
Monsieur le Président,
Vous venez de publier une charte de déontologie à destination des agents de la CTM. Sur le principe, personne ne peut être contre les valeurs d’intégrité, de loyauté, de respect et de service public. Ce sont des valeurs que les agents appliquent déjà, bien souvent dans des conditions extrêmement difficiles.
Mais une question se pose : à qui s’adresse réellement cette charte ?
Les agents de la CTM ne sont pas responsables de la mauvaise gestion politique de notre collectivité. Ils ne sont pas responsables des difficultés financières, des retards de paiement, des choix budgétaires contestés ou des décisions prises depuis plus de trente ans par les différentes majorités qui se sont succédé aux responsabilités.
Ce ne sont pas les agents qui décident des recrutements politiques, des orientations stratégiques ou des dépenses de la collectivité. Pourtant, ce sont eux qui, chaque jour, doivent travailler sans ascenseurs fonctionnels, sans climatisation dans certains bâtiments, parfois avec un manque de matériel, tout en faisant face à la colère légitime des usagers.
Et malgré cela, ils continuent d’assurer le service public.
Dans une démocratie, un fonctionnaire ne perd pas sa liberté d’expression parce qu’il est agent public. Il est soumis à un devoir de réserve dans l’exercice de ses fonctions, mais il reste un citoyen. Lorsqu’il s’exprime avec respect, sans insulte, sans diffamation et sans perturber le fonctionnement du service, il a le droit de porter un regard critique sur les décisions politiques qui impactent son travail.
Ce n’est pas une faute. C’est l’exercice normal de la démocratie.
La véritable exemplarité commence au sommet. Avant de rappeler aux agents leurs obligations, les responsables politiques devraient eux aussi rendre des comptes sur leur gestion, leurs choix et leurs résultats.
Le respect ne s’impose pas uniquement aux agents. Il s’impose également à ceux qui les dirigent.
Les agents de la CTM méritent mieux que des leçons de morale. Ils méritent des conditions de travail dignes, des outils adaptés, une administration efficace et surtout une gouvernance qui les respecte autant qu’elle exige leur engagement.
La déontologie ne doit pas être un texte affiché sur un mur. Elle doit d’abord être incarnée par ceux qui exercent le pouvoir. C’est par l’exemple que l’on construit la confiance, jamais par les seules déclarations.
Un cadre qui,
n’est pas dans votre plan cadre
