
Pendant des mois, certains criaient au complot. D’autres parlaient de ragots, de jalousie ou de réseaux sociaux devenus tribunal populaire.
Et puis…
Le temps judiciaire a fini par rattraper le temps des rumeurs.
Willy Alger gérant de plusieurs établissements de nuit de Fort-de-France en Martinique a été mis en examen dans une enquête portant notamment sur des soupçons de viols sur mineures et d’usage de GHB.
Cet homme aux apparences sympathiques a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes présumées et de fréquenter plusieurs de ses établissements.
Une caution lui a également été imposée pour rester libre. À ce stade, il demeure présumé innocent.
Cette affaire pose pourtant une question qui dépasse largement le sort d’un seul homme.
Comment une île aussi petite que la Martinique peut-elle voir circuler pendant des années des rumeurs autour du GHB sans qu’aucun véritable débat public ne s’installe ?
Combien de jeunes femmes ont préféré se taire ? Sans compter celles qui sont peut-être six pieds sous terre…
Combien de parents ont continué à déposer leurs enfants devant ces établissements en pensant qu’ils étaient en sécurité ?
Les perquisitions menées simultanément au domicile du mis en examen et dans plusieurs établissements montrent que les enquêteurs semblent avoir décidé d’aller jusqu’au bout de leurs investigations. Effet Lyhanna ?
Pendant ce temps, les boîtes restent ouvertes. La musique continue. Les soirées aussi.
La justice, elle, suit son rythme.
Reste désormais à savoir si cette procédure ne constitue que la partie émergée d’un iceberg ou si elle permettra enfin de faire toute la lumière sur un phénomène dont tout le monde parlait… mais que presque personne ne voulait regarder en face dans notre univers pas toujours rose factice.




![L'image du jour [02/08/16] #TDY2016 -Martinique](https://i0.wp.com/www.bondamanjak.com/wp-content/uploads/2016/08/Screenshot_2016-08-02-13-15-47-2.png?fit=245%2C55&ssl=1)







