THIERRY DOL l’affaire des otages : un scandale d’État

Attaché à un arbre pendant de longues années. Dans le désert.
Thierry Dol revient parmi nous en 2013. Et les siens se taisaient.

Depuis 4 ans il se bat pour retrouver un sens à la vie.
Il se bat pour ne pas mourir. Il se bat pour vivre.
Thierry Dol se bat… !

Le 26 janvier 2017, l’émission de France 2 «Envoyé spécial» révèle un certain nombre d’éléments absolument effrayants qui prouvent que Thierry Dol aurait pu être libéré avec la femme otage quatre mois après son début de détention.

Rançon détournée, argent volé, magouille, rétro-commission, à nous donner froid dans le dos.

Devant ses éléments préoccupants, Thierry Dol, pour la deuxième fois de sa vie, écrit au Président de la République et lui pose les questions suivantes :
• Pourquoi AREVA n’a-t-il pas mis le dispositif d’évacuation comme prévu
après le courrier du Préfet d’Arlit en septembre 2010 ?
• Pourquoi y a t-il eu une libération avortée en avril 2012 ?
• Y a t-il vraiment un lien avec notre enlèvement avec les négociations qui s’en sont suivies et à la mort des deux journalistes de RFI ?
• L’état-major des armées que vous dirigez a-t-il réellement envisagé de bombarder le site où nous étions retenus en otages ?
• Que dois-je comprendre entre l’horreur des révélations d’Envoyé spécial et votre chaleureux accueil après notre libération sur le tarmac de Villacoublay ?

François Hollande n’a jamais répondu à Thierry Dol.

Celui-ci a été enlevé dans la nuit du 15 au 16 septembre 2010, sur le site d’extraction d’uranium SOMAÏR, à Arlit par des membres d’AQMI.

Daniel et Françoise Larribe, Marc Ferret, Pierre Legrand, Jean-Claude Rakotoarilalao et Alex Ahonado furent enlevés en même temps que lui.

Thierry Dol sera détenu avec Daniel et Francoise Larribe.

Le 24 février 2011, Françoise Larribe était libérée.

Ce n’est que le 29 octobre 2013 que Thierry Dol a retrouvé la liberté.

Pendant 3 ans des négociations se sont engagées, auxquelles ont pris part les employeurs des otages, les sociétés AREVA et VINCI ainsi que l’État français.

Un ancien Colonel du service Action de la Direction Générale des Services Extérieurs (DGSE) est désigné pour mener les négociations : Jean Marc Gadoulet.

L’état français était l’acteur principal des négociations, dans le cadre de son obligation de protection de ses nationaux. Mais de plus, l’État français détenait 86% du capital de la société AREVA.
Il bénéficiait donc à ce titre d’une relation très privilégiée avec la société qui a manqué à ses obligations de sécurité envers Thierry Dol et qui participait étrangement et également au processus de négociation.

Devant les révélations scandaleuses faites par la presse, et l’absence de réponse des plus hautes autorités, Thierry Dol décide d’engager la responsabilité de l’État.

C’est au nom de l’État français que le Colonel Gadoulet a pu rencontrer le chef d’AQMI a plusieurs reprises.

A ce titre il a réussi à faire libérer le 24 février 2011 Françoise Larribe.

Le 27 avril 2011, une vidéo est diffusée sur le forum « Shomoukh al islam ». 3 minutes et 35 secondes de mise en scène horrible des 4 otages français intitulées « Messages d’otages français au président de la France Sarkozy ». Les otages s’adressent directement au gouvernement de la France. Le message est clair : c’est à l’État français d’agir pour leur libération.

Le 12 janvier 2012, AQMI émet un communiqué menaçant la France en cas d’intervention militaire au Mali.


Le 1er avril 2012, Abou ZAIED, chef d’AQMI propose un prix pour la rançon.

Le colonel GADOULAY est pré-positionné au Niger et attend l’ordre décisif.

Et le temps passe, et en France, le 22 avril a eu lieu le 1er tour de l’élection présidentielle.

En mai, les otages sont réunis pendant 3 semaines.

Ils auraient dû être libérés mais les négociations ont échoué.

La France a un nouveau président, les otages ne sont plus la priorité.

Des mois s’écoulent.

Peu après sous la pression des familles, l’État fait enfin une proposition pour les 4 otages.

Abou ZAIED refuse, fait une contre-proposition.

Le processus de négociation est considérablement retardé et une opération militaire est lancée en janvier 2013, coupant tout contact avec les ravisseurs de Thierry Dol.

Abou ZAIED est tué par l’armée française.

Le 27 juin 2013, une nouvelle vidéo est adressée à l’État français. Thierry Dol rappelle dans cette vidéo la maladie cardiaque dont il souffre, mais côté État français rien n’est entrepris.

Le 16 juillet 2013, l’Élysée confirme l’assassinat de Philippe Verdon par AQMI, bien conscient que son inaction est susceptible d’entrainer la mort des otages.

Thierry Dol restera 1008 jours de plus que Françoise Larribe en détention.

C’est ainsi dans des conditions très précaires et dangereuses pour son intégrité physique qu’il subit des simulations de son assassinat et qu’il voyait bien que ses ravisseurs pouvaient à tout moment mettre leurs menaces à exécution.

Absence de nourriture, manque d’hygiène, absence d’accès à des soins, craintes permanentes pour sa vie, sévices physiques et moraux.

Thierry Dol décide donc d’engager la responsabilité de l’État le 28 septembre 2016 devant le Tribunal administratif.

Et à sa grande surprise, mais comprenne qui pourra, les voix du Seigneur étant impénétrables, l’affaire sera dépaysée, tenez-vous bien, à la #Martinique. Et là, un festival de marche arrière toute, de la part de ce gouvernement indigne.

Refusant de prendre ses responsabilités, il va faire feu de tout bois pour demander au Tribunal administratif de déclarer la requête irrecevable.

Ils vont même jusqu’à indiquer que la requête a été déposée hors délai.

A Seigneur, Marie, Joseph, heureusement que le peuple français a sanctionné sévèrement ce président inutile.

Mais aujourd’hui, il semblerait que le Gouvernement actuel reprenant la main, face preuve d’autant d’inhumanité que de débilité juridique.

Alors, cette audience aura lieu le 24 avril 2018.

La particularité du Tribunal administratif est que les débats sont surtout écrits et il y a donc très peu de débat à l’audience.

Néanmoins, la décision pourra faire l’objet d’un recours devant la Cour administrative d’appel.

Là, aura lieu le véritable échange entre Thierry Dol et l’État français.

Car on sait déjà quelle sera la décision du Tribunal administratif de Fort-de-France…

A suivre donc.

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