre liberté, même après consultation, mais d'ouvrir ce qui avait été fermé, de dénouer ce qui avait été noué, d'oxygéner les zones où l'asphyxie avait été permise. Briser le sac DOM-TOM. Déclencher des espaces de souveraineté susceptibles d'être évolutifs. Depuis l'amas de décombres des solutions rapportées, nous mesurons que les seules avancées qui vaudront seront celles qui naîtront de nous-mêmes, qui susciteront des verticalités intimes, de celles qui maintiennent d'aplomb la réalité des libertés.

Convenir d'un projet qui nous rassemble est un acte fondateur.

Que pouvons-nous faire ensemble pour exister au monde ? Comment concilier notre nécessaire responsabilité collective avec les réalités économiques universellement et férocement triomphantes ? Le moment est venu de débattre publiquement de ce que beaucoup d'entre nous pensent, l'un à part l'autre.

La transformation progressive du tissu économique et social de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique ne peut se faire en dehors de la mise en oeuvre d'un projet global qui préparerait l'avenir en tenant compte du présent.

Nos pays ne peuvent envisager de solutions à mettre en oeuvre, ni leur calendrier, dans la perspective, par exemple, d'une industrialisation lourde, d'une agriculture extensive, d'un tourisme exclusif ou d'une hypertrophie du secteur tertiaire, commerce de consommation, etc... Dans tous ces domaines, notre retard ou nos impossibles sont irrattrapables.

Notre seule ouverture est celle d'une production diversifiée à valeur ajoutée, (la valeur ajoutée étant cette donnée spécifique dont l'exploitation permet un profit et un développement réel) comme celles qu'ont mises en oeuvre la plupart des petits pays qui aujourd'hui disposent de leur propre sort. Dans le concert baroque du monde actuel, nous croyons à l'avenir des petits pays. Autrement dit, nous croyons qu'il n'y a pas de petits pays, il n'y a que de grands projets.

Les conditions générales des Antilles, de la Guyane et de la Caraïbe (des îles, ou des espaces facilement nettoyables, aisément transformables) font que la valeur ajoutée que nous pouvons envisager résulterait d'une production à caractère biologique, dont la demande grandit irrésistiblement sur le marché mondial. Il nous faut occuper ce créneau.

C'est pourquoi, depuis quelques temps déjà, certains d'entre nous ont proposé de mettre en place en Martinique le projet global d'une économie centrée sur des produits biologiques diversifiés, et de conquérir sur le marché mondial le label irréfutable « Martinique pays à production biologique », ou « Martinique, premier pays biologique du monde ».

Nous appelons les Guadeloupéens, les Guyanais et les Martiniquais à considérer la nécessité d'une telle orientation, même si dans chacun de ces pays un projet de cette nature peut passer par des voies différentes, par exemple un accomplissement technologique en Guyane.

En ce qui concerne le projet biologique les difficultés sont immenses et nous n'en signalons ici que quelques-unes de caractère très général.

Un tel projet ne saurait être imposé d'en haut, il devrait être l'affaire de tous, débattu par tous. Il ne serait pas viable si une seule composante de notre réalité s'en tenait à l'écartrt ou en était exclue, par quelque mécanisme ou quelque préjugé que ce soit.

Il ne serait pas viable sans l'adhésion de la jeunesse, qui y trouvera des motifs d'enthousiasme et d'action. L'insertion et l'emploi sont irréalisables en dehors d'une intention collective et d'une visée commune.

Il ne serait pas viable s'il ne favorisait pas, dans la chair même de notre lieu, des vitalités culturelles, linguistiques et artistiques, capables d'éveiller notre regard et de renouveler notre imaginaire de nous-mêmes et du monde. Ce projet ne serait pas viable s'il n'est pas total, c'est à dire s'il n'englobe pas tous les secteurs d'activité, agriculture, tourisme, agroalimentaire, médecine, pêche, communication, lutte contre la pollution, système éducatif, secteurs de production et de consommation, etc. Toute entreprise biologique isolée est fragile et périssable.

Il ne serait pas viable s'il n'aménageait un calendrier progressif de transformations. La prudence réaliste et l'audace de la conception globale se renforcent mutuellement. Il ne saurait se développer de manière isolée, en dehors de l'effort et de la solidarité des autres pays de la Caraïbe ou des voisins continentaux de la Guyane. Cet espace devenu solidaire devrait se constituer en une des zones bleues du monde.

