Le Tour des Yoles 2015 aura bien lieu

Faut-il croire tout ce qui se dit, tout ce qui s’est dit ces dernières heures sur les péripéties qui ont un moment fait craindre un Tour des Yoles avorté ? Pourtant il se dit, se rabâche que la Martinique avan………

Malgré tous les chantages politiciens, malgré toutes les tentatives de récupération, malgré le manque d’argent pour avoir un Tour comme avant, il y aura bien un Tour de Martinique des yoles rondes cette année. Quand on sait la place psychosociologique, festive et identitaire qu’occupe cette semaine dans le pays, c’est forcément un soulagement.

Mais, d’où vient cette crise ?

Depuis 2009 et la fameuse « Saison des tricots rouges » (selon la bonne formule d’un ami) qui vit la Martinique s’arrêter de fonctionner pensant presque deux mois dans une grève générale mémorable et des slogans racialistes, noiristes et même racistes battre la rue, les entreprises locales mettent moins d’argent, beaucoup moins. Elles se désengagent et semblent même se désintéresser de la yole.

Les Collectivités disent ne plus avoir d’argent. La crise, le contexte, la mondialisation sont évoqués alors même que les dépenses électoralistes et de prestige se multiplient alimentées par des prêts onéreux qui vont fracasser les prochaines générations qui, elles, devront rembourser….. Vis-à-vis de la yole, c’est devenu un truc vicieux. Un genre de marchandage (on n’a pas dit chantage) de « je te donne ça si tu fais ça pour moi » ou l’inverse… et bien entendu c’est le Tour qui les intéresse. Exclusivement.

On constate que toutes les déclarations d’intention des uns et des autres, année après année restent sans suite. On entend des propositions ou des suggestions farfelues ou à contre-courant comme de déplacer les dates du Tour vers la saison touristique. Et surtout, on assène la solution miraculeuse de « le vendre à l’international ». Patat sa ! Il n’y a même pas une image dans le JT de TF1 le soir. Même pas une. Si le Tour était intéressant pour « l’international », il aurait déjà été acheté, non ?

Canal + est venu, l’ASO est venue, yo tout viré pati.

Mais, qui la yole intéresse-t-elle donc ?

Pendant toute l’année, les courses de yoles sont une affaire « d’amateurs », d’anciens. C’est eux avec les familles des coursiers, les gens des communes et quelques rares touristes qui font le public des courses du dimanche… et puis le Tour arrive. Et là, la Martinique redécouvre l’activité, affiche ses couleurs, entre en frénésie et, incitée par une publicité ravageuse, achète compulsivement boissons, victuailles, maillots, vêtements, chaussures, produits solaires et autres, préservatifs, ….. Mais, est-ce bien la compétition sportive entre les yoles qui excitent autant les gens ? Ne seraient-ce pas plutôt les maillots toutouni des filles, les brennen-dada, la musique, l’alcool et la licence des mœurs durant la Semaine du Tour qui, par ses débordements, quasiment supplanté le Carnaval.

Mais, n’y aurait-il que des profiteurs ?

Pourtant, tout le monde, économique, politique, culturel, social, profite de la yole, de la sueur et des souffrances des coursiers, des membres des associations de yoles toujours à chercher 50 cents pour faire 1 euro, du travail des organisateurs… Il faudrait dénombrer le nombre de sociétés locales qui utilisent l’image d’une yole dans leur logo, la place de cette activité dans l’insertion, la resocialisation des jeunes en marge, les chiffres d’affaires des loueurs de bateaux, jusqu’en Guadeloupe, des catamarans, même des particuliers qui ont un bateau, des producteurs de rhums, de soda, des importateurs de tout, et aussi des marchands dans les ajoupas, les roulottes, les camions aménagés, des vendeurs à la sauvette de boissons glacées ; aux arrivées…. Ni an patjé moun ka fè lajan asou do sé yolè-a (entendu au bord de mer du Robert hier samedi).

Et les auto-proclamés spécialistes réapparaissent

Les « prétendus », on va dorénavant les appeler comme ça, s’installent en radio et en télé grâce aux relations, au copinage, ou à la lèche, pour dire n’importe quoi, vraiment n’importe quoi, n’ayant rien suivi durant l’année, ne sachant rien de la réalité de ce qui se passe au bords de mer au François, au Marin, au Robert, à Anses d’Arlet, au Prêcheur, ….. Et ce n’est pas le compte-rendu (qui a, Dieu merci, le bonheur d’exister), lu dans France-Antilles qui va les rendre savants.

Alors, profitez bien de ce Tour des Yoles 2015.

Profitez-en bien ! Parce que, à l’allure où ça va, il y a un risque non nul que ce soit le dernier.

Yol Tol

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