Bondamanjak

Et si Eddie Marajo n’avait pas tort ? Et si on s’y mettait ?

Putain…Pétain…peut-on avoir de bonnes raisons de penser qu’Eddie Marajo n’a pas tort ? C’est une bonne mais dérangeante question.

Depuis quelques jours, l’homme qui jongle avec les chiffres et les statistiques notamment en Martinique est l’âne de la fable « Les animaux malades de la peste ». Il est coupable d’avoir user de mots tabous. Voilà le combo. Sur les raisons sociaux certains se déchaînent sans pour autant briser les chaînes de la facticité locale.

Le Marajo est coupable, dans le désordre de ce désordre causé par la covid-19, de libérer la vérité comme il ne l’est pas permis. Il est coupable d’être la liberté de nous-mêmes. Le féru de zafè tjou louloute. Sans prendre de gants. De pincettes. Traiter autrui de pauvre, d’illettré, quel crime abominable. Sauf que les chiffres mentent rarement. Vraiment rarement. Il est loin le temps où les chiffres aidaient l’être. Loin.

Aussi, il faut se demander s’il est encore possible de dire la vérité, de dire les choses comme on dit, dans l’île (factice) qui a vu naître Aimé Césaire ?

Ce virus qui dure et c’est peu de le dire, est un indécent révélateur de nous-mêmes. De notre vide croissant. De notre leurre qui sonne comme un glas déguisé en gland. De nos faiblesses, de nos limites dans un univers (territoire) plombé par un non-développement voulu.

Le problème, ce n’est pas la covid-19…

le problème, c’est le diabète qui nous sucre, l’hypertension qui nous met la pression, l’obésité qui fait qu’on en a gros sur la patate. au propre comme au figuré figure vous. Le surpoids qui pèse lui aussi dans et sur la balance.

Oui, il serait temps qu’on arrête de se voiler la face. Oui. Ces jours-ci, et depuis un certain temps un peu long, j’ai les moyens d’avoir honte d’être l’un d’entre nous. Oui j’ai honte et je n’ai pas honte de le dire.

Oui nous sommes responsables de notre irresponsabilité. Et ne nous étonnons pas si les héritiers d’Antoine Crozat nous prennent pour des enfants gâtés. En bon dard et en tout cas car nous sommes…FACTICES. Pauvres et factices en sus.