Bondamanjak

Les épandages aériens Point de vue médical.

Le TILT 250 EC, une fois répandu sur les feuilles de banane se retrouve dans le sol, où il pollue la nappe phréatique, les cours d’eau et ensuite les aliments, pendant un temps  que l’on ignore à ce jour ; dans certaines régions utilisatrices, ce fongicide est retrouvé dans l’eau de consommation courante et dans les aliments,

 

Le TILT 250 EC est certes homologué car il contient une dose considérée comme admissible de produits, selon des normes définies par l’organisme de référence,. Cet organisme ne tient nullement compte des spécificités  du sol tropical gorgé de plusieurs centaines de produits chimiques  pour une période pouvant s’étaler sur plusieurs siècles. Nul n’a testé l’association chlordécone + propiconazole  qui va se retrouver dans les sols martiniquais  puisque ce sont les sols de bananes qui recevront  les deux produits  et on sait que les cocktails de pesticides ont des actions synergiques en général.

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Même si les doses utilisées sont dites admissibles, aujourd’hui, toutes les études environnementales montrent que ce ne sont pas forcément les fortes doses de produit qui sont dangereuses mais la répétition de petites doses et surtout la période de la vie où elles sont administrées avec des périodes de très grande vulnérabilité comme la grossesse et la petite enfance.

L’effet carcinogène  et perturbateur endocrinien n’est pas dose dépendant mais chrono-dépendant et se manifestera à la génération suivante, dans 25 ans.

Nous nous retrouvons dans la même problématique que le chlordécone en 1991 soit 20 ans après, Un produit est interdit par la Commission européenne , une dérogation locale est demandée sans expertise adaptée.

Or nous constatons aujourd’hui en Martinique et l’étude INSERM de Guadeloupe conduite par Mr MULTIGNER l’a confirmé, une imprégnation au chlordécone pendant une longue période peut être responsable de cancer de la prostate apparaissant des années après la fin de l’utilisation du produit. Le chlordécone a été utilisé entre 1973 et 1993, or, vingt ans après la  fin de son utilisation, on observe en Martinique une augmentation exponentielle de l’incidence du cancer  de la prostate .Il s’agit d’une véritable bombe à retardement d’une durée encore imprévisible.

Que le produit soit utilisé  par voie aérienne ou terrestre il se retrouvera à terme dans l’alimentation aux côtés du chlordécone du DDT  et des autres polluants organiques persistants.

Toutefois la dangerosité du produit n’est pas la même selon la méthode employée.

Par voie terrestre, l’exposition des ouvriers est grande sur le plan pulmonaire pour une efficience moindre.

Lors des épandages aériens les ouvriers sont mieux protégés mais la population avoisinante est très exposée.

En effet les particules contenant le produit actif diffusé par épandage aérien sont très fines ; elles peuvent atteindre même avec une météo favorable les habitations avoisinantes, voire les passants, et surtout  du fait de leur petite dimension elles peuvent rester en suspension dans l’air et se charger d’autres polluants. Ces micro ou nanoparticules se déposent facilement sur les alvéoles pulmonaires qu’elles encrassent sans possibilité de détoxication naturelle ; leur toxicité est bien supérieure à celle qu’elles ont par voie digestive.

L’intestin sait utiliser l’huile de paraffine, ou les triazolés mais pas le poumon.

Les trois éléments constitutifs du TILT 250 EC   représentent un danger pour les poumons avec un risque de pneumonie toxique chimique sans traitement possible  ( à la différence des pneumonies infectieuses ) , un danger aussi pour le cerveau en cas d’inhalation .

Enfin les différents documents de référence sur le produit font état de l’éventuelle nocivité des produits de dégradation de ce fongicide dont le dioxide de carbone. Ce qui signifie que l’utilisation de ce produit supposerait d’énormes précautions pour protéger la population.

Sans parler des risques non connus qui ne se révéleront que dans le long terme L’exemple du MEDIATOR doit rester présent dans les mémoires.

Aujourd’hui où nous savons notre sol martiniquais gorgé de plusieurs centaines de produits chimiques nocifs, il est  temps de déclarer un moratoire  sur l’utilisation de toute autre substance chimique quelle qu’en soit le bien fondé.

C’est ce qui s’appelle le principe de précaution .L’absence de preuve de risque n’est pas une preuve de non risque.

Quelle solution ? Le traitement mécanique par effeuillage des régimes et incinération ?

La Cercosporose noire affecte les feuilles pas les fruits qui en tout état de cause ne sont pas contaminés  et demeure comestibles.

La filière banane sera pénalisée mais l’homme martiniquais sera préservé.

L’exposition au propiconazole par le régime alimentaire a été estimée chez les sous populations les plus exposées (par exemple, les enfants de 1 à 2 ans et les femmes de 13 à 49 ans). La somme des évaluations de l’exposition aiguë et de l’exposition chronique se situe entre 11 et 46 % des doses de référence; ces expositions se situent donc sous le niveau préoccupant établi par l’ARLA.

