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Monsieur Déau, et si l’eau des outre-mer devenait enfin une priorité ?
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Monsieur Déau, et si l’eau des outre-mer devenait enfin une priorité ?

Par Gilles DEGRAS
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Monsieur Thierry Déau,

Vous connaissez mieux que beaucoup d’autres les mécanismes de l’investissement, des infrastructures et du financement des grands projets.

Alors permettez-nous de vous poser une question simple, mais qui concerne aujourd’hui des centaines de milliers de citoyens français :

Comment peut-on encore accepter qu’en 2026, dans plusieurs territoires ultramarins, l’accès à l’eau potable demeure aussi fragile ?

En Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à Mayotte, à La Réunion ou encore dans d’autres territoires ultramarins, les problèmes ne sont pas de même nature, mais ils ont un point commun : des réseaux vieillissants, des infrastructures insuffisantes, des pertes d’eau considérables, des investissements qui tardent et, parfois, des habitants qui doivent vivre avec des coupures ou une distribution dégradée.

L’eau potable n’est pourtant ni un luxe ni une variable d’ajustement.

C’est un service essentiel.

C’est même probablement l’un des rares sujets sur lesquels l’État, les collectivités, les opérateurs privés, les investisseurs et la société civile devraient pouvoir se retrouver autour d’une même exigence : garantir durablement l’accès à une eau de qualité.

Mais derrière les canalisations, les stations de traitement et les réseaux se trouve une réalité beaucoup plus politique.

Lorsqu'un habitant ouvre son robinet et que rien ne coule, ce n'est pas un problème comptable.

Lorsqu'une famille doit stocker de l'eau parce qu'elle ne sait pas quand la distribution sera interrompue, ce n'est pas une simple difficulté technique.

Et lorsqu'une collectivité doit consacrer des sommes considérables à réparer des réseaux dont une partie importante de l'eau produite se perd avant même d'arriver au robinet, c'est aussi une question de gouvernance.

Alors, Monsieur Déau, pourquoi ne pas faire de l'eau ultramarine un grand chantier d'infrastructure ?

Pas un énième rapport.

Pas une énième conférence.

Pas une succession d'annonces.

Mais un véritable programme permettant d'identifier les réseaux prioritaires, de financer leur rénovation, de réduire les pertes, de moderniser les installations et surtout de garantir aux populations ultramarines un service comparable à celui auquel peuvent prétendre les autres citoyens français.

Votre expertise pourrait-elle être mobilisée sur ce sujet ?

Existe-t-il un modèle économique permettant de réunir fonds publics, capitaux privés et financements européens autour d'un objectif simple : faire couler durablement une eau potable de qualité au robinet de chaque Ultramarin ?

La question mérite d'être posée.

Car les outre-mer ne demandent pas la lune.

Ils demandent simplement que l'eau coule du robinet.

Et peut-être est-il temps de considérer que les canalisations ultramarines constituent elles aussi une infrastructure stratégique.

Monsieur Déau, la question est posée.

À vous de nous dire si, dans cette bataille-là aussi, il est possible de transformer un problème structurel en véritable projet d'avenir.

gilles dégras

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