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Depuis quelques années dans le DOM-TOM, la chasse aux immigrés Haïtiens a pris une ampleur au point que certains domiens se croient autoriser d’aller arrêter les haïtiens dans les plantations de canne à sucre, sur les marchés où ils vendent leurs récoltes. Partout dans les îles, la xénophobie voire le racisme anti-haïtien n’a pas de bornes, au point que des initiatives politiques les visant font penser aux lois antisémites du gouvernement de Vichy interdisant aux juifs d’exercer certaines professions.
Ainsi quelques mairies ont pris en 2004 des mesures qui discriminent ouvertement les Haïtiens en les interdisant par exemple de vendre leurs produits agricoles sur le marché sous prétexte qu’ils ne payaient pas de taxes. Ces derniers mois certaines municipalités chaussent carrément les bottes du ministère de l’intérieur en interdisant à leurs tours aux vendeurs haïtiens d’écouler par exemple leurs productions agricoles. Ces restrictions, ces manquements au droit naturel, s’appliquent sans que personne ne s’émeuve du sort des Haïtiens.
Les témoignages qui nous parviennent sur les discrimination des immigrés haïtiens se pratiquent aussi dans les services administratifs. En effet, certaines municipalités exigent un titre de séjour aux parents étrangers pour inscrire leurs enfants à l’école. Comme certains parents se retrouvent sans titre de séjour, parfois par la faute de l’administration, leurs enfants, nés en Guadeloupe, n’ont donc pas accès à l’école. Or, ces pratiques sont contraires aux principes de la République française et aux textes internationaux encadrant le respect des droits de l’enfant. Les humiliations envers les Haïtiens y sont monnaie courante. Ainsi, dans des Sous-préfecture , les haïtiens sont traités sans aucun respect.
En 2008, il y a eu 1665 reconduites à la frontière d’haitiens.(envoyés à la mort). Pour atteindre ce chiffre, les agents de la PAF (police des frontières) organisent des rapts dans des quartiers ou des plantations susceptibles d’abriter des « haitiens ». Malgré l’interdiction de la loi, les agents de la PAF ont l’habitude de pénétrer dans les cases à 4h ou 5h du matin, à la recherche des « haitiens ». Toujours contrairement à ce qu’exige la loi, certaines mairies refusent d’inscrire à l’école des enfants nés dans les antilles françaises et dont les parents n’ont pas de carte de séjour. De même, les parents sans papiers ne peuvent pas ouvrir un compte bancaire et ne jouissent pas du droit aux allocations pour leurs enfants. A cela s’ajoutent les lois d’exception, en vigueur dans les DOM-TOM depuis 2006, sous la demande de certains élus. Selon ces lois, les agents de la PAF peuvent arrêter et reconduire un « sans papier » immédiatement à la frontière sans lui laisser le temps de faire appel contre l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Aussi, le recours des retenus avisés contre l’arrêté préfectoral est non suspensif.
La vérité sur les chiffres.
En 2005, les immigrés haitiens représenteraient moins de 2 % de la population, contre 1,4 % en 1999 et 1,3 % en 1990. La présence des immigrés natifs de Sainte- Lucie et d’Haïti se confirme : 6 immigrés sur 10 proviendraient désormais de ces deux pays, contre 55 % en 1999... Caractérisée par une immigration de proximité, la Martinique compte presque un tiers d’immigrés natifs de Sainte-Lucie. Un autre quart des immigrés proviennent d’Haïti, conséquence des crises économiques et politiques que traverse ce pays.
Un quart des immigrés des DOM-TOM sont natifs d’Haïti
Avec 1 300 personnes, soit 25 % des immigrés, les Haïtiens représentent la seconde communauté immigrée de Martinique. L’immigration en provenance de ce pays, le plus pauvre de la Caraïbe, a débuté au milieu des années 1970. Elle s’est poursuivie dans les années 1980 du fait des troubles politiques en Haïti : plus de 6 immigrés haïtiens sur 10 sont arrivés entre 1970 et 1989. La situation politique et sociale, toujours difficile dans les années 1990, a amené plus de 300 immigrés en Martinique au cours de cette période. D’abord masculine, l’immigration haïtienne s’est ensuite féminisée lors de la dernière décennie : de 48 % de femmes en 1990 à 52 % en 1999. Alors que le nombre de femmes augmente de 20 %, l’effectif d’hommes stagne à 600 personnes. Environ 30 % des immigrés haïtiens ont obtenu la nationalité française.
