
Ce jeudi 29 octobre 2026, les administrateurs de l'association CERC Martinique sont convoqués à l'amphithéâtre Hervé Honoré du Skillfor Campus de Schœlcher, dès 8 h 30.
Au menu de ce petit déjeuner du BTP : une assemblée générale élective, deux conseils d'administration et une élection du bureau.
Quatre rendez-vous institutionnels dans la matinée. Rien que ça !
On va sourire. On va probablement se féliciter. On va remercier les uns, saluer les autres et, si tout se passe comme prévu, éviter soigneusement les questions qui pourraient gâcher la fête.
Dommage… Car dans cette respectable maison du BTP martiniquais, quelques placards mériteraient pourtant d'être grands ouverts.

Des prestataires qui attendraient toujours leur argent ? Des dépenses qui mériteraient quelques explications ? Trois salariées dont les conditions de travail auraient laissé quelques souvenirs ?
Voilà des sujets bien inconvenants pour une matinée consacrée à la célébration de la bonne gouvernance démocratique.
Et puis, à quoi bon poser des questions embarrassantes quand on peut tranquillement reconduire les mêmes cons aux mêmes fonctions ?
Le plus savoureux, c'est que certains membres de la CERC siègent également au MEDEF Martinique, où la présidente Catherine Rodap a été invitée à quitter son fauteuil par une quasi-unanimité de son conseil d'administration, après avoir pointé, selon elle, d'importantes irrégularités juridiques.
Parmi eux, le président de la CERC.
Tiens donc ! Au MEDEF, on saurait montrer la porte de sortie. À la CERC, on aurait confondu mandat et bail à vie ?
D'un coté des administrateurs exigeants et d'un autre coté, des spectateurs particulièrement accommodants.
Mais revenons à l'affaire du jour, car il faudrait tout de même rappeler un petit détail : la CERC Martinique fonctionne notamment avec de l'argent public et reçoit d'importantes contributions de la Caisse des congés payés du BTP Antilles-Guyane.
Mais les administrateurs connaissent-ils réellement la situation financière de la CERC ? Ont-ils connaissance de tous les engagements pris par le bureau ? Certaines décisions douteuses ont-elles été prises sans leur accord ?
Et surtout, ont-ils seulement une idée précise de ce que fait cette association et de ce que lui coûte son fonctionnement ?
A l'origine, la CERC est censée produire de l'information économique et statistique sur le BTP, accessible à tous.
Puisqu'il reste un salarié rémunéré 3 fois le SMIC dans cette belle mécanique, il s'agirait de se poser une question toute bête : quels travaux, quelles publications, quels résultats concrets permettent aujourd'hui de mesurer son activité ?
On imagine qu'une structure spécialisée dans les chiffres devrait pouvoir répondre à cette question sans difficultés...
À moins que la productivité ne se mesure désormais au nombre de réunions auxquelles il a assisté et aux poignées de mains serrées ?
Mais la véritable curiosité statistique de cette matinée pourrait bien être ailleurs : combien d'administrateurs vont voter sans avoir posé la moindre question ?
Combien ont pris la peine de vérifier ce qu'on leur présente ?
Combien considèrent encore qu'un conseil d'administration est un sympathique club de retrouvailles où l'on vient entretenir son réseau et échanger quelques politesses ?
En principe, les dirigeants passent, les bureaux changent...
Alors ce matin, chers administrateurs, entre deux félicitations et trois poignées de main, essayez donc une petite expérience révolutionnaire.
Posez de vraies questions. Celles auxquelles personne n'a préparé de réponse.
Vous verrez, ça change des élections à l'unanimité.
Et avant de lever la main… ou le pied, demandez-vous une dernière chose :
Êtes-vous venus administrer la CERC ou simplement servir d'alibi à ceux qui l'administrent à votre place ?