Marine Le Pen s’inquiète de l’étau de sucre

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Nanterre, le 13 juin 2016
A Madame George Pau-Langevin
Ministre des Outre-Mer

Madame la Ministre,
Au 1er octobre 2017 la Commission européenne fera table rase des
quotas sucriers, mesure terriblement inquiétante pour nos compatriotes
ultramarins.
Ceux-ci verront disparaître la digue fragile qui protégeait encore
la filière de la canne à sucre à la #Réunion, en #Guadeloupe et en
#Martinique, ces territoires français que le gouvernement auquel vous
appartenez reconnaît comme « Régions Ultra-Périphériques de l’Union
européenne ».
Allez-vous encore longtemps, Madame la Ministre, rester spectatrice
devant le désastre économique et social qui s’annonce et qui n’est pas
sans rappeler la situation vécue par nos producteurs de lait, confrontés
eux-aussi à une mesure de suppression des quotas ?
Avez-vous songé, Madame la Ministre, au nombre de familles et de
travailleurs que la filière de la canne à sucre fait vivre, elle qui emploie
40.000 de nos compatriotes ultramarins ?
Plus qu’une fierté, elle est un patrimoine économique essentiel pour des
territoires qui connaissent des taux de chômage dépassant les 20% !
Le 22 mai 2014, le député Jean-Claude #Fruteau vous avait interrogée
à l’Assemblée Nationale sur les perspectives de la filière du sucre des
Outre-Mer. Son édifiant rapport d’information sur l’organisation des
marchés du sucre avait permis, notamment en donnant la parole à
Monsieur Philippe Labro, Président du Syndicat des Sucres de La Réunion,
de mettre à jour l’effondrement à venir de la compétitivité de la filière.
Aucun mécanisme stabilisateur ne pourra compenser la chute des prix du
sucre dès la suppression des quotas. Le rapport Fruteau l’estime à 26%.
Les propos tenus lors de cette même audition ont été confirmés par le
rapport parlementaire Sucres des régions ultrapériphériques en danger,
remis le 10 décembre dernier par les sénateurs Gisèle Jourda et Michel
Magras. Il annonce la même impasse pour l’Outre-Mer.
Votre seule réaction fut de « demander » à la Commission européenne de retirer les sucres roux et les sucres spéciaux des accords de libre-échange discutés depuis août avec le Viêt-Nam, tout en reconnaissant vous-même le 10 décembre 2015 que ladite Commission n’avait aucune obligation juridique de vous écouter.
Il est urgent, Madame la Ministre, que vous preniez vos responsabilités
en cessant de « demander » à la Commission sans espoir qu’elle ne
vous écoute. Si nous voulons préserver et même développer la #France
ultramarine, il faudra cesser de subir les diktats ultralibéraux de l’Union
européenne.
Pour éviter la catastrophe qui s’annonce et surseoir à l’abandon de nos
compatriotes ultramarins, il sera nécessaire de préparer le rétablissement
de quotas sucriers encadrés par une Politique Agricole Française
souveraine.
Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Ministre des Outre-Mer,
l’expression de ma haute considération.

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