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Crise en Guadeloupe : les trois erreurs de Michelle Alliot-Marie selon Victorin Lurel

En réponse à la question de l’ancien ministre de l’Outre-mer Christian Paul sur la crise en Guadeloupe lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, Mme la Ministre de l’intérieur, des collectivités territoriales et de l’outre-mer a manifestement commis au moins trois erreurs factuelles dans sa réponse, selon le député et président du Conseil régional de la Guadeloupe, Victorin LUREL. 

En effet, en justifiant le retard pris par le gouvernement pour se rendre sur place par le fait que le préfet entretenait en permanence le dialogue, la ministre de tutelle en charge de l’outre-mer semble manifestement ignorer que celui-ci a brusquement quitté la table des négociations le mercredi 28 janvier, entraînant la rupture du dialogue. 

En affirmant, ensuite, que le gouvernement met les moyens pour résoudre la crise en Guadeloupe et en demandant à ce que les collectivités locales s’engagent pour aider les Guadeloupéens, la ministre semble manifestement ne pas savoir que les collectivités régionale et départementale ont présenté le vendredi 30 un ensemble de propositions aux revendications du collectif contre la vie chère qui représente une enveloppe nouvelle de 56 millions d’euros. Ces propositions vont au-delà même du champ des compétences strictes des collectivités afin de pallier, précisément, l’absence de réponse chiffrée du gouvernement.  

Celui-ci n’a, à ce jour, fait aucune nouvelle réponse concrète aux revendications : ni l’anticipation de 6 mois de l’application du RSA en Guadeloupe, ni la confirmation du versement d’une prime de 200€ aux bénéficiaires du RMI en Guadeloupe (simple application de l’article 4 de la loi de finances rectificatives pour 2009 dite «plan de relance»), ni l’octroi de billets d’avions à tarif réduit pour la métropole (mesure déjà en vigueur depuis la loi de 2003 mais mise en œuvre par les collectivités régionales et demain par l’Etat) annoncé le 30 janvier dernier au profit des réunionnais, ne sont en effet des mesures nouvelles ou des crédits supplémentaires. 

Enfin, en citant comme exemple de chantier relancé par l’Etat la réhabilitation du pôle universitaire du Camp Jacob en Guadeloupe, Mme la ministre semble manifestement ne pas savoir que ce projet est réalisé sous maîtrise d’ouvrage de la Région Guadeloupe. 

Par ailleurs, Victorin LUREL est surpris des regrets exprimés par la ministre qui affirme n’avoir pu signer d’accord, en Guadeloupe, avec les professionnels de la grande distribution pour une maîtrise des prix des biens de consommation. Or, la plupart des groupes de la grande distribution sont d’origine martiniquaise et sont présents dans les deux îles. 

Il est donc temps que le Gouvernement prenne la mesure de la crise en Guadeloupe et prenne les mesures qui s’imposent : baisse de la TVA sur les 50 produits de première nécessité, augmentation du SMIC et des minima sociaux, moyens supplémentaires pour l’hôpital et l’éducation et lutte contre les discriminations à l’embauche.