Nous nous retrouvons dans la même problématique que le chlordécone, 20 ans après ,où l’on estimait que de petites doses répétitives pouvaient être admissibles, alors même qu’en 2011 toutes les études environnementales montrent que ce ne sont pas forcément les fortes doses qui sont dangereuses mais leur répétition et surtout la période de la vie où elles sont administrées

Les épandages aériens sont interdits sauf dans des circonstances précises où leur autorisation à titre exceptionnel peut faire l’objet d’un arrêté préfectoral spécifique. L’avis de la population est alors sollicité. En l’occurrence, il s’agit d’autoriser les producteurs de banane à répandre par voie aérienne un produit : le TILT 250 EC contenant du propiconazole sur les plantations touchées par une maladie extrêmement contagieuse la Cercosporose noire .Cette maladie  affecte les feuilles pas les fruits mais en réduit le rendement. Le traitement de cette maladie est obligatoire .Il peut se faire de façon mécanique, physique par  effeuillage des régimes et incinération ou par procédé chimique  en utilisant des fongicides. Le fruit en tout état de cause n’est pas contaminé et demeure comestible. L’épandage permet un traitement rapide de plusieurs dizaines d’hectares par voie aérienne. Ce même fongicide peut être répandu par épandage terrestre. Il est homologué .

Outre les questions purement écologique l’utilisation d’un traitement chimique pose des questions d’ordre sanitaire qui sont de deux ordres : ceux liés à la toxicité propre du produit et ceux liés à la technique.

Risque liés  à la toxicité du produit.

Le produit actif est un antifungique de la famille des triazolés : le propioconazole .Les triazolés sont connus en médecine humaine où ils sont utilisés dans le traitement des mycoses .On en connaît donc les effets secondaires sur l’homme qui sont essentiellement hépatiques ; il est à noter qu’ils ne sont pas conseillés chez la femme enceinte et l’enfant en bas âge. Cet antifungique est lié à un solvant  dérivé du pétrole et dissous dans de l’huile de paraffine .Le solvant dérivé du pétrole présente des effets secondaires sur les poumons en cas d’absorption ou d’inhalation ( pneumopathie ) .L’huile de paraffine est bien connue et tolérée par voie digestive mais n’est pas  habituellement utilisée par voie pulmonaire  chez l’homme. Dans la documentation disponible  aucune étude de toxicité humaine sur l’association de ces trois composants ne figure ni à court ni à moyen terme. Quand on analyse ce qui est dit des risques pour la santé par un  organisme comme l’ARLA on constate que pour l ‘autorisation de mise sur le marché elle  tient compte de deux facteurs importants : « la dose n’ayant aucun effet sur la santé et la dose à laquelle des personnes peuvent être exposées. Les doses servant à évaluer les risques sont déterminées de façon à protéger les sous populations humaines les plus sensibles (par exemple, les enfants et les femmes qui allaitent). Seules les utilisations entraînant une exposition à des doses bien inférieures à celles qui n’ont aucun effet sur les animaux soumis aux essais sont considérées comme acceptables pour le maintien de l’homologation. » l’ ARLA affirme  que «  les risques alimentaires liés à la consommation d’aliments et d’eau potable ne sont pas préoccupants. »Les doses de résidus tolérés de référence sont celles auxquelles une personne peut être exposée au cours d’une seule journée (exposition aiguë) ou durant toute sa vie (exposition chronique) sans qu’on s’attende à des effets nocifs sur sa santé. Généralement, l’exposition alimentaire par l’eau potable et les aliments est acceptable si elle est inférieure à 100 % de la dose aiguë de référence ou de la dose journalière admissible. Cette dernière est une évaluation de l’exposition journalière à une concentration de résidus de pesticide que l’on estime ne pas causer d’effets nocifs importants au cours d’une vie. »

L’exposition au propiconazole par le régime alimentaire a été  estimée chez les sous populations les plus exposées (par exemple, les enfants de 1 à 2 ans et les femmes de 13 à 49 ans). La somme des évaluations de l’exposition aiguë et de l’exposition chronique se situe entre 11 et 46 % des doses de référence; ces expositions se situent donc sous le niveau préoccupant établi par l’ARLA.

Le produit est homologué  car il contient une dose considérée comme admissible selon les normes définies par l’organisme de référence.

Nous nous retrouvons dans la même problématique que le chlordécone, 20 ans après ,où l’on estimait que de petites doses répétitives pouvaient être admissibles, alors même qu’en 2011 toutes les études environnementales montrent que ce ne sont pas forcément les fortes doses qui sont dangereuses mais leur répétition et surtout la période de la vie où elles sont administrées avec des périodes à haut risque come la grossesse et les premières années de la vie .L’effet carcinogène  et perturbateur endocrinien n’est pas dose dépendant mais chrono-dépendant et se manifestera à la génération suivante, dans 25 ans .C’est tout à fait ce que nous constatons aujourd’hui et qu’a confirmé l’étude INSERM de Guadeloupe conduite par Mr MULTIGNER  l’augmentation exponentielle de l’incidence du cancer  de la prostate depuis les vingt dernières années par imprégnation au chlordécone alors même que son utilisation est interdite depuis près de 20 ans mais a été utilisée il ya 40 ans  entre 1973 et 1993 ;  donc un effet de bombe à retardement .

