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Crise en Guadeloupe : « La balle est dans le camp de l?Etat »

Suite au courrier adressé par le secrétaire
d’Etat à l’Outre-mer aux socioprofessionnels mobilisés pour obtenir
une baisse du prix des carburants en Guadeloupe, le président de région,
Victorin LUREL, déplore que M. JEGO ait l’aplomb d’affirmer qu’il
n’a pas reçu à ce jour «  de proposition des autorités régionales ».
 

Or, le représentant
de l’Etat en Guadeloupe a été destinataire, dès le 4 décembre,
de la délibération des élus régionaux votée en assemblée plénière
extraordinaire la veille reprenant une résolution en 11 points détaillant
la position et les propositions non seulement de la Région, mais celles
de l’ensemble des élus guadeloupéens qui les ont signées.
 

Cette résolution
rappelait que les taxes ne sont pas, comme le souligne à tort le secrétaire
d’Etat dans son courrier, celles des « autorités régionales ». Elles
sont en effet les ressources essentielles de l’ensemble des collectivités
locales de la Guadeloupe (région, département, communes). En conséquence,
la résolution indiquait que les collectivités « refusaient par avance
toute baisse de cette taxe ». Les élus locaux avaient par ailleurs
martelé que le niveau des taxes – inchangé depuis près de 15 ans
– était l’un des plus faibles de France – autour de 35 % aujourd’hui,
quand l’Etat prélève jusqu’à 70% de taxes dans l’Hexagone où,
pourtant, l’essence à la pompe demeure moins cher que dans les outremers.
« C’est donc bien que la faille du système se situe au niveau de
la SARA ! », estime Victorin LUREL.
 

En outre, pour le
président de Région, M. JEGO ne peut raisonnablement soutenir que
l’Etat soit totalement neutre dans ce dossier. Il est en effet le
régulateur d’un système de fixation des prix qui a étalé ses limites
et ses dangers au grand jour, avec l’étrange passivité d’un gouvernement
qui prétend défendre le pouvoir d’achat des Français. Et, en tant
qu’autorité chargée de la fixation des prix, c’est l’Etat qui
a la responsabilité de répercuter les fluctuations du prix des matières
premières. Il doit cependant le faire à chaque arrivage, ce qui ne
semble pas avoir été le cas systématiquement ces derniers mois.
 

Enfin, le président
de la Région Guadeloupe rappelle que les collectivités locales de
Guadeloupe ont perdu 31 millions d’euros de recettes sur la taxe sur
le carburant entre 2006 et 2008. Il s’étonne donc que le secrétaire
d’Etat à l’Outre-mer préfère attaquer encore et toujours les
élus locaux plutôt que de se préoccuper de cette situation dramatique
pour des collectivités déjà en grande difficulté financière, au
moment où sévit une crise économique de grande ampleur.