Bondamanjak

BTP : mêmes voyous, mêmes méthodes, de Pointe-à-Pitre à Fort-de-France

Il se passe actuellement en Guadeloupe quelque chose de très instructif.
Quelque chose que les professionnels honnêtes connaissent trop bien.
Quelque chose que les institutions font semblant de ne pas voir.

À la Fédération régionale du BTP de Guadeloupe, des entreprises locales se voient refuser l’adhésion.
Pas pour des raisons techniques.
Pas pour des manquements administratifs.
Mais parce qu’elles ne sont pas du bon cercle.

Bienvenue dans le BTP version VIP (Very Important Pourriture).

Selon plusieurs témoignages concordants (une petite centaine), aujourd’hui examinés par la justice à la suite de l’action engagée par un chef d’entreprise guadeloupéen (alias Legendre idéal), la fédération fonctionnerait comme un dispositif de filtrage mafieux :

Tu es dans le réseau, tu entres ;

Tu es indépendant, tu déranges ;

Tu contestes, tu restes dehors.

A la tête de ce système, un président tout-puissant, Jojo la Fripouille, dont la fédération semble moins défendre la profession que verrouiller l’accès au syndicat.

Le syndicat, censé représenter une profession entière, serait ainsi devenu un outil d’entre-soi, concentré entre quelques mains, verrouillant l’accès à la représentation professionnelle.

Or, quand un syndicat empêche des entreprises d’adhérer, ce n’est plus un syndicat.
C’est un instrument de domination économique.

L’affaire est désormais judiciaire.
Et c’est peut-être cela le plus grave : il faut un tribunal pour rappeler ce que signifie démocratie professionnelle.

Un tribunal pour rappeler qu’un syndicat n’est pas la propriété de son président, n’est pas une loge maçonnique, n’est pas un cercle de copains servant à capter subventions, influence et visibilité.

En théorie, un syndicat est ouvert, pluraliste, représentatif.
Hors, dans le BTP antillais, la théorie fond souvent sous le soleil.

Et en Martinique, alors ? même scénario et même casting crapuleux. 

En Martinique, le scénario est connu. Le scénario est identique. Tic…Tic…Tic…TicToc.
Avec les mêmes influenceurs : Anicet, Antoine, Pactole, le Nabot et toute la clique de cobatards…

Même logique d’entre-soi et de confiscation des structures.
Même concentration du pouvoir.
Même confusion entre intérêt général et intérêts personnels.
Même peur de parler.

Les organismes dits “professionnels” deviennent des outils de contrôle, où les postes tournent toujours entre les mêmes, où les voix discordantes sont marginalisées, disqualifiées, isolées.

Gare à celui ou celle qui dénoncent.

Le BTP martiniquais attend de façon eschatologique celui qui virera toutes ces merdes à la tête d’institutions où règnent voyous en col blanc, petits arrangements, intimidations et règlements de comptes feutrés.

BTP : Brutalité, Tyrannie, Prédation.

Guadeloupe, Martinique : un même système, des méthodes similaires, un même mal.
Celui d’un secteur confisqué par des clans, au détriment des entreprises qui veulent simplement travailler, cotiser et être représentées loyalement.

Ce que révèle l’affaire guadeloupéenne n’est pas une exception.
C’est un système.

Reste à savoir si, en Martinique, la justice sera un jour invitée à regarder de près ce qui se joue derrière les façades respectables…mais juste en apparence.