« Je n’accepterai jamais de me soumettre à l’Habitation comme B.Hayot nous invite à le faire le 17 décembre 2013 »

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par Garcin #Malsa.

Le #courbaril est un arbre au port solide et majestueux, aux feuilles persistantes dont le bois est utilisé en ébénisterie alors que le fruit de consistance durable contient une poudre nourricière très appréciée des animaux et particulièrement du manicou et accessoirement de la mangouste. Cet arbre ne colonise pas les espaces à l’instar du poirier, mais choisit avec maîtrise son territoire (plutôt forêt sèche du sud) qu’il protège et auquel il s’identifie.

Pourquoi donc Aimé #Césaire est-il allé en décembre 2001 chez B. #Hayot planter cet arbre dont les caractéristiques ne répondent nullement à ce que B.Hayot et la gente Béké (créole) prônent ?

Il est vrai que les règles et les choix du poète ne peuvent être expliqués que par lui-même. Ceci dit, considérons à A.Césaire, âgé à l’époque de 88 ans, qu’il eût fait ce geste pour permettre à B.Hayot de comprendre nos souffrances passées et actuelles afin de tracer ensemble des projets actuels et futurs dans la perspective d’un destin commun. Cela a pu être envisagé d’autant qu’en cette même année 2001, le parlement français a reconnu que l’esclavage et la traite négrière sont des crimes contre l’humanité. Comme corollaire s’impose donc un devoir de mémoire à défaut de réparations immédiates du crime.

Que s’est-il donc passé entre 12 années écoulées (entre 2001 et 2013) pour justifier que cet anniversaire dit «du courbaril» ait pris tant d’ampleur ?

Comment s’est comporté B.Hayot lors du mouvement social de février 2009 contre la « pwofitasyon » qu’il a toujours incarné et qu’il continue d’incarner? Il a fuit la #Martinique pour se réfugier ailleurs ; il ne s’est jamais démarqué ostensiblement de Alain Hughes Despointes pour ses propos racistes à l’égard des Martiniquais. Bien au contraire il a objectivement démarché auprès de la cours de cassation qui, le 5 février 2013, a cassé le jugement du tribunal administratif, et de la cour d’appel qui condamnait A. Hughes Despointes pour « propos racistes et incitation à la haine raciale ». Il a renchéri la pwofitasyon en augmentant les marges bénéficiaires sur les produits de première nécessité, se plaçant davantage en position de monopole sur le marché de la distribution ainsi sur celui de l’import-export en général.

Il a encore manœuvré pour que ses parents frères et cousins soient blanchis lors du procès du crédit martiniquais achevé en 2013. Ils s’en sortent sans rembourser à l’Etat les 583 millions d’euros que ce dernier leur avait prêtés pour éviter la faillite bancaire à l’époque.

Sa position sur la contamination par le chloredécone le place en homme protégé et impuni de fait que tout est fait pour faire échouer toutes plaintes contre ceux qui ont vendu et utilisé cette dangereuse molécule qui a créé un drame sanitaire en Martinique. Objectivement il reste, aux côtés des agriculteurs affairistes, l’un des défenseurs de l’épandage aérien tant dénoncé par les médecins ainsi que du reste de la société civile. Et l’on pourrait continuer ainsi…

Devant cette avalanche de faits vérifiables et incontournables, je vois bien mes adversaires et amis de B.Hayot me rétorquer que ce béké aide l’Université Antilles-Guyane, il fait des dons à des associations ou à des étudiants et il embauche des centaines de Martiniquais, il aide la culture à se développer… Ca suffit à le rendre défendable et acceptable comme personne ayant « la main sur le cœur ».

Quant à moi je ne me laisserai pas tromper par les soi-disant petites œuvres de charité de B.Hayot dont la fortune est l’une des plus grandes de France ; une fortune qu’il a bâtie sur le dos, avec la sueur et le sang des Martiniquais ; une fortune qui se tient aussi dans le foncier qu’il partage confortablement avec les autres de sa lignée.

Sachez que la vanité, la ruse te l’hypocrisie sont des valeurs que les békés ont toujours partagées pour asseoir leur puissance financière. Elles sont aussi vieilles que la colonisation. Elles avaient été évoquées puis dénoncées en ces termes par PARNY : « les créoles sont des êtres vains et entêtés ; ils méprisent ce qu’ils ne connaissent pas et ils connaissent peu de choses. Ils sont pleins d’eux-mêmes et vides tout le reste. » Et Vincent PLACOLY dans son livre « Les frères volcans », traduira à sa façon les propos de PARNY en écrivant : « ils sont toujours prêts à se compromettre pour garder la vanité de leur richesse, ils ne connaissent ni gouvernement ni lois que ceux du profit et ceux de la préservation des privilèges. »

A la vérité, lorsqu’on analyse ce qui s’est passé le 17 décembre 2013 à l’Habitation Clément, une semaine après la mort de Pierre Aliker, on constate que l’on n’est pas loin de ces citations. En effet, on peut aisément décrypter dans les propos de B.Hayot le mépris et la suffisance avec laquelle il parle de Césaire : « …c’est son humanisme… cette gentillesse naturelle qui m’ont le plus séduit… »

Il s’agit du béké le plus riche de la Martinique, le plus riche des Antilles-Guyane, considéré comme étant le plus libéral parmi les autres, qui parle ainsi du géant de la négritude.

