
Beau logo. Belle accroche « Fort-de-France Coeur de Martinique ». C’est tellement beau qu’on a presque une tentante envie de s’embrasser l’œil vu que ça embrase.
Sauf que ce pompeux slogan est un navrant cache misère. La ville chère à Aimé Césaire et àÉmia Eriasec est en ruine.
Une ruine poul bwa dans un univers pas souvent rose. Une ruine qu’on touche du doigt et qui se voit. Un monde de bwabwa qui ne touche pas du bois.






Les héritiers du poète ont sévèrement négligé son oeuvre. Rue Victor Sévère…mes souvenirs sont dans le rouge. Je suis vert. Mes repères n’ont plus de paires. Je me perds. La ville est vile.
Quand le soleil se met à l’aise sous son alèse, une peur moite et muette vous guette à chaque coin de rue. Verrue. Fort-de-France est une ville fantôme. De Zombis abiabi.
Déja en 1995, une nuit, je refusais une invitation à aller manger un super madras au Forum Frantz Fanon. 31 ans…un tiers de vie si on vit vieux.




À Foyal comme ils disent, le fond de l’air est frais. chaque dent creuse m’effraie. Je marche vite. J’ai des yeux dans le dos. Il faut que j’évite une probable, une possible, mauvaise rencontre.
Mon coeur s’emballe …t’as pas 100 balles ? La vie fait la manche. La survie un peu plus que ça. Comment en est-on arrivé là ?
J’en sais rien mais je sais qu’il faut que ça change. Car le Fort-de-France de mon enfance n’est plus. Coeur de Martinique ? Ce coeur ma foi est assis sur un WC et attend résigné un AVC empreint de « résilience créole » imbécile.
gilles dégras












