« LA CROISIERE S’AMUSE »

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Par Yan Monplaisir.
« La croisière au beau fixe, l’hôtellerie moribonde », cet article -paru dans l’édition #Martinique du quotidien #France Antilles, du 04/09/2014- brossant le bilan du Comité Martiniquais du Tourisme (#CMT) ne saurait laisser indifférent aucun responsable de l’hôtellerie.
Il ne peut qu’interpeller tous ceux qui, à un titre ou à un autre, se sentent responsables du développement économique et donc de l’emploi dans notre pays.
Il ne faut pas opposer certains secteurs de l’activité touristique à d’autres, pas plus qu’il n’est convenable de masquer ses échecs en minimisant le rôle que doit jouer l’hôtellerie dans le développement d’une destination.
L’hôtellerie est, en tout premier lieu, le numéro un des pourvoyeurs d’emplois de ce secteur et permet d’assurer le remplissage des avions indispensable à la pérennisation des liaisons aériennes et donc à la venue des touristes quel que soit le mode d’hébergement choisi par ces derniers.
Il n’y a qu’à voir les efforts de séduction des différentes instances chargées du #Tourisme auprès du Club Med pour s’en convaincre. Ce n’est donc pas en cassant le thermomètre que l’on guérira le malade.
Nous devons nous réjouir que les efforts conjugués du CMT, de la #CCIM, du Grand Port et des Agences de voyages locales aient permis le retour des bateaux de croisière. Il faut aussi souligner le climat social plus favorable et la fin des très impopulaires conflits catégoriels qui nous avaient discrédités et avaient dégradé significativement notre image.
Il n’est point besoin de longues explications pour comprendre que l’impact économique global d’un touriste de séjour est évidemment plus important que celui que peut laisser un touriste de croisière de passage quelques heures sur notre belle île.
Pour mesurer le succès de la venue des touristes de séjour, nous devons considérer le flux des visiteurs arrivant à l’aéroport puisque c’est le seul moyen, ou à peu près, de se rendre à la Martinique. Or, nous constatons que ce nombre n’augmente pas d’une année sur l’autre, contrairement à ce qui se passe chez nos concurrents et voisins, et peut-on se glorifier d’une progression inférieure à 1% de hausse annuelle ?
Ainsi, on ne peut pas dire que le Tourisme se porte mieux et que les clients de l’hôtellerie, qualifiée de moribonde, se seraient « déversés » dans les meublés et autres gîtes ruraux.
Si le Tourisme (ça) n’est pas que l’hôtellerie, la croisière (ça) n’est pas non plus tout le Tourisme. Ceci est d’autant plus vrai que l’on sait combien on peut être à
la merci d’un bateau qui a toujours la faculté de jeter l’ancre ici ou là, au gré de ses intérêts immédiats et sans autre patrie que le profit de multinationales.
Le plus large contre le plus étroit…
Ne pas opposer mais rassembler.
Ne pas éluder les problèmes mais les résoudre.
Ne pas donner la priorité à des intérêts catégoriels mais viser le progrès général.
Ne pas se masquer la face mais regarder les réalités en face.
Il n’y a pas de honte à reconnaître que l’on ait pu se tromper et il n’y a pas mérite à ne présenter que son profil avantageux.
Le Tourisme a besoin du développement de toutes ces composantes et ne saurait se contenter du retour des croisiéristes pour considérer que la partie est gagnée.
Les différents types d’hébergement sont complémentaires et pas concurrents. Il n’est pas sain d’opposer l’hôtellerie au reste. Nous devons tous agir dans le même sens et le développement des bed and breakfasts, qui existent depuis toujours à la Barbade, pionnière en matière de Tourisme dans la Caraïbe, n’a pas empêché le développement d’une grande hôtellerie à la réussite exemplaire, bien au contraire !
Nous savons depuis des années pourquoi l’hôtellerie ne marche pas dans notre pays mais le modèle économique que l’on nous propose vise, à priori, qu’à contourner les difficultés, non à les éliminer.
Développement et emploi en berne
Si le constat du CMT est que l’hôtellerie traditionnelle est moribonde et que l’avenir serait dans le développement de l’hébergement privé, il commet une erreur stratégique majeure.
Il faudrait donc construire des meublés de Tourisme et loger les clients chez l’habitant pour éviter de payer des salaires et ainsi avoir une offre compétitive ?
C’est oublier que nous sommes aujourd’hui face à une obligation de faire ensemble. La question touristique est une question globale Martiniquaise qui implique aussi intensément celui qui propose une maison meublée près de la mer, que le groupe hôtelier traditionnel.
Opposer ces deux composantes, c’est refuser de faire ensemble. C’est une erreur stratégique et malheureusement une erreur historique.
Je le redis, notre pays a besoin de toutes ses énergies. Ne nous divisons pas en chapelles stériles.
Nous avons beaucoup à offrir, peut-être encore plus que ce que nous croyons, mettons nous ensemble en ordre de bataille, c’est une invitation de l’histoire.
Ensemble, pas divisés. Ensemble.

Yan MONPLAISIR Le 06/10/2014

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