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Le rappeur « Monsieur R » jugé lundi pour avoir voulu « baiser » la France


Le rappeur Richard Makela, alias « Monsieur R », accusé par un député UMP d’insulter la République dans une de ses chansons, doit être jugé lundi par le tribunal correctionnel de Melun (Seine-et-Marne), deux semaines avant la sortie de son nouvel album.
Monsieur R est poursuivi pour « diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité, accessible à un mineur ».Le député des Pyrénées-Orientales Daniel Mach (UMP), à l’origine de la procédure judiciaire contre le rappeur d’origine belge de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), lui reproche d’avoir diffusé sur Internet un clip alliant des images pornographiques à des paroles « insultantes, outrageantes » envers la France. Le texte de la chanson FranSSe, issue de l’abum « Politikment Incorrekt », dit notamment : « La France est une garce, n’oublie pas de la baiser jusqu’à l’épuiser, comme une salope faut la traiter, mec ». Et, plus loin : « Je pisse sur Napoléon et le général de Gaulle ». Le clip incriminé, qui a été retiré du site de Monsieur R, est en revanche visible sur le site du syndicat de policiers CFTC-Police (proche de l’extrême droite), qui a assigné Richard Makela en justice à Paris.
Coïncidence : alors que le procès du rappeur a déjà été reporté deux fois, la première à la demande de l’avocate de M. Mach, la seconde en raison del’absence de l’avocat de la défense, l’audience intervient deux semaines avant la sortie chez Nocturne du nouvel opus du rappeur, « Black album 2006 ». Ce disque, sur lequel Monsieur R invite des rappeurs en vue tels que Sefyu, Tandem ou Youssoupha, promet de régler quelques comptes avec des chansons aux titres aussi évocateurs que « J’ai la haine » ou « R l’insolent ». Daniel Mach a déposé sa plainte à l’été 2005, avant de déposer fin septembre à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à instaurer un « délit d’atteinte à la dignité de la France et de l’Etat ». Il affirme avoir reçu le
soutien de 8.000 électeurs de sa circonscription.
Le titre « FranSSe » avait également provoqué l’ire du député UMP de Moselle François Grosdidier, qui, soutenus par quelque 200 parlementaires, avait interpellé en novembre le garde de Sceaux en lui demandant d’engager des poursuites contre Monsieur R et cinq autres groupes.
M. Grosdidier a en outre déposé en avril dernier une proposition de loi visant à condamner pénalement les auteurs de chansons incitant à la « discrimination, à la violence ou à la haine » « anti-blanc ».

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