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Martinique : le procès MADIVIAL comme si vous y êtiez
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Martinique : le procès MADIVIAL comme si vous y êtiez

Par Gilles DEGRAS
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Mercredi 28 octobre 2026, dans un climat social tendu, débutait au palais de justice à Fort-de-France en Martinique le très attendu procès Madivial.

MADIVIAL : David Jarrin dénonce une gestion centralisée et une surproduction de volailles

Audience du 28 octobre 2026 — audition de David Jarrin à partir de 14 h 48.

Membre fondateur de MADIVIAL, ancien président et trésorier, David Jarrin affirme devant le juge que les décisions stratégiques de la coopérative étaient prises par un trio composé de Milia, Rieux et Marquet.

Selon lui, les éleveurs ne maîtrisaient pas leur production : MADIVIAL commandait les poussins, fournissait l’alimentation et fixait les volumes à produire.

Jarrin déclare avoir été privé d’accès aux comptes malgré ses fonctions de trésorier. Il affirme que les experts-comptables et les commissaires aux comptes rencontraient également des difficultés pour obtenir les documents, notamment ceux concernant les stocks congelés.

Chèques, silence et démission

Il évoque deux chèques de 4 000 euros, distribués par Marquet. Jarrin explique avoir d’abord accepté ces opérations parce qu’on les lui avait présentées comme légales. Lorsqu’un prête-nom aurait été évoqué pour le second chèque, il dit avoir compris, après s’être renseigné, que le montage était illégal.

Interrogé sur ce qui était attendu de lui, il estime qu’on voulait probablement acheter son silence. Il affirme qu’il n’aurait jamais accepté de participer à une fraude et qu’il ne pouvait pas cautionner ce qu’il considérait comme une escroquerie.

Il explique avoir démissionné parce qu’il ne pouvait pas exercer ses responsabilités dans ces conditions. Il affirme que ses difficultés ont commencé après son départ et ses dénonciations.

Surproduction et destructions

Selon Jarrin, dès 2015, MADIVIAL poursuivait une politique d’augmentation de la production avicole alors que les stocks congelés s’accumulaient et que la grande distribution ne pouvait plus absorber les volumes proposés. Il affirme que des destructions de volailles ont eu lieu, représentant selon lui jusqu’à 30 % de la production.

Il estime que l’augmentation des volumes permettait de rechercher davantage d’aides du POSEI, tandis que les importations continuaient à concurrencer la production locale. Il soutient qu’il aurait fallu adapter la production à la demande et réduire les achats de poussins plutôt que de continuer à produire davantage.

La filière lapin sacrifiée ?

Responsable de la filière lapin, Jarrin explique avoir fait venir 28 éleveurs au sein de MADIVIAL. Il rappelle que les cycles du lapin sont plus longs que ceux du poulet et que la production porcine connaît également ses propres contraintes. Selon lui, les filières lapin et porc étaient moins favorisées que celles du poulet et du porc, qu’il présente comme privilégiées par la direction.

Il affirme que la filière lapin a connu une chute importante avant de disparaître en Martinique. Il évoque également un litige concernant les fournitures de son élevage, qu’il dit avoir gagné en justice en 2016.

Souveraineté alimentaire : un objectif contredit ?

Jarrin rappelle que le projet initial de MADIVIAL, porté par la Chambre d’agriculture, consistait à s’inspirer de La Réunion pour maîtriser la chaîne alimentaire et renforcer la production locale. Il considère que la poursuite de la surproduction, les stocks et les destructions contredisaient cet objectif.

À la fin de son audition, il insiste sur ses convictions personnelles : il dit avoir refusé de cautionner des pratiques qu’il jugeait injustes. L’audience doit se poursuivre avec l’audition de Marquet, annoncée pour le lendemain matin c'est-à-dire jeudi 29 octobre 2026.

Fanywa

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