Bondamanjak

ET SI LES CHIENS NE SE TAISAIENT PLUS ?

Comment cesse t-on d’être français ? En devenant martiniquais dans un avion colombien qui se crache au Venezuela !
Il y a plus de 10 ans , 152 français, originaires de la Martinique trouvent la mort au Venezuela.

Le président de la République française se déplace au stade Pierre Aliker en Martinique en présence des plus hautes autorités civiles, judiciaires et militaires qui marquent de leur empreinte ce drame national. En même temps, comme dirait le président #Macron, une messe est organisée à Notre Dame de Paris, de nombreux français, toutes couleurs confondues s’agenouillent sur le parvis dans une communion nationale célébrée en grande pompe par les télévisions françaises.
Dix ans plus tard, au terme d’une enquête concernante de cynisme, le procureur de la République Rabatel conclut à la responsabilité des pilotes dans cette catastrophe et à l’irresponsabilité de la compagnie qui employait les défunts pilotes. Au nom de la République française, c’est-à-dire au nom du peuple français !!!

« Il y a quatre jours, la compagnie espagnole low-cost Swiftair a été mise en examen le jeudi 29 juin 2017. Le chef de mise en examen est «homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité». Le 24 juillet 2014, le vol AH 5017 de Swiftair affrété par Air Algérie, reliant l’aéroport de Ouagadougou (Burkina Faso) à Alger s’écrasait dans le centre du Mali. À son bord, 6 membres d’équipage et 110 passagers, parmi lesquels 54 Français. L’instruction judiciaire avait été ouverte en France le 29 juillet. Il s’agit de la première mise en examen dans ce dossier. «La meilleure défense étant l’attaque, Swiftair va devoir s’exprimer et on peut imaginer qu’ils vont attaquer Air Algérie, estime M° Bertrand Courtois, avocat de parties civiles. La question est de savoir jusqu’à quel point Air Algérie était au courant des insuffisances de Swiftair et a failli. Les familles s’inquiètent de voir qu’Air Algérie n’a pas encore été mise en cause ».
De qui se moque t-on ?
Il y aurait t-il deux justices différentes rendues au nom du même peuple ? Une qui considère que dans les mêmes conditions, la compagnie d’aviation doit être déclarée responsable et poursuivit pour 50 Français. Et l’autre à l’ombre des cocotiers en fleurs il n’y a pas lieu de poursuivre parce que 152 martiniquais sont morts. Cherchez l’erreur. Ensemble cherchons l’erreur !

En Marche… arrière toute. A t-on déjà vu un Boeing en plein vol faire marche et arrière ? La semaine dernière, nous avons relaté dans nos colonnes que le procureur général avait décidé d’organiser une cérémonie d’enterrement dans la salle de spectacles de l’Atrium en #Martinique !
Devant la sidération provoquée par cette nouvelle, une réunion organisée au sommet des chefs de cour, à la demande express de la direction des affaires criminelles du ministère de la justice, a décidé de faire marche arrière toute : cette cérémonie funèbre pour la justice aura finalement lieu dans une enceinte de justice. Ouf.
Mais nouveau problème. Craignant les débordements et les réactions légitimes de colère spontanées , la « cacarèle » s’est emparée de leur transit cérébro spinal. Comment faire pour accueillir les 900 familles constituées partie civile dans cette affaire ? Et les nombreux parents et alliés ? Rappelons à ces justiciers venus du froid ce reptilien adage qui résonne en chacun d’entre nous :
Tout jé sé jé mè kasé bwa an tjou an makak sé pa jé . Autrement dit All game is game but put a frozen wood in a monkey ass is not game.

Ce qui me choque c’est qu’en France il n’y a aucun état d’âme à mettre en examen une compagnie aérienne étrangère jugée responsable de la mort de 50 français et qu’un Martinique, sans aucun autre état d’âme, on veuille enterrer cette triste affaire avec un cynisme d’un autre temps !
Cela se peut-il. ? Cela se fera t-il ? A suivre.

gilles dégras

PS : Pour lever tout doute il suffit de se référer aux titres de la presse française pour se faire une idée. A suivre de près, de très près.
Comme dirait notre poète national AC : «Un homme qui souffre n’est pas un ours qui danse».
Et si les chiens ne se taisaient plus…