


Samedi 24 janvier 2026, au Triple 8, en Martinique la traditionnelle soirée de passation de bâton avait promis solennité et réjouissances. Elle a surtout offert un spectacle de paroles et du vide. Eh oui…à Ducos …ce n’était pas du costaud.
À 18h30 précises, Madame la Bâtonnière Murielle Renar-Legrand prend la parole. Fidèle à un style éprouvé, le discours s’étire et s’auto-célèbre. Le propos, largement platonique, peine à trouver une profondeur. Retour sur un bâtonnat présenté comme dense, mais dont les réalisations concrètes restent, à l’arrivée, difficilement identifiables.
La Bâtonnière insiste en revanche sur la Conférence internationale des barreaux, érigée en fait d’armes — au passage une présidence arrachée au forceps -devenu le fil rouge d’un mandat davantage narré que démontré.
La parole passe ensuite à Madame le Bâtonnier Pascaline Jean-Joseph. L’esquisse d’un programme affleure, maladroitement. Très vite, le discours bifurque vers l’actualité récente. Le message est martelé sans nuance — le Barreau « n’aurait rien à se reprocher ». Lol. Je tousse, ma fausse moustache part de travers, moi le serveur d’un soir qui a failli se faire repérer. Certes, des placements ont été effectués, de l’argent a été perdu, mais « tout va bien ».
Une ligne de défense répétée jusqu’à frôler la contradiction, que Madame le Bâtonnier semble elle-même vouloir croire. Crédule qui s’adule. Pascalinou pa fè nou’y.
Le décor, lui, parle tout aussi fort que les mots. Pour une prise de bâtonnat, l’assistance fait pâle figure. De nombreuses personnalités manquent à l’appel : sont absents le premier président, la présidente du tribunal judiciaire, et bon nombre d’institutionnels habituels. La presse, elle, a tout simplement brillé par son absence qui pour une fois a du sens.
Au final, une soirée qui devait marquer une transition s’est transformée en démonstration de décalage. Peu de fond, peu de monde, peu d’écho. Au Triple 8, le bâton a bien changé de main — mais l’élan, lui, est resté à la porte. En bon dard et en tout cas car le dossier CARPA sera le nouveau chacha de Bondamanjak en 2026. À suivre…
gilles dégras
