Bondamanjak

J’aime mon peuple rémora

On l’avait cru anesthésié, lavé, amnésique, empreint de zik et de sik…un ventre avide qu’on vante. En Martinique , le peuple était, le martiniquais ceci, le martiniquais cela… souvent … sans qu’on lui demande son avis, souvent sans qu’on lui donne la parole dans un silence bavard autant que complice. Le peuple était donc là et las sur son divan de 80 km de long pour 33 de large.  On le croyait malade du cerveau…de la tête…aux pieds. Véritable cas clinique qui se nique. Irrécupérable. Mais ce peuple de konpè lapen  trompait son monde comme un seul homme. Le 5 février dernier, surtout vers le 6, ce peuple de dormeurs a ouvert un œil puis l’autre pour démontrer aux matelassiers qu’il ne dormira plus. Après un mois d’émois, on peut dire que plus rien ne sera comme avant. J’aime mon peuple rémora qui sait gérer sa ventouse. Cette ventouse,  lien pervers avec un monde du même acabit. J’aime cette ventouse qui permet cette dimension imprévisible. J’aime ce peuple de rémoras qui défini clairement son positionnement dans l’espace. J’aime de peuple de paradoxes qui profite mais refuse la pwofitasyon…comme un rémora.