Journées du Patrimoine : les « Chinois de Martinique » au Centre de Découverte des Sciences de la Terre à Saint-Pierre

Dans le cadre des « Journées Européennes du Patrimoine », le CDST (Centre de Découverte des Sciences de la Terre) de la Collectivité Territoriale de Martinique, a organisé une soirée de conférences autour du thème : « Les Chinois de la Martinique ». Un film fut d’abord présenté qui montre le retour dans la ville de Shenzen, non loin de Canton, de descendants de Chinois martiniquais et guyanais, parfois métissés. Jeanne YANG-TING HO, de la Martinique, et son mari David HO, né en Chine, mais arrivé très tôt dans l’île y ont retrouvé la trace d’un village hakka menacé de destruction par l’urbanisation galopante de la Chine moderne. Les « Hakkas » étaient l’ethnie dominante dans la région jusqu’à ce que cette dernière devienne le centre industriel du pays. On voit nos Martiniquais chinois en arpenter les ruelles avec émotion, entrer dans des maisons traditionnelles et même, intense moment d’émotion pour le mari de Jeanne, retrouver sa maison natale et sa grand-mère âgée de 92 ans. Après le film, le couple a expliqué les conditions du tournage

Puis, ce fut autour de Natasha LI-KAO-GALILEE, métisse chinoise du côté paternel, de faire un brillant exposé sur l’origine de son nom et de sa famille. Il faut savoir que le tout premier bateau à emmener des Chinois à la Martinique avait pour nom « LE GALILEE ». Lors de cette traversée, il y eut une naissance sur le navire. Son ancêtre. Et la tradition voulait à l’époque que le nom du bateau soit ajouté au patronyme du nouveau-né. Quant au nom LI-KAO, il a subi plusieurs transformations dues à des transcriptions phonétiques dans les langues européennes (anglais, français etc.), mais il remonte à de très vieilles dynasties de l’Empire du milieu et est encore très prestigieux dans la Chine actuelle. La conférencière indiqua toutefois que ce nom à tendance à disparaître en Martinique parce que la plupart des enfants sont des filles qui, à leur mariage, adoptent celui de leur époux.

Enfin, ce fut au tour de Raphaël CONFIANT, dont la grand-mère paternelle était chinoise, Jenny YANG-TING (il est donc le cousin de Jeanne YANG-TING), d’expliquer ce qui l’avait amené à écrire son roman « CASE A CHINE » (éditions Mercure de France) qui relate l’arrivée des Chinois à la Martinique. Il a tout particulièrement insisté sur le tout premier YANG-TING, docteur en médecine chinoise, qui joua le rôle d’interprète et de médecin à bord du « GALILEE » et qui fut le seul à n’avoir pas émigré pour des raisons économiques. R. CONFIANT émet l’hypothèse qu’il a pu échouer aux examens impériaux organisés chaque année qui donnaient accès aux lauréats au monde très fermé et très privilégié de la Cour impériale et que par dépit, il s’est décidé à partir pour l’Amérique qui se dit en chinois, « Meï-Kuo » c’est-à-dire « le Pays Merveilleux ».

  Une très belle soirée à laquelle assista une cinquantaine de personnes…

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