Ceci relève en fait de peu de considération qu’il a pour cet illustre homme. Sans doute, avance-il que c’est sa puissance économique qui avait fait déplacer Césaire jusqu’à sa terre au François ce fameux décembre 2001. En tous les cas, on voit s’exprimer ainsi de façon culturelle le rapport de domination du maître blanc-béké au colonisé non blanc descendant d’africain déporté ;

Ce type de comportement nous renvoie aux pires moments de l ‘esclavage et de la colonisation quand, s’adressant à Schœlcher qui traitait de fossoyeur ide la colonie, ce planteur de la Guadeloupe dénommé De Bovis, le plus libéral des créoles des colonies déclara :

« Je reconnais le nègre perfectible mais je le reconnais d’une race inférieure et dégénérée….j’apprécie que l’esclavage de nos nègres pourraient préparer leur émancipation… » (citation dans « Les frères volcans » de Vincent PLACOLY).

De même que je n’ai jamais cherché à opposer CESAIRE de #FANON qui sont tous deux géants du panafricanisme, de même que je n’accepterai jamais qu’on fasse l’amalgame CESAIRE et B.Hayot comme ce fût le cas ce 17 décembre 2013.

Quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse, cet anniversaire ne peut-être celui du courbaril car il ne signe ni résistance ni marque identitaire ni maitrise du territoire comme cherchait à le faire les rebelles, nègres marrons pour qui le courbaril était tout cela à la fois. Il est de ces anniversaires qui ne méritent pas d’être commémoré avec fierté et dignité. Celui-ci est de cela car il est porté par des Césairistes déchus et Martiniquais déchus. Il ne peut-être retenu par et pour la postérité.

A vrai dire cet anniversaire relève d’une perfide manœuvre du maître élevée à sa plus cruelle intensité pour nous plonger une fois de plus dans l’oubli et la honte. Si l’on a exhibé le courbaril pour faire allusion à la venue de Césaire à l’habitation Clément, on a pris soin de l’entourer d’un décor somptueux attractif et d’une qualité exceptionnelle en nous présentant l’exposition « Césaire Lam Picasso ». Tout ceci a été préparé avec une savante diplomatie et une complicité d’intellectuels dans le but de rendre incontournable la scène qu’est l’habitation Clément qui est présentée sur le couvert de la fondation du même nom dont le porteur n’est ni plus ni moins que B.Hayot. Cette manœuvre insidieusement menée devait inventée la nouvelle symbolique B.H articulée autour de 3 symboles :

– La date : le 17 décembre,
– Le lieu : l’habitation Clément,
– Le végétal : le courbaril.

Une telle symbolique allait nous faire oublier l’essentiel qui réside dans la vie chère, la contamination du pays par le chloredéchone, agent d’un désastre sanitaire sans précédent, l’épandage aérien, la domination persistante de la puissance béké….

Pour ma part je suis certain que tous ces artistes, tous ces écrivains, tous ces astres de la culture, tous ces gens de renoms asservis et assujettis, qui ont voulu terminer la célébration du centenaire d’Aimé Césaire à l’Habitation Clément avec Bernard Hayot, en ont pris pour leur frais. Ils doivent avoir honte puisque deux évènements majeurs sont venus éclabousser leur manipulation :

– L’un concerne le peuple Martiniquais, s’agissant de la mort de Pierre Aliker qui toute sa vie porta symboliquement, un costume blanc en signe de deuil de son frère André journaliste du journal Justice, pour dénoncer le lâche assassinat commanditer par le béké Aubéry en 1934.
– Et l’autre s’agissant de la mort de #Mandela, a atteint la planète entière.

Rien ne se fait au hasard, comme si en cette fin d’année 2013, l’ombre de Césaire avait été rejointe par celle d’Aliker, son compagnon de toujours pour démasquer toute trahison de leur pensée. Alors que dans le même temps, allait sillonner le cosmos, l’étoile Madiba pour éclairer « les déshérités d’hier et d’aujourd’hui qui sont appelés à devenir les géants du futurs » comme l’avait anticipé en 1885 ANTENOR FIRMIN, Homme d’Etat haïtien et illustre anthropologue.

Par respect pour ces géants de notre époque et par devoir de mémoire de mes ancêtres, je ne retournerai, ni me soumettrai à l’Habitation. Si Bernard Hayot prétend participer à la construction d’une Martinique pacifiée, fière de son identité, solidaire dans la répartition des richesses, respectueuse des diversités, je l’invite au prochain convoi pour la réparation dont la quatorzième édition se tiendra au mois de mai 2014. Il fera l’étape qui lui plaira ; il viendra seul ou accompagné des membres de sa lignée ; alors NOUS saurons s’il est prêt ou non, à abandonner l’esprit de l’habitation et à contribuer à ouvrir la voie de la réconciliation

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