Ceci dit, des milliers de problèmes concrets s'ouvrent et s'offrent à notre détermination et à notre patience. Nous suggérons que les axes de développement d'un tel projet soient étudiés, proposés au débat et à l'approbation publique, et mis à la disposition des élus responsables, des syndicats, des décideurs économiques, des éducateurs, des créateurs et des régisseurs culturels, des animateurs de la jeunesse et des sports, des préposés à la santé publique ..., de tous les acteurs de la société civile, qui auront à charge d'en aménager le processus.

Nous sommes convaincus que si un tel projet global n'est pas acceptable par tous, il faudra de toutes manières en inventer un autre, qui ne pourra généralement se définir qu'autour de cette nécessité d'une production à valeur ajoutée. C'est dans un tel cadre que les espaces de liberté politique cesseraient d'être des coquilles vides. Et c'est un projet de cette nature qui nous mettrait à même de mieux définir et préciser ces espaces à conquérir.

nasyon matnik péyi a sé ta nou   | Unregistered | 07-02-2006 18:28:53
LUMINA SOPHIE
"et de conquérir sur le marché mondial le label irréfutable « Martinique pays à production biologique », ou « Martinique, premier pays biologique du monde ».
Nous appelons les Guadeloupéens, les Guyanais et les Martiniquais à considérer la nécessité d?une telle orientation"

OK mais si tu crie sur les toitsles termes "productions biologiques"
nous ne serons plus " Martinique, premier pays biologique du monde ".
Congrès des élus du peuple   | Unregistered | 07-02-2006 21:49:22
Il y avait nasyon, le suppositoire patente de BMJ, limite supportable, genre propagande puérile. Mais bon il était seul et son innocence angélique pouvait faire sourire. Il y a maintenant lumina, koutlas, revolutionaire. Tout ça ressemble à s'y méprendre à des faux-nez de nasyon. C'est trop là. Tu ne peux pas aller propagander ailleurs ?

nasyon, tu es triste et chiant. C'est de l'infantilisme ça. Va remettre ta couche gamin. Ton truc ne fait plus rire. T'as pas ton bac de français à préparer, non ? Nou bon la.
MAD'NIKNIK972   | Unregistered | 08-02-2006 07:31:42
Il faut le relancer ! ! !

Car il est essentiel pour l'avenir du peuple qui aujourd'hui est noyé dans des immenses promesses des dirigeants francais qui ne saient mm po dja remettre en état La FRANCE.

Faut qu'on puisse maintenant offrir tte les chances à notre avenir qui seul nous pourra le joindre a nos difficultés.

Pensons nous franchement que nous en sommes leurs soucis ! ! !

Il est tps de se responsabiliser en ayant des moyens ns permmettant de dire que nous avons des hommes qui veulent créer, une vrai pays avec ts les atouts que nous possédons.

Mwen cé mou ki sav sa pays mwen ka vou ! ! hé an pé pa lésé moun di mwen ké nou pé ké rivé. Nou fai avan é si cé po zot ki ké fai ben mwen ké sa fé bagay pou nou toute
nasyon matnik peyi a sé ta nou   | Unregistered | 08-02-2006 08:05:28
CONGRES DES ELUS DU PEUPLE
"Il y avait nasyon, le suppositoire patente de BMJ, limite supportable, genre propagande puérile. Mais bon il était seul et son innocence angélique pouvait faire sourire. Il y a maintenant lumina, koutlas, revolutionaire. Tout ça ressemble à s?y méprendre à des faux-nez de nasyon. C?est trop là. Tu ne peux pas aller propagander ailleurs ?"
Je suis le suppositoire et laisse moi deviner ,toi tu es le trou du cul!
la france t'encule et tu à l'air d'aimer sa!
Tu verras l'histoire me donneras raison!
Micheline   | Unregistered | 08-02-2006 09:21:21
""la france t?encule et tu à l?air d?aimer sa! ""
nasyon matnik péyi a sé ta nou   | Unregistered | 09-02-2006 08:00:03
Bokantaj
Le CNCP organise un Bokantaj sur le thème suivant :
?La situation des émigrés martiniquais en France?
le Samedi 18 février 2006 à 16h à l?immeuble APAL - 8 rue Pierre et Marie Curie - Terres- Sainville - FORT DE FRANCE .
Congrès des élus du peuple   | Unregistered | 09-02-2006 22:31:41
A ce bokantaj il y aura : nasyon, lumina sophie, koutlas, révolutionnaire, qui pourront échanger transquillement.
nasyon matnik peyi a sé ta nou   | Unregistered | 10-02-2006 08:06:06
Oui, Congrès des élus du peuple et d'autres personnes "conscientisées " . Ne t'en fais pas, man sav opu pa kè'i vini mè sa pa grav ou kè évolué an lot lè !
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Dernière mise à jour : ( 10-06-2008 )
 
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