
« IL FAUT AUGMENTER LE SMIC » : AU MEDEF, LA PHRASE QUI A DÉCLENCHÉ… LE FOU RIRE
Paris — 27 août 2026.
Il y a des phrases qui font réfléchir.
Et puis il y a des phrases qui font rire.
Jeudi soir, à Roland-Garros, Jean-Luc Mélenchon a découvert une chose essentielle sur le patronat français : dire « il faut augmenter le SMIC » devant le MEDEF peut être considéré comme une excellente blague.
Le candidat insoumis ne s’est pourtant pas trompé de salle. Il participait bien à la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le MEDEF, devant plusieurs candidats à la présidentielle de 2027.
Et il a décidé de parler d’un sujet légèrement décalé par rapport aux préoccupations habituelles du CAC 40 : le salaire des gens qui travaillent. Vos salaires de France et surtout de Navarre
« Il faut augmenter les salaires ! Il faut augmenter le SMIC ! »
Silence.
Enfin… presque.
Parce que dans la salle, ça rigole. Ça rigole à gorge déployéz comme le font les porcs ventrus.
Mélenchon poursuit alors, en substance : si les salaires n’augmentent pas, la France risque la récession.
Autrement dit : si les gens n’ont pas suffisamment d’argent pour acheter, il devient compliqué de faire tourner une économie fondée sur la consommation.
Mais apparemment, cette équation économique mérite encore quelques cours particuliers.
LE SMIC : CE MOT QUI FAIT RIRE
La scène est assez savoureuse.
D’un côté, un candidat explique que les salariés doivent gagner davantage.
De l’autre, une salle remplie de représentants du monde économique qui rigole en mode vive de Gaulle.
On imagine presque la réunion de rédaction :
— « Il faut augmenter le SMIC. »
— « HAHAHAHAHA ! »
— « Et les salaires aussi. »
— « HOU HOU HOU ! »
— « Sinon il y aura une récession. »
— « Ahahahahahaha ! »
On ne sait plus très bien si on assiste à un débat présidentiel ou à l’enregistrement d’une sitcom patronale.
LE PROBLÈME, C’EST PEUT-ÊTRE LE MOT « PARTAGE »
Le fond de l’affaire est pourtant beaucoup moins drôle.
Parce que derrière le SMIC, il y a une question assez basique :
qui doit bénéficier de la richesse produite ?
Mélenchon estime que les salaires doivent progresser et que le partage des richesses est indispensable pour soutenir la consommation populaire. Il rappelle notamment que celle-ci représente une part majeure de l’activité économique française.
Le MEDEF, lui, raisonne évidemment en termes de coût du travail, de compétitivité, de charges et de marges.
Deux visions.
Deux mondes.
Et, pendant quelques secondes, un rire qui vient résumer toute la fracture sociale française.
IMAGINEZ LA SCÈNE EN MARTINIQUE
Maintenant, transposons.
Un salarié martiniquais qui a eu la mauvaise idée de croire notamment en la facticité du RPPRAC explique qu’il faudrait augmenter son salaire parce que tout coûte plus cher dans l’île chère à Émia Eriasec.
Quelqu’un lui répond :
— « Désolé, mais ce n’est pas possible. »
Puis il va au supermarché ou traîne ses pas à Génipa.
Il regarde le prix des produits. Le prix du poisson où il n’est pas évident de trouver un kilo à moins de… 20 euros.

Il regarde son bulletin de salaire.
Il regarde son compte bancaire.
Et soudain, il comprend pourquoi le MEDEF riait.
Parce que quand le salaire est trop bas, c’est le consommateur qui finit par avoir envie de pleurer.
LE PLUS IRONIQUE ?
Mélenchon avait prévenu la salle :
« Vous ne rigolerez pas longtemps. »
C’est peut-être finalement la phrase la plus intéressante de cette séquence.
Parce qu’une économie peut effectivement difficilement fonctionner durablement avec des salariés qui produisent, travaillent, consomment… mais dont le pouvoir d’achat reste comprimé.
Et surtout, il existe un petit détail que certains semblent parfois oublier :
un salarié pauvre est aussi un client pauvre.
Il achète moins.
Il achète de la viande de merde.
Il achète du poisson de merde.
Il achète de la merde.
Une merde qu’il partage avec les siens.
Avec les chiens…les chiens créoles.
Il reporte ses achats. Il achète de l’achard.
Il renonce.
Il fait attention.
Il choisit.
Il attend.
Et à la fin, même les entreprises qui trouvaient l’augmentation du SMIC hilarante peuvent découvrir que la baisse de la consommation, elle, n’est pas particulièrement drôle.
LE RIRE DU MEDEF
Alors oui, la séquence est drôle.
Mais elle raconte surtout quelque chose.
Quand un responsable politique dit devant le patronat :
« Augmentez les salaires »
et que ça déclenche un éclat de rire…
il ne reste plus qu’à poser une question toute simple :
« Messieurs les patrons, qu’est-ce qui vous fait rire exactement ? Le SMIC ? Les salariés ? Ou l’idée qu’ils puissent avoir davantage d’argent à la fin du mois ? »
Parce qu’au fond, le véritable gag de cette soirée à Roland-Garros n’est peut-être pas la proposition de Mélenchon.
C’est qu’en 2026, demander que ceux qui travaillent puissent mieux vivre de leur travail soit encore suffisamment incongru pour déclencher l’hilarité.
Et ça…
c’est peut-être ça, le vrai match.
Avec, pour une fois, le SMIC en tribune et les patrons sur le court.
Balle neuve. Trou de balle ? Bonne question.