30% des Haïtiens ont acquis la nationalité française
Les natifs d’Asie sont nombreux à avoir acquis la nationalité française (56 %), tout comme les immigrés de Sainte-Lucie (44 %). Arrivés en Martinique plus récemment, les natifs d’Haïti ne sont ainsi que 30 % à la posséder.
4 % des Haïtiens ont un diplôme de niveau supérieur au bac
Le niveau scolaire des immigrés dépend de leur parcours migratoire, et notamment de leur âge à l’arrivée en France. Il dépend aussi de la qualité du système scolaire et des taux de scolarisation dans leurs pays d’origine, ainsi que des caractéristiques socioculturelles des populations migrantes. Les immigrés haïtiens, d’origine francophone et d’immigration ancienne, sont peu diplômés : 77 % n’ont aucun diplôme, et à peine plus de 4 % ont un diplôme de niveau supérieur au bac. Les originaires de Sainte- Lucie sont dans une situation similaire : 80 % n’ont aucun diplôme, et seuls 3 % sont diplômés du supérieur. Cependant, une centaine de diplômés du supérieur sont issus de ces deux communautés.
Environ 700 immigrés de moins de 25 ans étaient scolarisés en Martinique en 1999. Leur taux de scolarisation, de près de 67 %, est inférieur de 11 points au taux régional. Cet écart est même de 13 points pour les Saint-Luciens et les Haïtiens. À l’inverse, pendant la scolarité obligatoire (6 à 16 ans), les jeunes immigrés haïtiens sont très largement scolarisés. Les filles issues de l’immigration sont moins fréquemment scolarisées que les garçons.
60 % des Haïtiens dans le DOM-TOM sont au chômage
Quand ils travaillent, les immigrés non diplômés occupent pour la plupart des emplois salariés et peu qualifiés. En majorité, ils sont plus exposés à la précarité, en particulier les femmes et les jeunes. Le chômage y est bien plus élevé que dans le reste de la population. Ces difficultés concernent avant tout les natifs d’Haïti et de Sainte-Lucie : les autres ont un taux de chômage de moins de 20 %, largement inférieur à la moyenne régionale.
60 % des Haïtiens sont au chômage, faisant ainsi de cette communauté la plus touchée. Les immigrés de Sainte-Lucie sont également très exposés, avec un taux de chômage de 54 %. Ces deux communautés réunies représentent 55 % des actifs immigrés mais comptent pour 70 % des chômeurs. Le taux de chômage des autres immigrés, inférieur à 20 %, est largement inférieur à la moyenne régionale.
Les hommes sont principalement ouvriers, artisans ou commerçants (62 %) et les femmes majoritairement employées (43 %). Les agriculteurs exploitants représentent 4 % des actifs. Presque tous (97 %) sont Haïtiens ou Saint-Luciens. Ces derniers occupent plutôt des métiers d’ouvriers (47 %) et d’employés (37 %). En revanche, les Haïtiens sont plus souvent artisans commerçants (30 %) ou ouvriers (30 %) qu’employés (16 %). Environ 210 immigrés sont cadres ou occupent des professions intellectuelles supérieures (ingénieurs, médecins, etc.). 19 % des originaires d’Haït ou de Sainte-Lucie occupent des métiers de cette catégorie, soit deux fois plus qu’en moyenne régionale.
Environ 43 % des femmes haitiennes des îles occupent emplois précaires
Elles occupent des métiers de faible qualification comme employées de maison, femmes de ménage chez des particuliers, serveuses et commis de restaurant ou encore professionnelles du nettoyage ou gardiennes d’enfants. Plus de 21 % travaillent dans le commerce de détail, 17 % occupent des professions intermédiaires et 11 % sont ouvrières. Elles travaillent majoritairement dans le secteur tertiaire (66 %) et le commerce (21 %). Les hommes sont présents dans les domaines d’activité traditionnellement masculins comme l’agriculture ou la construction mais aussi dans le commerce. Ils sont vendeurs, ouvriers agricoles, maçons, mais aussi médecins hospitaliers.
Heureusement que tout le Domiens ne versent pas dans l’obsession anti- haïtienne, au contraire plusieurs s’interrogent sur le fondement de cette xénophobie. Cette dernière est l’œuvre d’une minorité agissante, et comme telle, elle fait beaucoup de bruits et ment systématiquement sur les données. Enfin, elle mobilise, organise des pétitions, interpelle les élus. Radio contact, bien que mise en demeure à plusieurs reprises par le CSA pour incitation à la haine raciale contre la communauté haïtienne, continue de répandre son venin.
Et les larmes de crocodiles, l’hypocrisie, l’identité nationale ...
Guershon Nduwa
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