Île de La Réunion : 20 Décembre 1848 SARDA GARRIGA. (Le DISCOURS de l’humiliation) Décryptage

XIR182193 Joseph Napoleon Sebastien Sarda Garriga (1808-77) with the Emancipation Decree on La Reunion, 10th December 1848 (oil on canvas) by Garreau, Alphonse (1792-p.1831) oil on canvas Musee des Arts d'Afrique et d'Oceanie, Paris, France Lauros / Giraudon French, out of copyright

XIR182193 Joseph Napoleon Sebastien Sarda Garriga (1808-77) with the Emancipation Decree on La Reunion, 10th December 1848 (oil on canvas) by Garreau, Alphonse (1792-p.1831)
oil on canvas
Musee des Arts d’Afrique et d’Oceanie, Paris, France
Lauros / Giraudon
French, out of copyright

20 Décembre 1848 SARDA GARRIGA. (Le DISCOURS de l’humiliation) Décryptage

Déclaration AUX TRAVAILLEURS (Esclaves, servants, petit peuple corvéable à souhait.)

Mes sujets !

Les ordres de la France Coloniale sont exécutés. Vous êtes libres de vous croire libres.Tous égaux devant la loi, certains plus égaux que d’autres, c’est le principe de l’égalité. Vous n’avez autour de vous que des frères. Je le décrète. Je pense donc je suis. Je le dis donc c’est vrai. La liberté, de toute évidence, vous impose des obligations.

C’est là, l’essence même du mot liberté ; IMPOSER DES OBLIGATIONS !

Soyez dignes d’elle, car la liberté n’est pas un droit fondamental, et montrez à la France et au monde qu’elle est inséparable de l’ordre et du travail, inséparable de la soumission et de l’exploitation.

Jusqu’ici, mes sujets, vous avez suivi mes conseils, je vous en remercie. Vous me prouverez que vous m’aimez en remplissant les devoirs que la Société impose aux hommes libres. Vous êtes libres de vous y soumettre. Vous n’avez pas le choix.

Ils seront doux et faciles pour vous, car vous êtes robustes, faits pour le travail. Rendre au Blanc ce qui lui appartient, travailler en bons ouvriers soumis comme les prolétaires de France, pour élever vos familles, si toutefois vous parvenez à en retrouver les membres séparés; voilà ce que la France vous demande.

Sous le chabouc, Vous avez tous pris des engagements dans le travail : commencez-en dès aujourd’hui la loyale exécution. Un homme libre noir n’a que sa parole, et les promesses reçues par les magistrats blancs sont sacrées. Sous la pression, Vous avez vous-même librement choisi les exploiteurs auxquels vous allez offrir votre courage: Du jour au lendemain, ces anciens bourreaux deviendront de bons patrons. Vous devez donc vous rendre avec joie sur les habitations que vos bras sont destinés à féconder et il se peut que vous receviez la juste rémunération de vos peines.

Je vous l’ai déjà dit, mes amis, la Colonie est pauvre beaucoup de propriétaires ne pourront peut-être payer le salaire convenu qu’après la récolte, ou peut-être pas du tout. Vous attendrez ce moment avec patience. Vous prouverez ainsi que le sentiment de fraternité entre dominants et dominés recommandé par la France à ses enfants, est dans vos cœurs.

Je vous ai trouvés bons et obéissants, de bons nègres dociles. Je compte sur vous. J’espère donc que vous me donnerez peu d’occasion d’exercer ma sévérité, ma barbarie; car je la réserve aux insoumis, aux paresseux, aux vagabonds et à ceux qui, après avoir entendu mes paroles bénies, se laisseraient encore égarer à penser par eux-mêmes.

Mes amis, travaillons tous ensemble, surtout vous, travaillons à la prospérité de notre Colonie. Le travail de la terre n’est plus un signe de servitude depuis que vous êtes appelés à prendre votre part des biens qu’elle prodigue à ceux qui la cultivent.

Exploiteurs et exploités ne feront plus désormais qu’une seule famille dont tous les membres doivent s’entraider. Tous libres, frères et égaux, et chacun à sa place, leur union peut seule faire leur bonheur.

L’empire, mes amis, a voulu faire votre bonheur en vous donnant la liberté. C’est un cadeau qu’il vous fait. Qu’il puisse dire que vous avez compris sa généreuse pensée, en vous rendant dignes des bienfaits que la liberté procure. Montrez-nous que vous êtes aptes à être libre.

Vous m’appelez votre père et, en bon paternaliste, je vous aime comme mes enfants; vous écouterez mes conseils, vous qui n’avez pas les moyens de vous gouverner vous-mêmes: reconnaissance éternelle à l’empire colonial que l’on appelle « France», celle qui vous a fait libres de vous soumettre, après vous avoir exploités à sa guise pendant 150 ans, et que votre devise soit toujours , Dieu, la France et le travail ! Autrement dit; L’endoctrinement, la colonisation et l’’exploitation.

Vive l’empire colonial!

Signé SARDA-GARRIGA.
(Traduit de la langue de bois en Français explicite par Gaël Velleyen)

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