UN PLAN CONTRE LE CHOMAGE

Par Maurice LAOUCHEZ

Le chômage n’est pas une fatalité. Il est le résultat de nos choix collectifs, de nos habitudes et de nos lois.
Dans de nombreux pays, parmi les plus riches de la planète, il est réduit à 5 ou 6%, quand aux Antilles il dépasse 22% de la population active.
La situation de surendettement de l’Etat le conduira plutôt à réduire les dispositifs d’incitation qu’à les étendre. De plus, ce n’est pas à l’Etat qu’il revient de promouvoir les initiatives créatrices d’emplois. Il trace juste un cadre législatif, généralement fiscal.
Le moment est donc venu de passer à l’action. Les Organisations patronales, les Syndicats de travailleurs, les Collectivités territoriales, les Associations, peuvent changer la donne.
Dans l’esprit de KOLETETKOLEZEPOL qu’il paraît indispensable de promouvoir, il faut passer aux actes.

Mais si l’on veut obtenir des résultats différents de ceux que nous avons jusqu’à présent obtenus, il faut obligatoirement accepter de dire OUI là où nous disions NON,et NON là où nous disions OUI. Un changement de résultats exige généralement un changement de méthode.

Le Plan ci-dessous n’est pas le résultat de cogitations solitaires d’un esprit dévoyé. Il est le fruit d’expériences menées à la Martinique, d’échanges multiples et de l’observation de pratiques anciennes dans de nombreux pays où le chômage est bas.

Ce Plan comporte quatre volets. La durée proposée pour sa mise en place est de trois ans.L’objectif recherché est de faire diminuer le nombre de chômeurs de 1000 personnes minimum chaque année.

Volet No 1.
Tout nouveau recrutement sera réalisé sur la base d’un horaire annuel de 1500 Heures maximum, soit en moyenne 32 Heures par semaine, payées 32 Heures. Cette mesure permet, à budget égal, d’augmenter de 8% globalement le nombre de personnes recrutées, notamment pour remplacer les départs à la retraite. Au lieu de 1000 personnes recrutées à 35 Heures, on en recruterait 1080 à 32 Heures. Soit un surplus théorique de 80 emplois.
La semaine de quatre jours devient possible. La vie change.

Volet No 2.
Tous les salariés, y compris les cadres, acceptent que leur revenu n’augmente pas pendant trois ans.
La loi Lurel sur le contrôle des prix doit être activée pour sauvegarder le pouvoir d’achat.
La diminution progressive du nombre de chômeurs permettra la diminution progressive des cotisations chômage, donc une amélioration du pouvoir d’achat. Sur ce point, l’Etat devra jouer le jeu avec les entreprises engagées dans ce processus.
En contrepartie, les horaires seront ramenés sur trois ans à 32 Heures, sans baisse de salaire.

Volet No 3.

Les heures supplémentaires seront fortement découragées, y compris pour les cadres et les fonctionnaires. Si elles se révèlent indispensables, elles devront être compensées dans la limite des 1500 Heures annuelles. La perte de « souplesse »apparente qui résultera de cette mesure sera compensée par le recul du stress, de la fatigue, de la maladie, des problèmes à la maison. Des recrutements en résulteront.

Volet No 4.
Le Conseil Régional, dont c’est la mission légale, pourrait coordonner un plan d’investissements global, daté et chiffré, orienté en particulier vers la rénovation urbaine, le logement, le transport, les équipements touristiques et le haut débit. Les financements ne poseraient pas de réel problème: Caisse des Dépôts, Banque publique d’investissement, Banques locales seraient mobilisées. Elles ne manquent pas de fonds.

L’intervention de l’Etat et du Conseil Régional serait évidemment de nature à « booster » une telle opération.
Mais leur présence n’est pas indispensable si les autres acteurs veulent bien se mobiliser, ce qui peut se faire entreprise par entreprise, collectivité par collectivité, association par association.
Il s’agit de quitter le registre des guichets et des projets pour entrer dans celui d’ objectifs et de résultats, même modestes, mais chiffrés et datés, qu’on peut appeler un PLAN.
Le mot de PLAN, longtemps décrié après les échecs du GOSPLAN stalinien, peut être de nouveau utilisé après les échecs de l’excessive liberté, et les ambiguités des « projets » dépourvus de tout chiffrage et de toute datation. Mais il s’agit d’un plan non imposé, mais négocié par toutes les parties, donc contractualisé, principalement entre Employeurs et Organisations syndicales.

Cet effort exceptionnel d’INNOVATION SOCIETALE PRATIQUE permettrait une amélioration en profondeur des conditions de vie de tous, et d’atténuer l’hémorragie de vie qu’est que le chômage.
Une véritable décompression sociale en résulterait progressivement. Les résultats en termes de productivité, de compétitivité, et de positionnement individuel par rapport au travail, si complexe aux Antilles, peuvent être spectaculaires.

Les horaires à la carte deviennent progressivement la règle dans le monde contemporain. Ils ne doivent pas être confondus avec la précarité, bien au contraire.
La France connait à cet égard un retard considérable.

Le débat est ouvert à la Martinique.
La gravité du chômage nous somme d’être précurseurs.
Pour tous ceux qui sont demandeurs de responsabilité, le chantier commence.
Souhaitons que les critiques soient accompagnées de propositions alternatives. De la discussion jaillit la lumière. Les meilleures solutions de rechange seront les bienvenues, en conformité avec une démarche de type KOLETETKOLEZEPOL.

La Martinique a trop d’atouts pour supporter tant de souffrances.

Nou pé feye, an nou feye!

Maurice LAOUCHEZ.
Le 07/01/2013.

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