
Emmanuel de Reynal, celui que certains surnomment le Thélyson Orélien béké est fantastique.
Grand catholique devant le lait Ternel, chargé de la communication du Secours Catholique en Martinique, il fait le trait-d'union entre croyance et manipulation. Ma foi c'est une façon comme une autre de gérer un public à rats.
Aussi, il vole et c'est direct, au secours de CNEWS.
Quand on apprend que le sieur est Directeur Général de Havas Publidom, agence affiliée au groupe Havas, dont le groupe Bolloré est le premier actionnaire, avec Canal+ et CNews dans la même galaxie. Ce n'est pas un procès d'intention, mais ÇA doit se savoir pour comprendre l'escroquerie intellectuelle créole.
Aussi il est important de lire sa bouse et...la réponse que lui fait Marie-Michèle Darsières.

Non, CNews n’est pas ma tasse de thé. Pas davantage que Mediapart, Le Canard enchaîné, L’Huma ou même Libé. Leurs lignes éditoriales, partis pris, manières de traiter l’information viennent souvent heurter mes convictions. Et alors ? C’est précisément cela, la démocratie !
Nul besoin d’approuver un journal pour défendre son droit à exister. Ni de partager les idées d’un éditorialiste pour considérer qu’il peut les exprimer. Et nul besoin non plus d’aimer CNews pour s’indigner de cette pétition qui réclame sa fermeture.
Ce qui se joue ici dépasse largement le sort d’une chaîne de télévision. C’est notre conception même de la liberté qui est en cause.
Il existe une phrase célèbre attribuée à Voltaire, qui résume admirablement l’esprit des Lumières : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire. »
Tout est dans cette phrase. Oui, la démocratie consiste à rendre possible la confrontation pacifique de ceux qui pensent différemment.
Or, aujourd’hui, nous observons, effarés, une tentation décomplexée de faire taire ceux dont les opinions dérangent. Non plus combattre une idée par une autre idée, opposer un argument à un autre argument, démonter une contrevérité par des faits, mais supprimer purement et simplement la voix qui nous déplaît.
Étrange conception du débat démocratique ! Vouloir fermer le bec à un média parce qu’on désapprouve sa ligne éditoriale, n'est-ce pas commettre un crime de lèse-démocratie ? Que l’on puisse critiquer CNews, bien sûr ! Que l’on conteste ses analyses, que l’on s’insurge contre ses éditorialistes : ok ! Mais que l’on réclame sa disparition parce qu’elle véhicule une vision du monde que l’on réprouve, voilà une frontière qu’une démocratie ne devrait jamais franchir.
Car enfin, qui décidera demain des opinions acceptables et celles qui ne le sont pas ? Qui établira la liste des médias autorisés à parler ? Qui distribuera les certificats de respectabilité idéologique ? Et surtout, que répondront les partisans de la censure lorsque, demain, une autre majorité politique décidera d’appliquer à leurs propres médias les méthodes qu’ils préconisent aujourd’hui ?
Bien entendu, la liberté d’expression n’est pas un permis de mentir, de diffamer, de provoquer à la haine ou de s’affranchir des règles communes. Tous les médias, sans exception, doivent respecter la loi. Et lorsqu’ils enfreignent les règles, ils doivent être sanctionnés. Sans complaisance, sans privilège, mais aussi sans acharnement politique.
La distinction est fondamentale : On peut sanctionner des manquements établis au droit sans forcément censurer une opinion. La première démarche protège la démocratie ; la seconde menace de l’étouffer. Il s’agit bien de défendre CNews, comme tous les autres médias, contre l’arbitraire idéologique. Et non contre la loi.
Je suis particulièrement frappé par ce paradoxe : ceux qui se réclament de la tolérance, du pluralisme, de l’ouverture et de la liberté sont parfois les premiers à réclamer l'exclusion des voix qu'ils jugent infréquentables. Comme si la démocratie devait être réservée aux démocrates autoproclamés. Comme si le pluralisme n'était acceptable qu'à condition de demeurer dans les frontières d'une pensée “autorisée”.
Dès lors, une démocratie qui ne tolère que les opinions convenables développe une pensée sous surveillance, une liberté conditionnelle. Une porte ouverte vers l’antichambre du totalitarisme : là où on ne cherche plus à convaincre ceux qui pensent autrement, mais à les réduire au silence.
La démocratie a besoin de contradictions, de désaccords, de confrontations, parfois rugueuses, parfois excessives. Elle a besoin de citoyens capables de faire la part des choses, de changer de chaîne, de changer de journal, de croiser les sources et de penser par eux-mêmes. Le remède à une parole que l’on juge mauvaise est bien de lui opposer une parole meilleure. Pas nécessairement de la supprimer.
Voilà pourquoi nous devons combattre résolument cette pétition réclamant la fermeture de CNews. Non parce que nous partagerions ses convictions. Non parce que nous cautionnerions ses éventuels dérapages. Mais parce que la liberté vaut qu’on la défende, quoiqu’il nous en coûte.
