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Tout le monde en parle en Martinique, mais personne ne les a vus, si ce n’est quelques privilégiés au sein des media locaux. Dit-on.
Mais où sont donc ces sondages (3 différents, selon de très bonnes sources) qui donnaient Serge LETCHIMY largement vainqueur au premier tour des Régionales, avec plus de 58% des voix ?
Qui les a réalisés et, surtout, qui les a payés ?
Sur ce sujet, c’est semble-t-il l’omerta : seule Cécile Marre les a évoqué sur RFO au cours d’un débat, pour s’étonner, à juste titre, de ces « prévisions », toutes largement favorables au challenger foyalais, mais surtout, toutes largement à coté de la plaque tecto-nique au vu des résultats du 1er tour.
Et c’est bien là, justement, que le bât blesse. Si un sondage n’est pas une boule de cristal, c’est néanmoins un excellent outil d’appréciation et d’aide à la décision, à condition bien entendu qu’il soit réalisé dans les conditions prévues par la charte déontologique des instituts de sondage : échantillon représentatif, questionnaire non biaisé, modalités de redressement (correction du déclaratif recueilli au moyen de modalités de correction clairement précisées, par exemple, personne ne déclare voter Front National, mais chacun sachant qu’une fraction des répondants va voter pourtant FN, il existe un coefficient multiplicateur du « vote FN déclaré » pour obtenir le « vote FN prévisible...), etc.
Le sondage n’est pas une science exacte, mais néanmoins une science précise : la marge d’erreur admise est de 5% maximum. Or, dans ce cas précis, l’écart entre le prévisionnel (58%) et le réel (40%) est de 18% soit près de 4 fois la tolérance autorisée. La question est donc obligatoirement posée : la Martinique a-t-elle été victime d’une tentative de manipulation, au moyen de « sondages » clairement orientés en faveur d’un des candidats ?
En effet, même si ces sondages n’ont pas été repris par les media (ce qui en dit déjà long sur leur valeur réelle), il n’en reste pas moins que le résultat annoncé a largement circulé dans toute la Martinique, avec des effets prévisibles sur le moral, et donc in fine l’implication des militants des partis donnés battus d’avance.
Etonnamment, personne ne semble curieux de savoir qui a financé ces « sondages » dont le coût doit avoisiner les 10 / 15 000 € (et qui doivent donc être intégrés dans les comptes de campagne…), ni qui les a réalisés, avec le savoir-faire que l’on peut mesurer aujourd’hui.
Des questions qui semblent au moins aussi importantes pour la démocratie, si ce n’est davantage, que le décompte, seconde par seconde, du temps de parole de X ou Y….
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