
Le dossier Madivial entre dans une nouvelle séquence judiciaire au tribunal de Fort-de-France en Martinique.
Et les réquisitions de la procureure de la République ont de quoi faire réfléchir. Ça sent la raie qui s'étale sur l'étal.
Les peines les plus lourdes visent Ange Milia, président de la coopérative, et Sylvie Bouton, sa directrice. Le parquet réclame trois ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis, avec un bracelet électronique pour l'exécution de la partie ferme.
Sur le plan financier, la procureure demande également 50 000 euros d'amende contre Ange Milia pour escroquerie aggravée et 30 000 euros contre Sylvie Bouton.
Elle sollicite par ailleurs la confiscation des sommes placées sur leurs contrats d'assurance-vie ainsi que le remboursement des sommes dues à l'Odeadom, l'Office de développement de l'économie agricole des départements d'outre-mer.
La coopérative SCA Madivial n'échappe pas à cette addition judiciaire : 400 000 euros d'amende, dont 300 000 euros avec sursis. Le parquet demande également la publication de la décision dans un journal local et un quotidien à résonance nationale.
Concernant Roger Tran Quoc et David Jarrin, poursuivis pour corruption passive, six mois d'emprisonnement avec sursis simple, 3 000 euros d'amende et une peine complémentaire de privation des droits d'éligibilité sont requis.
Un élément retient toutefois l'attention : aucune peine n'a été demandée contre Fabrice Marquet, ancien directeur de l'abattoir Bô Kay.
Le procès reprend cet après-midi avec les plaidoiries des avocats de la défense.
À ce stade, le parquet a présenté ses demandes. Il appartient désormais aux avocats de la défense de faire entendre leurs arguments, avant que le tribunal ne rende sa décision.
Dans cette affaire, les réquisitions sont lourdes. Reste à savoir ce que retiendra finalement le tribunal. Pop corn time.