Bondamanjak

Quand un béké s’adresse à un nègre sans citer son nom une seule fois


Emmanuel…quand même quand même…nous ne sommes pas en 1847… Le Président de la commission développement économique du département Martinique, tu peux l’appeler Jean-Michel Jean-Baptiste ou encore #Chichine la muraille. C’est un martiniquais et un homme comme toi…Manu…brise tes chaînes coloniales…

Par Emmanuel de Reynal, président de Contact-Entreprises

Monsieur le Président,

Devant la gravité de la situation prévalant aujourd’hui sur le Port de Fort-de-France, nous ne pouvons faire autrement que vous adresser un véritable SOS : Le temps presse, mais nous connaissons votre efficacité.

Nous avons tenu de nombreuses réunions, pris de nombreux avis provenant d’élus de tous bords, y compris au sein de votre formation politique. Nous avons aussi interrogé des responsables socio-économiques et des acteurs de la société civile martiniquaise.

Tous nos interlocuteurs sont unanimes : Vous pouvez mettre fin au processus désastreux que représente la poursuite des perturbations que connait le port de Fort-de-France depuis maintenant un mois.

En raison des fonctions qui sont les vôtres à l’assemblée départementale, nous savons que vous êtes aujourd’hui l’un des experts les plus pointus s’agissant des processus de développement de notre économie que vous analysez quotidiennement. Nous ne doutons pas par ailleurs que vous partagez la forte conviction exprimée à juste titre, et à de nombreuses reprises par le Président de Région : Le tourisme doit être le moteur de notre économie.

Nous sommes aussi persuadés que vous appréciez à leur juste valeur les efforts constants déployés depuis maintenant 4 ans avec un certain nombre de résultats probants par la Présidente du CMT et son équipe, malgré les vents contraires pour promouvoir la destination Martinique.

Or vous n’ignorez pas que le maintien du blocage des débarquements de voitures que nous observons depuis plusieurs semaines a engendré un enchainement infernal. Celui-ci conduira, tout le monde le sait maintenant, à une saison touristique catastrophique. Vous savez que les loueurs de voitures se trouvent aujourd’hui dans l’impossibilité de renouveler leurs flottes. Tout s’enclenche : réduction drastique de locations de voitures pour nos visiteurs et l’impossibilité de leur proposer les packs hôtel et location qui sont maintenant la norme. C‘est désormais une machine infernale qui suit sa course folle. Inéluctablement, nous observerons bientôt la faillite d’entreprises martiniquaises qui sont déjà sur la corde raide. Nous pensons notamment à certains hôtels qui sont aujourd’hui en sursis… Vous connaissez parfaitement ce qui en résultera en termes de pertes d’emplois pourtant si précieux pour notre pays.

Il nous faut aussi parler des conséquences du mouvement en cours sur le port pour le secteur BTP. Celui-ci, vous le savez, est moribond. Pourtant lui aussi est directement impacté. Les engins de travaux publics attendus pour la poursuite de nombreux chantiers n’ont pas été débarqués. Conséquence : dans la meilleure hypothèse, ils se trouvent aujourd’hui en Guadeloupe. Dans la pire, ils n’ont simplement pas quitté l’hexagone, les armateurs ayant pris acte que le port de Fort-de-France était dans l’incapacité de les accueillir correctement.

Enfin, il nous faut évoquer ce que tout cela signifie pour la communauté portuaire. Elle est engagée aujourd’hui dans une compétition sans merci avec les autres ports de la Caraïbe pour profiter pleinement de la prochaine ouverture de la nouvelle écluse du canal de Panama. Les efforts déployés ont permis un brillant résultat qui est une première étape prometteuse : le Port de Fort-de-France vient de remporter de haute lutte le « Prix du port à containers de l’année 2013 » qui lui a été remis en grandes pompes en octobre lors de l’assemblée générale annuelle de la Caribbean Shipping Association. Ceci devant 11 autres ports de la Caraïbe !

Or la prolongation du cauchemar que nous vivons est en train de ruiner tous les efforts accomplis jusqu’ici pour être à la hauteur de cette opportunité historique. Et vous savez que dans ce domaine, comme dans d’autres, l’histoire ne repasse pas les plats !

Tout cela vous en avez connaissance comme tous les martiniquaises et tous les martiniquais. C’est la raison pour laquelle nous nous tournons vers vous pour vous lancer ce SOS : Agissez !

Sauvez tous ces emplois de nos compatriotes qui sont aujourd’hui très sérieusement menacés !

Nous vous soutenons !

Nous croyons comme vous que « La chance de la Martinique, c’est le travail des martiniquais ».

Nous sommes enfin confiants dans le fait que votre engagement en tant qu’élu départemental vous a toujours conduit à faire vôtres les fortes paroles de notre regretté Pierre ALIKER qui disait, citant Karl MARX : « Il ne faut jamais permettre que l’intérêt général soit noyé dans les eaux glacées des intérêts privés ».

Nous vous prions, Monsieur le Président, d’agréer nos sentiments les meilleurs.