La #SME, robinet à fric des maires?

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Par Franck #Vasko.

La gestion de l’eau en #Martinique se distingue par la délégation de ce service public à des entreprises privées comme la Société Martiniquaise des Eaux. Mais le processus qui a conduit à l’abandon des régies publiques a été encouragé par « le droit d’entrée ». Une pratique décriée qui pénalise l’usager et remplit les caisses des mairies.

La #SME, opérateur privé, en mettant à disposition des communes une confortable somme d’argent, entend s’assurer leur conversion au modèle du partenariat public-privé (PPP). Ce mariage d’intérêt n’est sans conséquences pour les usagers : factures en constante augmentation, canalisations peu entretenues… La longue liste de doléances incite bien des habitants, à exiger la « remunicipalisation » de l’assainissement de l’eau afin d’offrir un service de qualité.

Nombre de donneurs d’alerte signalent l’arnaque en cours. Grâce au joli pactole ramassé annuellement, la SME continue de de s’installer confortablement. Ce sésame évoqué en introduction, lui permettrait de corrompre certains maires. Enveloppes, séminaires, voyages, croisières, gastronomie fine, communication événementielle, achats d’appartements, financement de campagnes électorales et autres cadeaux inciteraient les mandataires à garantir, à la direction de la SME, l’assurance de la perpétuation du schéma mis en place.

Les profits inconsidérés obtenus par la SME permettraient aux maires de réduire le passif de leur ville, baisser les impôts locaux, élargir leur capacité d’action. Mais lorsque les investissements ne sont pas au rendez-vous, les administrés, en droit de se poser des questions quant à l’utilisation de l’argent, tapent du poing sur la table. Un geste timidement soutenu par les syndicats plus occupés à discuter des salaires au sein de la SME. Ces interrogations restent, pour l’heure, sans réponse, tant le sujet est gênant.

La connivence des édiles et des ultralibéraux aux méthodes éhontées ne laissant plus de place au doute, la rhétorique mensongère étalée quotidiennement exaspère. Surtout lorsque la rentabilité de la SME affiche des marges importantes en faisant des économies sur les frais d’entretien. Pire, quand des audits prouvent que des rapports financiers déguisés sous forme de dons se révèlent, en réalité, être des prêts à des taux pénalisants. Aussi, en éclaircissant les pratiques obscures de ce groupe privé et en montrant l’importance des décisions publiques, le nécessaire débat sur la gestion de l’eau, ressource vitale, trouvera écho auprès des décisionnaires intègres.

À la lumière des rapports critiques signalés, de nombreux usagers qui ne cessent d’appeler de leurs voeux une renégociation de ce partenariat, seront entendus. Également ceux qui réclament purement et simplement le retour d’une régie municipale du traitement et de la distribution de l’eau, gage d’un prix au mètre cube qui contenterait tout le monde. Des décisions qui éviteraient de donner au consommateur l’impression d’être la « vache à lait » de cette privatisation.

Franck Vasko

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