LE TOURISME MARTINIQUAIS POURSUIT SON DECLIN

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Par Maurice Laouchez

Les difficulté rencontrées par deux établissements connus ne suscitent pas l’optimisme. En Martinique, le Diamond Rock et Aqualand sont menacés de dépôt de bilan dans des délais brefs. Qui peut les sauver, quel bailleur de fonds est capable, et désireux de placer des sommes nécessairement importantes dans des structures en forte difficulté depuis des années?
Après le Méridien, le Diamond Rock pourrait bien devenir, dans l’un des plus beaux sites de l’île, une nouvelle ruine.
Les chiffres officiels montrent qu’en douze ans, de 1998 à 2010, le nombre de touristes a été divisé par deux, passant de 1.000.000 de visiteurs à 500.000 par an.
Les difficultés de chaque établissement plombent évidemment les chiffres globaux.
Et les signaux globaux viennent également rendre plus aléatoires, et donc plus rares, les investissements individuels.
L’activité touristique exige le travail en équipe de tous les Agents économiques: les professionnels bien sûr, les pouvoirs publics, les particuliers.
Disons, pour aller vite, que la facture est maintenant arrivée pour les grèves à répétition, une gestion des ressources humaines souvent approximative, un dédain de la majorité des Elus pour toutes les activités économiques, et notamment le tourisme, dédain illustré par des remboursements anticipés de prêts par le Conseil Régional, une action commerciale à l’extérieur insuffisante, un produit touristique mal défini pendant des lustres, et une réticence de la majorité de la population.
Cette réticence de la majorité de la population relève de causes multiples.
Citons -en seulement deux.
Un manque de confiance en nous-mêmes qui conduit à une susceptibilité exacerbée, dont le client prend rapidement conscience.

Mais aussi , et c’est tout aussi important, le constat, fait par beaucoup, que leurs problèmes les plus cruciaux n’étant pas réglés, ils ne voient pas de raison de sourire ni aux touristes, ni aux investissements qui seraient faits pour les touristes. Lorsque l’on sait les conditions d’habitat d’une partie de la population, ses conditions de transport, le chômage, la précarité, la perte de pouvoir d’achat, on ne saurait être surpris d’une mauvaise humeur fondamentale, qui explose périodiquement dans des mouvements sociaux de durées uniques au monde.

Que faire?
L’Etat a déjà fait sa part ( défiscalisation, hub de Roissy notamment).
Les Collectivités territoriale locales, malgré des actions un peu plus visibles mais notoirement insuffisantes eu égard aux besoins, ne changeront pas de braquet de si tôt.

Il reste, pour les professionnels, dont le sort et les emplois ne sont garantis par aucun statut, à trouver eux-mêmes des investisseurs locaux ou extérieurs, pour des réalisations réellement innovantes et rentables.
Le sous-marin de la Baie de Saint-Pierre fut un exemple de ce qu’il fallait faire.

Pour des raisons liées à des conflits internes au groupe financier qui l’avait porté à bout de bras, il est parti faire gagner de l’argent aux Maldives, avec un pilote martiniquais…
Le financement à trouver est dérisoire: de l’ordre de 10 Millions d’€, soit 3% du prix du TCSP de 11 km, ou le prix d’une vingtaine de villas à 500.000 €.

Le savoir-faire technique de construction actuellement disponible dans le monde a beaucoup profité du sous-marin de Saint-Pierre, prototype alors numéro 1 dans sa catégorie, construit en Allemagne, et capable d’emporter 50 personnes à 150 mètres de profondeur.

Compte tenu de l’engouement actuel pour la mer, et des sites sous-marins exceptionnels de la Martinique.

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