Dans la documentation disponible on note comme AUTRES EFFETS TOXICOLOGIQUES CONNUS :« Ce produit contient un solvant aromatique dérivé du pétrole. Le fournisseur signale que l’inhalation de concentrations élevées de vapeurs (plus de 1 000 ppm) entraîne l’irritation des yeux et des voies respiratoires et peut causer : maux de tête, étourdissements, anesthésie, somnolence, perte de conscience et autres effets sur le système nerveux central, y compris la mort. L’exposition de la peau peut provoquer une dermatite dégraisseuse et la photosensibilisation. Dans de rares cas, le solvant peut sensibiliser les muscles du coeur causant de l’arythmie. »

Le produit lui-même a sa propre toxicité mais le solvant également qui est dérivé du pétrole. Nous connaissons en pédiatrie le danger de l’ingestion et de l’inhalation du pétrole chez l’enfant  entrainant des atteintes graves des poumons. Dans ce document il est question  de troubles au cerveau et de possibilité de mort +++ et de troubles cardiaques qui peuvent être graves.

« Cancérogénicité : L’exposition prolongée de souris à des doses élevées de propiconazole a donné lieu à une augmentation des tumeurs au foie chez les mâles. Le propiconazole n’est pas considéré cancérigène.- Mutagénicité Les études de mutagénicité standard n’ont révélé aucun effet mutagène ni génotoxique Autres substances affichant des effets toxiques synergiques avec le produit : aucune »

Si on se réfère à  l’exemple du chlordécone la cancérogénicité n’est retrouvée qu’après une exposition longue de 30 ans  et le chlordécone n’est pas mutagène. Un produit peut entrainer un cancer sans causer de mutations génétiques  .Enfin on n’a pas testé l’association chlordécone + propiconazole  qui va se retrouver dans les sols martiniquais  puisque ce sont les sols de bananes qui recevront  les deux produits  et on sait que les cocktails de pesticides ont des actions synergiques en général.

Enfin dans la documentation disponible en préfecture il est inscrit ( BANOLT  ligne 11)

« Parmi les produits de dégradation il y a du dioxide de carbone. Le produit est lié à un solvant contenant des hydrocarbures…..« Il a une toxicité connue pour les poumons ….Peut entrainer une pneumonie chimique mortelle +++ « La bioaccumulation est inconnue  » et au Paragraphe 16 « Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires. »

Ce qui signifie que l’utilisation de ce produit supposerait d’énormes précautions pour protéger la population.

Le second point qui pose question est la diffusion par épandage aérien c’est à dire par pulvérisation de particules très fines dispersées par voie aérienne sur les régimes de bananes mais pouvant atteindre  par vents favorables les habitations avoisinantes mais aussi les personnes qui à pied ou en voiture circuleraient à ce moment à proximité .Ce produit largement dispersé dans l’atmosphère, lors de son utilisation, (‘évaporation /dispersion par le vent) pose un grave problème aussi bien, pour la santé humaine que pour la faune et la flore. Il  retombe dans un deuxième temps  dans le sol qui contient déjà de très nombreux pesticides  persistants dont le DDT et le chlordécone et l’on sait que leurs effets sont potentialisateurs. Il se retrouve enfin dans la nappe phréatique dans les cours d’eau  eux-mêmes déjà hautement pollués et contribue à la destruction des espèces aquatiques ce qui est bien spécifié dans la fiche toxique du produit. Des personnes pourraient être exposées au propiconazole en buvant de l’eau du robinet ce qui est le cas où dans certaines régions utilisatrices où ce fongicide est retrouvé dans l’eau de consommation courante et dans les aliments, Les particules aériennes contenant le produit actif  peuvent être extrêmement fines de l’ordre du millardième de mètres ce que l’on appelle les nanoparticules  qui ont la particularité de franchir la barrière alvéolaire et se loger dans les poumons sans aucune possibilité naturelle d’élimination .Les particules d’huile de paraffine comme celles de pétrole peuvent se retrouver dans les cellules pulmonaires pendant de longues années et entrainer éventuellement des pneumopathies chimiques comme cela est clairement indiqué dans un des documents consultables à la préfecture .Les particules très fines ont en outre la particularité de franchir la barrière cutanée qui habituellement est imperméable. Malheureusement comme pour les pesticides, les insecticides les polluants organiques persistants les effets induits ne se manifesteront pas  à court terme mais au bout de nombreuses années et les quelques  recherches permettant l’autorisation de mise sur le marché ne tiennent nullement compte  de ces complications à long terme .L’exemple du MEDIATOR doit rester présent dans les mémoires. Aujourd’hui où nous savons notre sol martiniquais gorgé de plusieurs centaines de produits chimiques nocifs il est  temps de déclarer un moratoire  sur l’utilisation de toute autre substance chimique quelle qu’en soit le bien fondé .C’est ce qui s’appelle le principe de précaution .L’absence de preuve de risque n’est pas une preuve de non risque.