Le CRAN tient à exprimer ses réserves quant à la Commission nationale installée le 18 février dernier afin de réfléchir à la question des Réunionnais de la Creuse

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Cette commission a été mise en place par le ministère de l’Outre-mer sans aucune transparence, les associations en ont été exclues, et nul n’arrive à savoir si oui ou non la question de la réparation, individuelle ou collective, est à l’agenda des travaux à venir.

« Les victimes et les associations ont été exclues. Elles seront au mieux auditionnées par les  »experts » du ministère, a commenté Théo Lubin, vice-président du #CRAN. Or, le CRAN et le CRAN Réunion souhaitaient participer de l’intérieur, car comme le disait Mandela, ce qui se fait pour nous, sans nous, est toujours contre nous. »

Les faits sont bien connus : dans les années 1960-1970, environ 1600 enfants réunionnais, (mais aussi plusieurs Antillais, dont l’histoire est encore plus occultée) ont été déracinés et envoyés vers la métropole par la DDASS, dans un programme social favorisé par Michel Debré. Mais ces quelques mots ne sauraient décrire la vie qui fut réservée à beaucoup d’entre eux : parents trompés, exil forcé, enfances volées, et parfois violées, misère sociale, dépressions en cascade, séjours en asiles, suicides, le tout dans un contexte de néo-colonialisme et de bonne conscience républicaine.

En 2002, Jean-Jacques Martial, ex-pupille arrivé dans la #Creuse à l’âge de 7 ans, avait porté plainte pour « enlèvement, séquestration de mineurs, rafles et déportation ». Il réclamait un milliard d’euros, ce qui ne faisait jamais que 625 000 euros par famille. Evidemment, cette réparation fut toujours refusée, et aujourd’hui, le CRAN se demande si le but de la commission, dont les conclusions ne seront livrées que dans deux ans au plus tôt, n’est pas d’écarter la question fondamentale des réparations.

« La réparation qui n’est que morale est totalement immorale, a indiqué Louis-Georges Tin. Toutes ces victimes ont été trompées, exploitées, dépossédées de leur patrimoine généalogique et foncier, et finalement jetées dans la misère. L’État ne pourra pas s’en tirer en se contentant de quelques bonnes paroles, en guise de consolation. Le CRAN qui doit prochainement rencontrer la ministre de l’Outre-Mer à ce sujet invite donc les les victimes et les associations concernées à réfléchir ensemble aux meilleures façons d’obtenir une réparation intégrale dans ce dossier », a conclu Louis-Georges Tin.

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