RÉPONSE À LA POLÉMIQUE INFONDÉE

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Par Victorin Lurel.

Depuis plusieurs jours, une campagne de manipulation est lancée sur les réseaux sociaux au sujet du rejet d’un amendement de mon collègue Jean-Philippe #Nilor lors de la discussion de la loi Egalité réelle. Par amendement, mon collègue souhaitait que soit intégré dans les programmes scolaires « un temps consacré à l’enseignement de l’histoire » de nos territoires.

Bien sûr, la démarche est louable. Bien sûr, j’ai toujours défendu la valorisation de notre riche histoire, avec ses tourments, ses blessures et ses lumières. Bien sûr, une plus grande place de nos histoires dans les programmes est légitime. C’est par la connaissance de notre histoire que nous faisons vivre nos mémoires et fondons notre identité.

C’est la raison pour laquelle je suis fier de m’être dressé contre la volonté de la droite en 2005 d’intégrer les « aspects positifs de la colonisation ». C’est la raison pour laquelle je suis fier qu’en cette rentrée, la maison d’édition Nathan ait choisi de consacrer plusieurs pages au MACTe, à l’esclavage, à la colonisation et à notre histoire dans ses manuels. C’est la raison pour laquelle je considère les attaques, les caricatures et les raccourcis répandus avec démagogie et populisme sur les réseaux sociaux comme offensants et calomnieux.

Toute ma carrière politique prouve, s’il en était besoin, mon ardeur et ma ténacité à défendre et valoriser nos histoires, nos cultures et nos identités.

Si j’ai émis un avis défavorable à l’amendement Nilor c’est pour la simple et bonne raison qu’un tel dispositif est de nature réglementaire et non législative, fondé sur les articles 34 et 37 de la Constitution. En d’autres termes : la Constitution de notre République affirme que ce n’est pas à la loi de déterminer les programmes scolaires !

Tout bon parlementaire, a fortiori un ancien assistant parlementaire, devrait connaître cette distinction élémentaire !
En proposant cet amendement, je ne doute pas que son auteur n’ignorait pas que c’est au seul Conseil supérieur des programmes (CSP), constitué de parlementaires et d’experts qualifiés, de déterminer le contenu des programmes scolaires.

Ce n’est donc pas l’incompétence que je dénonce ici mais la recherche incessante de la malveillance et du buzz médiatique par exploitation de l’ignorance.

En démocrate, je respecte la vision de certains indépendantistes ou nationalistes mais je ne peux tolérer qu’ils mettent leur idéologie au service du mensonge ; je les incite plutôt à aider les parlementaires qui incarnent cette idéologie à proposer des amendements sérieux, moins légers et aériens, faisant réellement avancer nos pays.

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