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Louis Boutrin et Raphaël Confiant, auteurs du livre « Chronique d’un empoisonnement annoncé », aux Editons l’Harmattan ont adressé une lettre ouverte aux candidats aux élections présidentielles
Mesdames, Messieurs, Candidats aux prochaines élections présidentielles, vous avez signé, le 31 janvier 2007 le Pacte écologique proposé par Nicolas Hulot. Cet acte symbolique est aussi un engagement politique fort devant l’ensemble des citoyens français, sans discrimination avec leur origine et ce, quel que soit le territoire de la République où ils résident.
Or, force est de constater que les populations de Guadeloupe et de Martinique ont été victimes depuis 1972 d’un grave problème de pollution aux pesticides et plus particulièrement au Chlordécone, sans que les autorités publiques aient assumé leur protection. En effet, l’enquête et le travail d’investigation journalistiques que nous avons menés sur cette affaire ont révélé les dessous d’un scandale que ni le Ministère de l’Agriculture, ni les services déconcentrés de l’Etat en Outre-Mer n’ignoraient. Par leur négligence et leur laisser-polluer, ils ont contribué à une catastrophe écologique et sanitaire sans précédent qui nécessite une intervention de la plus haute autorité de l’Etat. Aujourd’hui, on assiste aux Antilles à une explosion des cancers, des maladies de Parkinson et d’Alzheimer et des maladies auto-immunes. Les terres agricoles sont toujours polluées, les agriculteurs ne sont toujours pas indemnités et les responsables de ce désastre ne sont ni identifiés ni poursuivis. En pareille circonstance, il ne saurait avoir deux poids deux mesures, puisqu’en Vendée, après une contamination du lait de vache au Régent en 2004, l’Etat a su prendre ses responsabilités : Cet insecticide a été interdit quelques mois après, la justice a été saisie, un juge d’instruction a été nommé, les agriculteurs indemnisés et les coupables condamnés. Aussi, au moment où vous allez briguer les suffrages des électeurs de Guadeloupe et de Martinique et eu égard à votre engagement récent en faveur du Pacte écologique, nous souhaiterons connaître les mesures que vous comptez prendre, si vous êtes élus, pour remédier à cette situation qui ne saurait perdurer. Dans l’attente de votre prise de position publique sur cette question, nous vous prions de croire, Mesdames et Messieurs les candidats aux élections présidentielles, en l’expression de nos sentiments respectueux Martinique, le 5 mars 2007
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