
Monsieur le Préfet,
Votre communiqué du 1er septembre 2026 apporte des précisions importantes concernant les signalements de troubles digestifs consécutifs à la consommation de plats dans différents établissements de l’enseigne Snack Élizé. 🍔🤢🤮
Nous apprenons ainsi que 12 particuliers ont signalé des troubles digestifs, que l’ARS a conduit des investigations épidémiologiques, que la DAAF a inspecté six points de vente entre le 20 et le 25 août 2026, et que les investigations n’ont pas permis d’identifier de source commune de contamination alimentaire susceptible d’expliquer les troubles rapportés.
Nous prenons acte de ces étonnantes conclusions.
Mais un témoignage porté à notre connaissance mérite aujourd’hui d’être versé au débat.


Un signalement adressé directement à l’ARS.
Une cliente régulière de l’enseigne a adressé à l’ARS Martinique un signalement détaillé faisant état de plusieurs épisodes de troubles digestifs après des repas consommés dans des restaurants Snack Élizé.
Son premier témoignage concerne le 7 juin 2026, au Snack Élizé de Cluny.
Elle indique avoir consommé un menu composé notamment d’une brochette de poulet et de riz-lentilles. Environ une heure après le repas, elle rapporte d’importants ballonnements, de vives douleurs abdominales et un ventre fortement gonflé.
Un deuxième épisode est relaté le 13 juillet, toujours à Cluny.
Cette fois, après un menu Super Madras accompagné d’un jus de goyave, elle décrit, environ deux heures après le repas, un malaise général accompagné de douleurs abdominales qui se seraient progressivement intensifiées, avec d’importants troubles intestinaux.
Mais c’est le troisième épisode qui interpelle particulièrement.
8 août : changement d’établissement, mêmes interrogations
Le 8 août 2026, la cliente se rend cette fois dans un autre établissement de l’enseigne, à Pont de Chaînes.
Elle commande notamment du poulet grillé, du riz et des haricots rouges.
Dans son témoignage, elle affirme avoir constaté à nouveau une mauvaise cuisson du riz et indique ne pas avoir consommé la totalité de celui-ci.
Quelques heures plus tard, vers 4 heures du matin, elle rapporte une crise abdominale particulièrement intense : douleurs importantes, sensation de brûlure diffuse, ballonnements sévères et douleurs irradiant jusqu’à la région lombaire.
Elle indique que la crise aiguë aurait duré environ quarante minutes avant de s’atténuer sous l’effet de l’épuisement.
Et surtout, elle précise disposer de photographies et de vidéos des repas consommés les 7 juin et 8 août.
L’ARS a bien enregistré le signalement
Ce témoignage n’est donc pas simplement une publication sur les réseaux sociaux.
Une réponse adressée par l’ARS à la personne confirme explicitement :
« Nous avons bien pris en compte votre signalement »
et précise que, compte tenu des signalements reçus par ses services, celui-ci a été « transféré au service compétent afin qu’il puisse procéder aux suites appropriées ».

Cette réponse est importante.
Elle montre que les autorités sanitaires avaient connaissance de signalements individuels documentés avant même la communication préfectorale du 1er septembre.
Alors, Monsieur le Préfet, revenons aux deux laboratoires.
Votre communiqué indique que la DAAF a examiné « l’ensemble des résultats des contrôles alimentaires menés par deux laboratoires sollicités par l’enseigne Snack Élizé dans le cadre de son plan de contrôle interne ».
Vous précisez que ces contrôles, comme les inspections de la DAAF, n’ont pas mis en évidence de non-conformités susceptibles d’expliquer les troubles digestifs signalés.
Très bien.
Mais qui sont ces deux laboratoires ?
C’est une question simple.
Et elle est d’autant plus légitime aujourd’hui que nous savons qu’au moins un signalement transmis aux autorités faisait état de plusieurs épisodes espacés dans le temps, dans deux établissements différents, avec des observations précises concernant les aliments consommés et des éléments photographiques et vidéo annoncés comme disponibles.
Nous vous demandons donc dans le cadre de la transparence républicaine et de la démocratie participative chère à Antoine Crozat, à Émia Eriasec et à Serge Letchimy de préciser :
- Quels sont les deux laboratoires sollicités par Snack Élizé ?
- Où sont-ils situés ?
- Sont-ils accrédités COFRAC pour les analyses réalisées ?
- Quels produits ont été analysés ?
- Combien d’échantillons ont été prélevés ?
- Quels paramètres microbiologiques, chimiques ou autres ont été recherchés ?
- Les prélèvements analysés correspondaient-ils aux produits effectivement consommés par les personnes ayant signalé les troubles ?
- Des prélèvements ont-ils été effectués directement par la DAAF dans les six établissements inspectés ?
- Si oui, quels laboratoires ont analysé ces prélèvements et quels ont été leurs résultats ?
- Enfin, les photographies et vidéos éventuellement transmises aux autorités dans le cadre des signalements ont-elles été examinées par les services compétents ?
Une nuance essentielle
Il faut ici être extrêmement précis. Ne versons pas dans le flou de la facticité créole. Nous ne sommes pas à Koh-Lanta. Nous n’avons pas de foulard jaune. Alors ne nous prenez pour des nègres…bleus.
Dire que « rien n’a été trouvé » n’est pas nécessairement la même chose que dire que « rien ne s’est passé ».
Les investigations de l’ARS n’ont pas permis d’identifier une source commune de contamination.
Les inspections de la DAAF n’ont pas mis en évidence de non-conformité susceptible d’expliquer les troubles.
Les analyses examinées par la DAAF n’ont pas davantage permis d’identifier une cause.
C’est rassurant.
Mais cela ne permet pas nécessairement de déterminer rétrospectivement l’origine de chacun des douze épisodes signalés.
Et c’est précisément pourquoi la transparence sur les méthodes, les prélèvements et les laboratoires utilisés est importante.
Monsieur le Préfet,
Il ne s’agit ici ni de condamner Snack Élizé, ni de remettre en cause le travail des agents de la DAAF ou de l’ARS.
Il s’agit de faire en sorte qu’une affaire concernant douze signalements de troubles digestifs soit traitée avec le maximum de transparence.
Une entreprise a évidemment le droit de communiquer les résultats de son plan de contrôle interne.
Les autorités sanitaires ont, elles, le devoir de contrôler.
Et les consommateurs ont le droit de comprendre.
Douze signalements.
Six établissements inspectés.
Deux laboratoires sollicités par l’enseigne.
Et plusieurs témoignages documentés transmis aux autorités sanitaires.
Alors, Monsieur le Préfet, une question demeure :
Quels sont ces deux laboratoires et que disent exactement leurs analyses ?
La réponse à cette question permettrait sans doute de rassurer définitivement les consommateurs.
La transparence, en matière de sécurité alimentaire, n’est jamais une mauvaise indigestion.
gilles dégras












