Aller au contenu principal
Marcellin NADEAU

Marcellin NADEAU

Co-Président de PEYI A- Conseiller territorial - Député de Martinique

Endettement de la CTM : sortir du fatalisme budgétaire

• Politique
Partager :

La Chambre régionale des comptes vient de confirmer ce que beaucoup redoutaient : la dette de la

Collectivité Territoriale de Martinique frôle le milliard d'euros et sa capacité de désendettement a plus

que triplé en cinq ans.

Face à ce constat, deux lectures s'affrontent depuis la plénière du 24 septembre : celle d'un exécutif qui

invoque des contraintes structurelles largement héritées de l'État, et celle dont je me revendique, qui

refuse que ces contraintes servent d'alibi à l'absence de choix politiques clairs.

Je refuse de me bercer d'illusions face à un manque de réelle vision de la majorité territoriale.

Je veux rester dans une opposition qui juge chaque décision au fond plutôt que de s'y opposer par

principe. Cette ligne (voter les mesures utiles au peuple martiniquais, s'opposer à celles qui ne le sont

pas) est la grille avec laquelle Péyi-A et moi-même abordons aujourd'hui le plan de redressement de la

CTM : accepter la nécessité de rétablir les comptes, mais refuser qu'elle serve à masquer des années de

choix de gestion contestables.

Cette dette n'est pas seulement un problème de gestion locale. C'est le symptôme d'un système où la

Collectivité reste privée des leviers fiscaux et institutionnels d'un territoire réellement autonome, tout

en assumant des compétences sociales croissantes (autonomie, handicap, solidarités) sans

compensation intégrale de l'État.

Une collectivité qui ne maîtrise ni ses principales recettes, ni le rythme de ses charges transférées, ne

peut pas être tenue pour seule responsable de sa trajectoire financière.

Je ne dis pas que la CTM n'a commis aucune erreur de gestion : les rapports successifs de la Chambre

Régionale des Comptes en attestent, et une opposition digne de ce nom doit avoir l'honnêteté de le

reconnaître. Mais réduire le débat à une querelle de mandatures, ancienne contre actuelle, c'est se

tromper de sujet. Le sujet, c'est de savoir si nous voulons continuer à gérer la pénurie dans un cadre qui

ne nous appartient pas, ou si nous voulons enfin les moyens d'une politique fiscale et budgétaire

pensée pour et par la Martinique.

Cette exigence de clarté doit s'appliquer à tous : présenter des chiffrages vérifiables plutôt que des

postures. C'est sans doute la seule manière de sortir d'un débat où chacun accuse l'autre camp

(ancienne ou actuelle mandature, État ou Collectivité ) sans jamais avancer sur les 15 recommandations

que la Chambre Régionale des Comptes a posées sur la table.

Partager :

Restez informé(e)

Recevez notre newsletter quotidienne avec les actualités essentielles des territoires ultramarins directement dans votre boîte mail.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir nos emails et notre politique de confidentialité.