Faut-il laisser le Tour des Yoles à l’ASO ? #TDY2014

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#Amaury Sport Organisation (#ASO), un géant du spectacle sportif (Tour de #France cycliste, la #Vuelta, ….) a-t-elle des vues sur le Tour des Yoles de #Martinique. La Fédération dit que c’est elle qui est allée les démarcher. Il n’en demeure pas moins que l’information est là.

#Bondamanjak a voulu savoir ce qu’en pensait le monde de la yole. Petite enquête à base d’entretien avec les uns et les autres… et réflexions.

Première constatation : peu de yoleurs, patrons, amateurs sont au fait de cette affaire. L’information est sortie lors du punch presse de jeudi avant Tour. Le président de la Fédération, Alain #Dédé, n’a pas été très prolixe dessus.

Deuxième constatation : ceux qui sont au courant sont très majoritairement pour même s’ils restent circonspect (bagay-tala sé an kouto a dé lanm). Ils sont pour parce qu’ils savent les difficultés à trouver des partenaires, des sponsors.

Tous savent combien leur sport est couteux en matériels, en frais de transport pour les déplacements, pour les fournitures, les soins, …. Les patrons savent les couleuvres (les appels téléphoniques sans réponses, les rendez-vous non honorés, ….) qu’ils doivent avaler pour obtenir le chèque qui permettra de préparer le Tour. Les partenaires locaux, peu à peu se retirent. Séquelles de Février 2009 ? Crise économique ? Revirements stratégiques ? La réalité est que ça n’a jamais été aussi difficile de trouver un partenaire.

Les coursiers interrogés veulent juste de meilleures conditions en course, et à terre. Un peu de confort, le minimum, celui qui traduit le respect qu’on peut avoir pour leur pratique sportive. Avoir un préparateur physique, pouvoir dormir à l’hôtel durant le Tour par exemple. Ce n’est pas du luxe. Datex est de Sainte-Anne, Royal de Trinité, Zizitata du Vauclin… Le trajet aller-retour pour chaque étape ajoute de la fatigue, prend du temps. Aucun ne veut cette récupération politicienne en marche de leur sport grâce à l’argent public.

Ceux qui sont hors de la #yole, ceux pour qui la yole se résume au Tour et son cortège d’excès en tout genre, alcool, sexe, musique… ou qui regarde à la télévision s’en foutent absolument. ASO ou #FYRM, il y aura toujours des charnelles en string, des filles charnues boudinées dans des vêtements trop petits, des tee-shirts distribués au pied des podiums, du rhum pour déchirer les têtes et le spectacle magique des régates du Tour, vu d’hélicoptère, sera toujours diffusé à la télé.

Des autres, certains sont contre car ils ne veulent pas, dans l’état de déliquescence dans lequel est le pays, qu’il continue à se déliter, à se dissoudre et que fatalement il se perde dans une mondialisation. Les derniers sentencient à tout va. Dans leur posture doctrinale classique d’intellectuels, la yole est juste un pion au contenu identitaire. Un instrument. Pour eux, même si elle en devait en crever, elle doit rester purement martiniquaise. Et pourtant, peu on une connaissance autre que cosmétique, superficielle, onirique du monde de la yole.

Alors, peut-être que si l’ASO se mettait en partenariat avec la FYRM, une FYRM vigilante, la yole-ronde de Martinique survivrait, se développerait, et, comme disait un coursier furieux dimanche à l’arrivée du Prologue à Fort-de-France : « pétèt si sété l’ASO ki té ka organizé Tour-la, té ké ni plis ki 8 douch, épi an ti-filèt dlò ka koulé, pou nou rensé kò-nou ».

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