Bondamanjak

Réponse du comité « Devoir de mémoire Martinique » aux 40 députés UMP

En réponse au communiqué de presse du député UMP Lionnel LUCAS en date du 5 Mai 2006, signé de 40 parlementaires, demandant au Président Jacques CHIRAC, d'abroger l'article 2 de la loi Taubira, le COMITE DEVOIR DE MEMOIRE de la Martinique interpelle ces 40 signataires sur cette demande irrecevable. Sur l'allégation : " Au nom du parallélisme des formes et par souci de l'Egalité de traitement …" 1/ Il ne peut en aucune manière s'agir de parallélisme, l'alinéa 2 de l'article 4 de feu la loi du 23 février 2005 imposait à l'Education Nationale d'interpréter et de juger l'Histoire en notant de surcroît, les bienfaits du colonialisme, c'est à ce motif «d?abus de pouvoir» qu'elle a été retirée. 2/ La loi TAUBIRA n'interprète ni ne juge de faits historiques, elle précise que "dans l'Histoire une place doit être accordée à la traite négrière et à l'esclavage," ce qui n'avait toujours pas été fait un siècle et demi après l'abolition de l'esclavage. Ne pas reconnaître un fait historique est du négationnisme . Et c?est encore plus grave lorsqu?il s?agit d?un crime contre l?humanité. L'Histoire est l'Histoire, nul ne peut la changer, et lorsqu'il y a acte de manipulation c'est toujours une volonté politique qui s'exprime "au nom de l'histoire" et c'est donc de politique dont il est alors question et non d'histoire. Les 40 parlementaires demandent purement et simplement de nier ce fait d'histoire . POURQUOI ? En votant la loi du 23 février 2005 qui reconnaissait les bienfaits de la colonisation il s'agissait bien, en définitive, de vouloir faire reconnaître sans avoir à l'exprimer clairement, les bienfaits de la colonisation dans tous ses égarements, et donc en corollaire, les bienfaits de la traite négrière et de l'esclavage . Le parallélisme de forme dont se justifie Lionnel LUCAS et les 39 autres députés UMP est bien un acte politique indigne et révélateur d?une pensée rétrograde, d?une arrogance surannée, profondément imprégnée d?idéologie raciste. Pour nous, au Comité DEVOIR DE MEMOIRE, notre lecture d'une telle lettre est claire : Lionnel LUCAS parle de droit, de justice, d'égalité de traitement, croyant abuser certains mais nous, nous lisons en filigrane «bienfaits du colonialisme = négation de la traite négrière et non-reconnaissance de l'esclavage». Que la France insoucieuse de ses responsabilités devant l?Histoire, laissent des représentants du peuple divaguer sur une vision angélique, rétrograde et falsificatrice de son passé, ne nous fera pas, nous qui avons gardé de cette ignominie une trace indélébile, transiger avec notre dignité ! Pour le Comité devoir de Mémoire Serge Châlons

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