
Pôle universitaire de santé de Martinique : un chantier à l’arrêt, une mise en service qui s’éloigne. Une infection architecturale qui se confirme.
Le chantier du Pôle universitaire de santé de Martinique, pourtant attendu comme un équipement structurant pour notre territoire, connaît aujourd’hui une situation particulièrement préoccupante. Alors que ce bâtiment devait répondre à des besoins essentiels en matière de formation, de santé, de recherche et d’attractivité universitaire, son achèvement semble désormais repoussé à une échéance incertaine.
Au-delà des difficultés habituelles que peuvent rencontrer les grands chantiers publics, la situation actuelle paraît résulter d’un enchaînement de blocages graves : désorganisation de la maîtrise d’œuvre, absence prolongée de l’architecte sur le suivi opérationnel du chantier, entreprises fragilisées par des retards ou des défauts de paiement, et conflit persistant autour des responsabilités de chacun.
Dans un chantier de cette importance, le rôle de l’architecte et de l’équipe de maîtrise d’œuvre est central.
Ils assurent la cohérence du projet, le suivi technique, la validation des documents d’exécution, l’organisation des arbitrages et l’accompagnement jusqu’à la réception des travaux. Lorsque cette mission n’est plus pleinement assurée, c’est tout le chantier qui se trouve désorganisé. Les entreprises ne disposent plus toujours des validations nécessaires, les décisions prennent du retard, les travaux se figent, et les surcoûts s’accumulent.
Cette situation est d’autant plus grave que plusieurs entreprises intervenues sur le chantier se retrouvent, elles aussi, en difficulté.
Certaines auraient réalisé des prestations sans être payées dans des délais acceptables.
Or, dans le secteur du bâtiment, les entreprises locales ne peuvent pas supporter indéfiniment des impayés, des blocages administratifs ou des retards de décision. Ce sont des emplois, des trésoreries et parfois la survie même de sociétés martiniquaises qui sont en jeu.
Le risque est désormais clair : la mise en service du Pôle Universitaire de Santé pourrait prendre encore plusieurs années si le conflit avec l’architecte et les difficultés de pilotage ne sont pas rapidement réglés.
Un chantier arrêté ne redémarre jamais simplement. Il faut réactualiser les études, vérifier l’état des ouvrages déjà réalisés, reprendre les marchés, traiter les réserves, sécuriser les responsabilités, relancer les entreprises, parfois refaire des consultations, et assumer des coûts supplémentaires.
Cette situation pose une question de fond : comment un équipement aussi important pour la Martinique a-t-il pu se retrouver dans une telle impasse ? C’est une importante question à poser aux rigolos de la Collectivité Territoriale de Martinique. On ne va pas donner de noms mais bon. Zot ja sav.
Qui pilote réellement le dossier aujourd’hui ? Quelles décisions ont été prises pour protéger l’intérêt général, les entreprises locales et les futurs usagers du bâtiment ? Et surtout, quel calendrier réaliste peut désormais être annoncé à la population et aux étudiants ?
Le Pôle universitaire de santé ne peut pas devenir un énième chantier fantôme de plus. Il représente un enjeu majeur pour la jeunesse martiniquaise, pour la formation des professionnels de santé, pour le développement universitaire et pour l’avenir du territoire.
Chaque mois perdu aggrave le coût final, fragilise les entreprises et retarde la réponse à des besoins pourtant connus.
Il est donc urgent que les responsables publics concernés (👽) apportent une information claire, transparente et complète sur l’état réel du chantier, les responsabilités identifiées, les sommes dues aux entreprises, les procédures en cours et les délais prévisibles de livraison.
La Martinique a besoin de cet équipement. Mais elle a aussi besoin de vérité, de responsabilité et de décisions courageuses pour sortir ce chantier de l’impasse.
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