Je souhaite longue vie à CNews, à Mediapart, au Canard enchaîné, à Libération, à L’Humanité et à tous les médias qui nourrissent, chacun à leur manière, notre débat public. Qu’ils enquêtent, qu’ils dénoncent, qu’ils provoquent, qu’ils dérangent. Qu’ils se trompent et rendent des comptes lorsque la loi l’exige. Mais qu’ils vivent !
Emmanuel de Reynal

Je réponds à Emmanuel de Reynal dans sa tribune de « Laissemoitedire.com» dans laquelle il défend CNews, avec son titre « Je ne regarde pas souvent CNews. Mais je me battrai pour qu’elle puisse exister. »
Voici ma réponse
« Au nom de la liberté, on ne peut pas accepter n'importe quoi. »
Je ne défends pas la censure d'une opinion. Je défends l'application de la loi à une chaîne qui s'en affranchit, et les faits sont documentés.
Le cadre juridique est clair :
Le 13 février 2024, saisi par Reporters sans frontières, le Conseil d'État a annulé le refus d'agir de l'Arcom et lui a imposé de contrôler le pluralisme sur l'ensemble des programmes de CNews, et non plus seulement les temps de parole des politiques.
Le manquement est constaté :
L'Arcom a conclu à un « déséquilibre manifeste et durable » et mis la chaîne en demeure, après une première mise en garde en juillet 2024. Sa décision du 12 juin 2026 s'appuie sur l'observation détaillée de la programmation de mars 2025.
Des sanctions n'ont pas suffi :
L'Arcom a infligé 200 000 euros à CNews pour deux séquences de 2025, en raison de la nature et de l'ampleur des manquements et des sanctions antérieures pour des motifs similaires. Ce n'est pas un faux pas : c'est de la récidive.
Des juristes qui alertent. Le 31 août 2026, 71 professeurs et maîtres de conférences en droit ont saisi le Conseil d'État. Ils estiment que CNews et Europe 1 militent pour un courant d'opinion clairement identifié et soulignent l'inefficacité manifeste des sanctions financières.
La mobilisation est citoyenne :
Lancée le 10 juin 2026 sur le site de l'Assemblée nationale, la pétition « Supprimer CNews de l'audiovisuel français » a dépassé les 500 000 signatures le 2 novembre, puis les 600 000.
Alors non, ce n'est pas « fermer le bec » à un média qui déplaît. Une fréquence de la TNT n'est pas un droit naturel : c'est une ressource publique, attribuée sous conditions. Quand ces conditions sont violées de façon répétée, la question du non-renouvellement de l'autorisation n'est pas un « crime de lèse-démocratie » : c'est une procédure prévue par la loi, sous le contrôle du juge. Comme l'a rappelé le président de l'Arcom, exiger le pluralisme, ce n'est pas censurer.
Personne n'empêche les animateurs de CNews de s'exprimer : Internet, presse, livres, partout. La question est de savoir qui occupe un canal que la collectivité confie, et à quelles conditions.
La Belgique montre qu'on peut poser des limites sans cesser d'être une démocratie. Depuis 1993, les médias francophones belges appliquent un « cordon sanitaire médiatique » : ils refusent à l'extrême droite le temps d'antenne en direct, au nom de la salubrité du débat public. Ce n'est pas une interdiction d'État, mais le choix assumé de ne pas offrir de tribune à tout le monde. Je note d'ailleurs que cette salubrité-là n'a jamais empêché la démocratie belge de fonctionner.
Par contre si vous citez une formule, attribuez la, juste à son auteur :
« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez le dire », elle est attribuée à tort à Voltaire : elle vient d'Evelyn Beatrice Hall, qui résumait ainsi sa pensée dans une biographie de 1906 (sous le pseudonyme de S. G. Tallentyre) dans son livre « Les Amis de Voltaire ».
Vous avez donc lu partiellement de qui venait cette phrase… qui d’ailleurs ne dit pas qu'il faille offrir un canal public à ceux qui violent les règles.
Voltaire, que vous brandissez en modèle, il faut le relire en entier. Dans son Traité de métaphysique (1734), il affirme que les Blancs et les Noirs ne descendent pas du même homme, comme les poiriers et les sapins ne viennent pas du même arbre. Dans l'Essai sur les mœurs, il affirme que seul un aveugle peut douter que ce soient des « races entièrement différentes ». Il a aussi détenu des actions de la Compagnie des Indes, qui détenait notamment le monopole de la traite négrière entre le Sénégal et l'Amérique.
Et la science a depuis tranché : l'humanité entière descend de populations africaines. Homo sapiens est né en Afrique il y a environ 300 000 ans, et les ancêtres des Européens et des Asiatiques ne sont qu'une branche partie de ce continent. Il y a plus de diversité génétique à l'intérieur de l'Afrique qu'entre l'Afrique et le reste du monde.
Les « races entièrement différentes » de Voltaire n'ont jamais existé : nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, les descendants de ceux qu'il jugeait inférieurs.
Si je peux me permettre ce conseil : on ne choisit pas pour arbitre de la liberté de tous un homme qui, lui, classait l'humanité en races inégales.
Marie-Michèle Darsières