Les héritiers de Colbert traitent une femme noire d’esclave à l’île de La Réunion

Oh my God, oh Djee Zeus. Pas facile voire impossible pour un fils du pays d’Aimé Césaire et d’Alfred Marie-Jeanne de comprendre ce qui se passe à l’île de La Réunion, le pays du vivre-ensemble. Le sacré temple sacré du vivre-ensemble où tout le monde se déteste et où le plus fort racisme sévit entre les Réunionnais.

Prenons l’affaire des « paillotes » : trois ou quatre restaurants sur le bord de la mer à Saint-Gilles au milieu des sables couverts d’herbes où les familles très métissées viennent pique-niquer et jouer au ballon.
Trois ou quatre restaurants qui empiètent sur la mer comme pas mal de grandes maisons du coin construites dans les années 50-60 par les familles riches de Saint-Denis et de Saint-Paul, quand Saint-Gilles devenait la station balnéaire à la mode.

C’était l’époque où les maires de droite départementalistes, plus français que les français de la MÉ-TRO-POLE (comme ils aiment le dire) transformaient la ville en Riviéra à la réunionnaise, collaient une dalle de béton devant la plage des roches-noires en mode « Promenade des Anglais », délogeaient la population noire de pêcheurs pour la parquer dans les hauteurs et mieux spéculer sur les terrains en bord de mer, sans trop regarder au domaine public maritime.

La bourgeoisie locale et les plus gros métros, cul et chemise s’étant taillés les meilleurs dudit domaine, eurent la joie de voir régulariser leurs empiètements par deux décrets.
Seulement, entre temps, le populo qui jusqu’à présent regardait vers les terres s’était à son tour épris des plages, des vagues, des strings et des moule-bite. Avec eux vinrent les bars et les pique-nique bruyants, sonos et groupes électrogènes à fond.
Et poussèrent comme des champignons de mer les paillotes, sortes de bars où tout ce que l’île compte de cadres moyens, zoreys et surtout créoles, viennent s’acocquiner, manger de la bouffe pas terrible et parfois même pourrie et faire de pathétiques « soirées pirates ». Et qui bosse en cuisine ? Les prolos, les cafres, souvent les enfants des habitants de Saint-Gilles virés à coup de savate dans le derche.
Bien sûr, comme leurs prédécesseurs gros notables et gros propriétaires, les paillotes mordent allègrement sur le domaine public maritime. Surtout, elles font du bruit le week-end, empêchant lesdits notables, désormais retraités, de savourer tranquillement leur Champagne (du vrai, pas le Feuillatte qu’on vend au pékin moyen pour qu’il se débride le gosier).
Donc les retraités en question, accompagnés de nervis comme c’est la tradition réunionnaise, et de quelques jeunes politiques aux dents longues, s’en sont allés faire capoter une soirée dansante, dans leur style très Jacques Foccart : marseillaise à pleins poumons, drapeaux français, tuniques blanches parce que le blanc c’est beau.
S’en est suivi une altercation avec les fêtards, en majorité créoles eux aussi, qui y sont allés de leurs doigts d’honneur. Une employée, belle cafrine en dreadlocks prise à parti par les momies de Michel Debré filmait la scène. Le naturel revenant au galop, l’une des soutiens à cette manifestation a traité d’ « esclave » ladite cafrine, affichant son portrait sur Facebook comme au beau temps de la chasse aux Noirs.
Ce qui est bien à La Réunion, c’est que c’est facile de faire de l’archéologie : il suffit de gratter, et toute l’époque du Code Noir cher à Colbert (qui a d’ailleurs une rue à son nom à Saint-Denis) ressort.
Mais ce n’est pas la meilleure : la meilleure, c’est qu’aucun politique ne soutient la jeune fille, ils sont paralysés de la luette, à part un mec : le jeune secrétaire local du Parti de gauche…que les même notables conspuent depuis des semaines comme « zorey ». Ca vous paraît compliqué ?
En fait, c’est simple : à La Réunion, on a le droit d’être négrophobe, si on est anti-zorey. Comme quoi le kumquat.

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