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Pesticides aux Antilles: information judiciaire, demande de délocalisation à Paris

Le parquet de Fort-de-France a ouvert une information judiciaire sur l'utilisation de pesticides aux Antilles, qui pourrait être à l'origine d'un désastre sanitaire, et demandé que le pôle de santé publique de Paris en soit saisi, a-t-on appris mardi de sources judiciaires. Le parquet de Fort-de-France a avisé celui de Paris, la semaine dernière qu'il avait fait des réquisitions pour que ce pôle de juges d'instruction spécialisé dans les affaires de santé publique soit saisi, "compte tenu de la complexité de l'affaire", a affirmé le parquet de Paris à l'AFP.   Il appartient désormais au doyen des juges d'instruction de Fort-de-France de se prononcer. S'il suit les réquisitions du parquet, les parties civiles auront la possibilité de déposer un recours devant la chambre criminelle de la Cour de cassation pour s'opposer au dessaisissement, selon cette source, confirmant une information du Parisien. Dans un rapport en septembre, le cancérologue Dominique Belpomme évoquait une "bombe à retardement" sanitaire due à l'usage de pesticides –dont le chlordécone– aux Antilles jusque dans les années 1990, qui avait durablement "empoisonné" les sols et les eaux. Il s'inquiétait notamment du nombre élevé de cancers de la prostate et du sein en Martinique et en Guadeloupe, sans être en mesure d'établir un lien de causalité avec le chlordécone. Entendu début novembre par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le Pr Belpomme a reconnu des "inexactitudes" dans son rapport, affirmant toutefois que "le message de fond rest(ait) pertinent".